Grains de sel...

Les  DOMECQ  de SALIES  de  BĒARN

du Seizième au Dix Neuvième siècle.

 

 A mon grand père, Jean Baptiste Domecq,

 

 

 pur Salisien mais Biarrot d’adoption.

 

 

 Il a simplement changé de salaison.

 

 

Bienvenue chez les DOMECQ de SALIES de BEARN !

 

Toro ou Sanglier ?

 

Je vous vois venir ! Les Domecq, les toros, les belles sévillanes, et toute la cuadrilla ! A Salies, pas de Plaza de Toros mais un lieu historique, incontournable, la place du Bayaà, où se déroula, vers le VIIIème siècle dit la légende une fameuse corrida, une chasse au sanglier. Selon un rapport du citoyen Larrouy-Soulenx, maire de Salies après la Révolution, adressé au Préfet des Basses-Pyrénées, la mémoire des salisiens serait la preuve de sa véracité : « Suivant une ancienne tradition confirmée par un monument..,un sanglier donna lieu à la découverte de la Fontaine Salée.. Ce sanglier, poursuivi, se réfugia dans un marais bourbeux, où il fut blessé par les chasseurs.. et alla mourir au loin. On le suivi et on le trouva couvert de cristaux de sel.. C’est à cette découverte que Salies doit son origine…Outre que le fonds de cette anecdote est généralement connu, je l’ai recueilli d’un de nos concitoyens.. »

Gloire au sanglier qui a inventé à la fois le jambon salé, la ventrèche demi-sel et le thermalisme ! Même si cette cure lui a été fatale.

Vous le voyez, nous sommes loin de l’Andalousie, de ses terres ocre, de son soleil accablant. Peut être pas. Avant le descabello final, la bête sauvage aurait dit ces paroles d’un magnifique et marécageux bon sens : « Si you nou eri mourt, arres n’y bibéré ». Les toros des corridas devraient reprendre cette devise ! «  Est-ce que ce monde est sérieux ? » (Francis Cabrêêêl)

 

Les titres de Noblesse nous ont filé sous le nez !

 Mais je sens que vous insistez. Les Domecq «  Grands d’Espagne » ? Là, désolé, vous vous égarez. Votre cœur de midinette ou d’artichaut, c’est selon, s’emballe. Les Domecq de Salies ne sont pas nobles. Les analyses ont été faites, la Science n’est pas de notre côté, l’ADN est roturière. Libre à vous de demander une contre-expertise, mais gardez plutôt l’argent pour sponsoriser ce recueil. Pourtant les Domecq de Salies ne sont pas sans rien. Ils ont un Q et ils y tiennent. Bons princes, ils compatissent au sort peu enviable des Domec qui n’ont jamais acquis ce fondement de notoriété et de respectabilité.

Remarquez, on n’est pas loin de la noblesse : domec(q) désigne en gascon un domaine noble. Dommage ! C’est le fief qui est noble et pas le bonhomme ! Tout cela mérite quelques explications.

La noblesse, en Béarn, et ce, jusqu’à la Révolution, était réelle c'est-à-dire acquise aux possesseurs de biens nobles, attribués par le Prince (en l’occurrence le Vicomte de Béarn) en échange d’obligations militaires ou de services rendus. En bref, est noble le possesseur d’un bien noble et non pas nécessairement l’héritier d’une famille noble (noblesse de sang). La domenjadure ou domec désigne ce bien noble, lequel donne un droit d’entrée aux Ētats de Béarn (assemblée délibérative). Le «  Dénombrement général des maisons de la Vicomté de Béarn en 1385 » par ordre de Gaston Fébus, donne le nom des quelques deux cent cinquante ostaus occupés par les chefs de famille (soit environ mille deux cents habitants) ainsi que celui des dix huit domenjadures de Salies, nombre anormalement élevé pour une si petite ville : Mosquerous, Bordes, Solencx, Dius-Abou, Lembeye, Sent-Marthii, Camoo, La Sale, d’Esperbasco, Cassambossii, La Borrome. Des domec, certes, mais pas de Domecq. Il s’agirait donc de gens attachés à un domec, paysans sans doute.

La grande majorité des Domecq de Salies sont restés des ruraux à l’exception notable des Domecq-Charro(n) artisans du fer et du bois au 19° siècle. En bon salisiens, ils élevaient leur cochon, « toutounass », le gros tonton, et empilaient consciencieusement le fumier sur le pas de la porte ! Salies la cascante ! Avant de se disperser à la charnière du 20° siècle pour aller voir ailleurs si « le camot » avait meilleur goût.

