Annexes: localisation des Domec(q) en Béarn en 1385 (3)

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Domec, un nom bien connu mais… depuis quand ?

 

Cela ne fait aucun doute pour les spécialistes, un domec est un fief, un bien noble, si possible terres et maison, quelquefois peu de choses, un colombier, une ruine… L’heureux ( ?) possesseur d’un domec est le domenger, c’est pour cette raison que les béarnais nomment ce fief, domenjadure. Son origine latine ne fait, non plus l’ombre d’un doute. Ce toponyme et domonyme à la fois a donné naissance au patronyme Domec, nom de famille essentiellement roturier, même si certains nobles l’ont adopté.

Au passage, remarquons, bien avant les débats actuels, la simplicité de l’orthographe : Domec s’écrit Domec, tout simplement ! L’évolution orthographique mentionnée par Régis de St Jouan (adjonction de la lettre –q en fin de mot se terminant par –ac, -ec, -ic, -oc, -uc) a débuté au XVIème siècle. Sans justification autre que l’élégance supposée de l’écriture !

A quelle époque reculée ce terme s’est il répandu sous ses deux formes, toponymique et patronymique ? Il semble que l’on ne le sache pas. Le fondement historique de ce relevé, prétentieusement appelé « géographie originelle », sera donc la fin du XIVème siècle, grâce à l’administration de Gaston Fébus et  au travail de collecte et de transcription de Paul Raymond (fin XIXème). Le tout disponible gratuitement aux AD 64.

Gaston, Raymond, « Gran mercés, pague de Biarnes ! »

 

Les Domec « descendent du Gave » :

 

Comme l’indique le tableau, le nom de Domec a été relevé (cf sources) selon les trois critères de lieux, de fief et de patronyme. S’agissant de recherches généalogiques, l’implantation la plus intéressante est, bien sûr, celle des patronymes, des individus de chair et d’os, surtout d’os en l’occurrence.

Nous avons comptabilisé 79 individus Domec (précédés comme il se devait des prépositions « de » ou « deu ») sur quelques 1250 « oustaus » recensés, soit environ 6%, une misère ! Les Laborde, Cazenave, Lasserre et consorts doivent bien rire ! Ces Domec de pure ( ?) souche vivaient en plein cœur du Béarn, quelle surprise ! Et ne s’étaient pas aventurés au Nord-Est, aux confins du Gers et de la Bigorre, soit dans les cantons actuels de Thèze, Garlin, Lembeye et Montaner. Ces régions, très anciennement peuplées de Vocates, Tarusates et Bigerrones ne leur disaient rien qui vaille. Dans leur inconscient, persistait certainement le souvenir des temps heureux des Benarni, Monesi, Preciani et des Osquidates des vallées pyrénéennes, leurs ancêtres vénérés, au point de continuer à habiter sur leurs terres. Traduit en cantons, unité républicaine des querelles de clocher, cela donne (Canton et nombre d’individus recensés) :

- Un axe principal, le long du gave de Pau, d’amont vers l’aval : Pontacq (1), Nay (7), Pau (8), Morlàas (5), Lescar (3), Lagor (4), Arthez (2), Arzacq un peu à l’écart (3) et Orthez (3). Soit 36 individus (45.6%)

- Les trois vallées béarnaises, 18 individus (23%) dont :

La vallée d’Ossau : Laruns (4) et Arudy (4). La vallée d’Aspe : Accous (6). Le Barétous : Aramits (4).

- L’axe du gave d’Oloron, à la suite des trois vallées : Oloron (6), Monein (2), Navarrenx (12), Sauveterre (3) et Salies (1). Soit 24 individus (30%).

Le scientifique qui somnole en vous pourra tracer les droites parfaites, entourées d’un nuage de points du plus bel effet pour visualiser cette implantation des Domec, bien représentative du peuplement béarnais et encore plus concentrée si l’on raisonne en paroisses et non en chef lieu de canton (Uzan est plus près d’Arthez que d’Arzacq, Lucq de Béarn est près de Navarrenx…). Viendra la remise des prix. Le « Domec d’or » revient incontestablement à la région de Navarrenx, tant du point de vue des fiefs que des individus. Quelle chance d’y avoir des ancêtres, les archives notariales sont fantastiques ! Le prix du Second Rôle  pourra être attribué à nos voisins Souletins (cantons de Tardets et Mauléon) pour la présence de Domec-fiefs et quels fiefs ! Cherraute, Lacarry, Ossas, parmi les dix potestats de Soule. Du beau linge basque ! Il faut en dire les raisons, à voix basse bien sûr : la Soule fut sous administration béarnaise et le béarnais sa langue administrative. Pas la peine de le crier du haut des murailles du château de Mauléon. Enfin, le  prix du meilleur Scénario revient indiscutablement à Salies qui, avec un seul représentant, non prénommé d’ailleurs, a fourni une cohorte de Domecq dont nous sommes issus. A côté de cette prouesse, la « multiplication des pains » est un aimable divertissement pour matinées récréatives en Maison de Retraite !

 

Et bien, voilà, maintenant vous savez ! De même que les argentins disent « descendre du bateau », vous, les Domec béarnais, qui depuis lors, ornez votre nom d’un Q honorifique, vous pourrez dire avec fierté à vos enfants : nous « descendons du Gave ».

« Papy, ça me gave ! ».

« Bon ! N’en parlons plus, passons à table ! ».

Sources :

Dénombrement général des maisons de la Vicomté de Béarn en 1385. Retranscrit par P. Raymond.

Dictionnaire topographique Béarn Pays Basque. P. Raymond. (article : Domec, fief , année d’ancienneté attestée)

Liste des fiefs de Béarn in Inventaire Sommaire série C, introduction. Lettre D : Domec, fiefs, année d’ancienneté attestée. P. Raymond.

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