Bienvenue donc dans la mémoire de ce nom béarnais et ici, salisien, qui a connu son apogée au 19° siècle, quantitativement parlant, car très peu de Domecq se sont illustrés dans la vie municipale. Ces super-Domecq auront droit, bien sûr,  à quelques lignes supplémentaires pour avoir flatté notre ego.

 

Traces d’ancêtres

 

Nos ancêtres ont existé, nous les avons rencontrés. Peut être étaient ils serfs ? Si c’est le cas, leurs gémissements déchirants, le soir, au fond des bois, ne nous sont pas parvenus. Couvertes sans doute par les exaltations poétiques de nos félibriges : « Terre dou nouste Biarn, aus bouscadyes oumprius, Hauts penents bitadyuts, planes toustem dounibes, Tuqs pingalhads de camps dab baches herbadyibes, Gabes tinguereyants e gayhasents arrius… » (Al Cartero). L’humidité du vert et riant Béarn a effacé la majeure partie de l’enquête sur les serfs de Béarn, dénommée « Censier de Béarn » de 1388 (dépouillée par Paul Raymond, cf site Gallica et cote E 310 aux AD 64). Ont-ils connu Pees deu Domec, serf de Larté et Castanh (hameaux de l’actuelle ville d’Orthez) ? Article 202 page 205 : « Pees deu Domec questau prenco molher Condesse de Loberes de Sente Susane franque de la quau a (II filhs) lo prumer a nom Sansot a XVIII ans es prim de lostau lo segont a nom (effacé) ans en case esta Fe devers au Senhor XII morlas de fius XIIII morlas de manes obres une garie per nadau IV concaches de forment II sols daubergade V sols de queste VI floriis dera a Moss si lo platz affranquir luy los enfans et lostau ». Un cousin ?

En tout cas, l’existence très ancienne d’une maison Domecq est attestée et, s’il n’y a pas d’erreur, elle est située au N-Est de Salies, entourée de ses voisines historiques elles aussi : Serempouy au S-S-Ouest, Sarabère au N-Ouest, Darricades au N-Est et Lahitte au S-S-Est (cf carte IGN et Etat major). Miracle ! Santo subito ! Exigeons la béatification immédiate de la maison Domecq !

Mais au franchissement, toujours inquiétant et dangereux, du siècle 17° du nom, c’est l’accident généalogique, Joan de Domecq disparaît brutalement avec sa petite famille ! Avis de recherches ! Mais que fait la police ?

Les Domecq ont pourtant survécu, on retrouvera trois frères et sœurs, Marthe, Isräel et David, orphelins (généalogiques) errant dans Salies et la Saga pourra continuer. Ouf !

 

Fin 14° siècle : l’oustau deu Domec :

 

En 1385 Gaston Fébus vicomte de Béarn ordonne une vaste enquête dans un but essentiellement fiscal consistant en un dénombrement exhaustif des foyers habités en permanence, les « foecs vius » aussi bien maisons roturières que  domaines nobles, les «  domenjadures ». Document exceptionnel faisant état de l’occupation des sols, du peuplement des paroisses et des « bailiatges », des métiers parfois, des noms (les chefs de famille ou « cap d’ostau » sont inscrits nominativement) et prénoms (écrasante domination des Pierre sous ses formes béarnaises : Pè,Pèr, Pees.. et leurs composés). Le Béarn comptaient à cette époque 402 villages, 12.500 maisons, environ 60.000 habitants, soit une densité médiocre de 3 feux au km2, inférieure à sa voisine la Bigorre.

« Aquest libe es de la serque deus foecs de Bearn feite, de mandement de Moss. Lo Comte, per nos Pe-Bernat de Giestaas, Menauton de Ssus et Pes deu Ban, deu quoau mandement et comission se sec la tenor :… »

Parmi les quelques 250 maisons habitées, est cité l’ostau deu Domec, sans dénomination de l’occupant malheureusement ! Ses voisins immédiats sont Bernat de Camiade et Serrempouy. Deu Domec se trouve donc au milieu de très anciens noms salisiens que nous retrouverons, alliés aux Domecq : Begbeder, Barranco, Poyau, Bag-Pregonne, Sent-Gili, Serrempoy, d’Arrigran.. Mais, encore une fois, désolé, pas de Domecq domenger.

 

Fin 15° siècle : Bertranoo de Domecq  (~1450 - ~1520)

 

Miracle ! En feuilletant un très ancien registre (cote IIIE 404) magnifiquement restauré au frais du contribuable, un acte, un nom, un ancêtre nous apparaît, surgit de la nuit des temps. Ce don de Dieu n’est cependant pas livré avec le service après vente. La transcription sera longue et douloureuse comme le chemin du paradis paléographique. Mais Bertranoo de Domecq de Salies se révèle à nous, enfin ! Paysan, il élève du petit bétail (cf Annexe) pour le compte du curé qui ne se remplit pas uniquement de nourritures spirituelles. Tout travail mérite salaire, bien sûr, et ce bétail fume ses champs. Bel exemple d’harmonie divine et terrestre. Que Dieu soit loué ! (avec son bétail)

 

Première moitié du XVIème siècle : Arnaud Guilhem de Domecq (~1500 - ~1555)

 

Le Censier de la communauté de Salies a été rédigé en décembre 1535 en exécution des lettres patentes du Roi de Navarre Henri d’Albret, seigneur souverain du Béarn. Des usurpations de terres et de droits féodaux s’étant produites à son détriment, une révision du domaine s’imposait. Il commence ainsi : « Acqueste es lou libi censuau deus drets apartenents au rey Senhor Souviran de Bearn en lou locq de Salies feyt et arrestant lou segond jour deu mes de decembre1535.. ». Parmi les « Maisons, Bordes et Terradours perchats de Salies », on peut lire ceci :

« Arnaud Guilhem de Domecq tient une boirie casalar arrecqs terres cultes et incultes confronte ab terre de Serempouy, ab terre de Lafitte, ab terre de Lescarboura, contient… quarante sept journades »

Le cens, emprunté au latin census, est à l’époque médiévale une redevance due par le tenancier pour sa tenure en bénéfice, au propriétaire de la terre, ici le Vicomte de Béarn. Dans l’immense majorité des cas, à cette époque, après le mouvement des bastides et les nombreux contrats d’affranchissement des serfs (questaus) , par Gaston Fébus, le paysan béarnais est un homme libre (homi franc) exploitant un ostau mais dépendant (fivater) du Vicomte auquel il devait un cens annuel, (fius) ainsi que des droits de mutation et des redevances en nature. En moyenne, l’ostau béarnais  est une exploitation d’une dizaine d’hectares permettant la subsistance d’une famille se livrant à la polyculture et bénéficiant des communaux dans le cadre de la besiau, (la communauté) pour le pacage, le bois, les cueillettes.. La journade équivaut à 38 ares environ. Cette boirie casalar, cette ferme, est d’une taille importante, presque 18 hectares.

L’existence d’Arnaud Guilhem est également attestée par deux actes notariés de la même époque. Le 9/1/1531 (cote IIIE 417), Mossen Arnaut de Beuga de Salies vend à Bertrano de Sérempouy, un voisin des Domecq, une pièce de terre qu’il avait achetée auparavant à Arnaut Guilhem deu Domecq pour la somme de 40 florins comptant (cf Annexe). Le 1/1/1533 (cote E 2106), il est rappelé la vente d’une barthe dite de domec, située au devant de la maison de Domecq par le sieur de ladite maison (malheureusement non prénommé) en faveur de Johanot de la Causade de Salies, pour la somme de 14 florins. Les fils héritiers de ceux-ci, Arnaud Guilhem de La Causade et Arnaud Guilhem de Domecq règlent la transaction  (cf Annexe). S’agit-il de Bertranoo ? Très possible. En tout cas l’existence d’une maison et d’un patronyme « deu Domec » est confirmée. Ainsi qu’une filiation : Arnaud Guilhem a eu deux fils dont il devait, sans doute être très fier : Goalhardet l’aîné et Johan le cadet, c’est ce que suggère l’acte du 8.12.1555 (cf Annexe) par lequel ce dernier reçoit de son frère la « légitime » de « onze escutz » à lui promise par feu leur père Arnaud Guilhem. Johan disparaît des registres mais Golhardet assure la continuité de la filiation et de la possession de la maison de Domecq.

 

Milieu 16° siècle : Goalhardet de Domecq (~1528 - ~1587)

 

Goalhardet , marié à Margaride de Laguarde, eut plusieurs enfants dont deux fils l’aîné Jean et le cadet Mathiu, et trois filles, tous cités dans ses deux testaments en date du 25.8.1575 (cote E 2110) et du 25.5.1787 (cote E 2112). Pourquoi deux ? Parce qu’il a eu la bonne idée bien que « estan en son lheyt malau » de survivre au premier, ainsi l’on peut suivre la composition de la famille et son évolution.  En homme prudent Goalhardet « recomande (son âme) a diu lo pay » et règle ses affaires terrestres selon la coutume. Sur les épaules de son aîné Joan, comme lui-même en son temps, reposent toutes les charges de la maison, la dot des frères et sœurs, l’entretien de la mère, en contrepartie de l’héritage de « l’ostau ». On verra plus loin que ce ne fut pas véritablement un cadeau ! En fait deux filles sur trois, Miramonde et Doucine, décèdent prématurément, ainsi que la mère. Le sort du cadet, Mathiu, est fixé : « item dixo lexe et legue a matiu son filh la some de quoate centz francqs a la charge de serbir son hereter lespacy de oeyt antz ». Malheureux cadet béarnais! Affublé de sobriquets passés dans le langage courant : « esterle » c'est-à-dire stérile (beaucoup de cadets ne se mariaient pas), ou encore « bacaraa » c'est-à-dire soumis (à la volonté de l’aîné). Mais il est très possible que notre Mathieu ait réchappé à ce triste sort (cf plus loin). Marie, sa troisième fille a été « bien mariée » avec l’héritier de la maison voisine, Bernard de La Fyte . Admirons au passage le cabotinage orthographique du notaire, et ce « y » incongru, prétendûment puisé dans l’alphabet grec qu’il n’a jamais dû fréquenter. La fitte (hitte), c’est la fitte, un point c’est tout ! Goalhardet met autant de soin dans le contrat de mariage de sa fille que dans ses testaments. C’est un homme avisé, la noce sera belle. « Goalhardet marie sa fille, grosse grasse et bien gentille… ». Vous pouvez reprendre en chœur !

 

  Fin XVIème siècle : Joan de Domecq ( ~1562 - ?)

 

Dommage ! Il aurait pu, il aurait dû, nous mener tranquillement vers le XVIIème, nous présenter sa petite famille et sa descendance, nous dérouler une belle généalogie roturière qui aurait fait baver d’envie la fausse petite noblesse. Et bien, non, tête de  cochon salisien, il nous plonge dans l’embarras le plus total.

- Joan héritier de la maison de Domecq :

Ce n’est pourtant pas le mauvais bougre. Fils de son père, il assure pour une génération encore, la continuité de la maison de Domecq et confirme sa situation géograhique « au bieller de St Vincent de Salies » c'est-à-dire hors de l’enceinte de la ville. Il nous renseigne sur le réseau des relations familiales et de voisinage : les de Serempouy, de La Fitte, Dondatz, de Lembeye..). Il nous met indirectement en garde aussi contre les fausses joies de l’héritage. Ventes de terres (« aguosse feyt bendition… dequerre soe terre vinhe et sarrailh apperade deu domecq et per somme de sixante francqs condan »), soucis des d’argent (« reconeguo et confessa deber dar et pagar a Joan Dondtz et Goaillardine de Lembeye sa molher », angoisse de ceux qui ne peuvent faire la soudure entre les récoltes (emprunt de « sedze mesures de milh a sedze sols dus ardits » pour une somme totale de « oeyt francqs ung sol quoate ardits ».  Le mois de mai n’est pas aussi joli que ne le chantait la jeunesse soixante huitarde sur les pavés de Paris, ni aussi spirituel que ne l’évoquent les processions virginales. En fait, au mois de mai, à cette époque là, on crève de faim, les champs, les jardins et les vergers ne donnent rien.

Enfin, vous l’aurez compris, la maison de Domecq n’est pas florissante, et il est probable qu’elle leur échappera à cette époque, aussi, peut être pour des raisons démographiques.

- Joan  casse pied ou  casse tête (selon le niveau où se situe notre agacement) :

Par la quittance de dot du 31.3.1593 (cf Annexe), Joan du Domecq « de son bon grat reconego haber pres et recebut ladite some de dus centz cinquoante francqs et toutes autres pelhes et joges ausdits pactes declarades » des mains de son beau père Arnaud de Pees et de son beau frère, autre Arnaud de Pees, c'est-à-dire la dot en argent et en nature promise à sa femme Guirautine de Pees. Cette dot est aussitôt colloquée (gagée) « lodit de Domecq assigne.. en et sus la mieytat de ladite maison du Domecq et terre dequerre ». La date du contrat de mariage n’est malheureusement pas mentionnée, on pourrait l’estimer aux alentours de 1590, quelque temps après le décès de son père Goalhardet. Donc c’est bien lui, son épouse est vivante car il ne s’agit pas de rendre la dot (tornadot au sens strict) à sa belle famille. Mais cela s’arrête là, pas d’autres actes, pas d’enfants retrouvés..

- Joan double vie ?

A la même époque, dans le fouilli du très vieux registre protestant, vénérable relique, formée de calepins de pasteurs reliés en dépit du bon sens, souvent tête bêche, voici un autre Joan du Domecq, et sa charmante épouse Cathaline de Bergeras de Puyoo, qui « ont la joie de vous annoncer » le baptême de trois adorables fillettes (cf Annexe) : Grâce en 1592, Susanne en 1594 et autre Susanne en 1600. Grâce nous a plu, prénom rare et plutôt aristocratique ma foi. Le pasteur n’aurait il pas fait un peu de zèle ? Grâce évoque davantage un top modèle céleste qu’une Gracy ou Grassiane plus confinée à l’entretien du temple. Pour les Susanne, rien à dire ; elles ont certainement toutes les qualités bibliques requises. Quoi de troublant dans l’histoire ? Parmi les parrains qui présentent les enfants au baptême, l’on retrouve des noms connus de l’entourage de la maison de Domecq : messire Johan deu Faur (cf Annexe bail à cheptel consenti à Mathieu de Domecq), Bernard de La Hite, enfin écrit à la béarnaise ! et Mathieu de Domecq, l’oncle, fils cadet parti se marier à « Lespitau dorion » ?

Alors faites votre choix : un Joan bigame ou remarié presto ? De toutes façons, le résultat est le même : interruption de la lignée, perte de la maison de Domecq, tout cela aggravé par d’énormes déficits dans les minutes notariales au milieu du XVIIème siècle ! Qu’est ce qu’on fait chef ? On va voir ailleurs !

 

  Première moitié du XVIIème siècle :

Mathieu de Domecq de l’Hôpital d’Orion  (~1566 - ?)

 

Un peu de marche à pied soulagera notre pauvre tête de ses questionnements incessants : « Lespitau » n’est pas loin et tout à côté se trouve Orion. (dans le canton, pardon, la sénéchaussée de Sauveterre.

L’existence des Domecq de cette paroisse à cette époque est bien réelle mais les preuves bien maigres ne permettent que de fragiles suppositions.

Le 27.9.1620 messire Joan deu Faur (le parrain de Grâce ° 1592 ?) contracte un bail à cheptel, en béarnais un contrat de gazailhe avec « Mathieu deu Domecq habitans a la maison de la diusade de lespitau dorion et marie deu pouyau sa molher ». Document de mauvaise qualité mais très précieux : s’agit il de Mathieu frère cadet de Joan de Domecq  oncle et parrain de Susanne ° 1600 ? Cela se tient. Leur vie agropastorale s’écoule laborieusement « loquoal bestiar ab lo multiplicament dequetz lodit deu domecq et soe molher prometen bien neurir pastencquar et pastoreyar ». Messire deu Faur est satisfait, nous moins, on en sait plus sur le bétail que sur eux mêmes.

Le 10.6.1647 est baptisé David du Domecq fils de Jean et de Rachel du Boucau présenté par ses parrain et marraine David du Domecq et Marie du Boucau Le parrain est il son grand père ou s’agit il de deux couples croisés, de même génération ? Le baptême figure dans le vieux registre protestant d’Orion, fragmentaire malheureusement mais aucune mention de bénédictions nuptiales. Orion n’est pas Las Vegas.

Ainsi s’achève l’une des plus petites sagas du monde hospitalier, les Domecq sortent aussi rapidement des registres de l’Hôpital qu’ils y sont rentrés.

Pendant ce temps là, les Domecq de Salies se sont réveillés, révélés à nous (cf le trio biblique Marthe, David et Israël du Domec) après une fâcheuse coupure dont ils portent l’entière responsabilité. Mais aucun lien de parenté n’a pu être établi.

 

  Première moitié du XVIIème à Salies :

Marthe, Israël et David de Domecq, enfants recueillis.

 

 Et adoptés par nous, bien évidemment, alors qu’ils erraient comme des âmes en peine dans les registres protestants et les minutes notariales. Faites comme nous à la Société Protectrice des Ancêtres, donnez leur une famille et de l’affection, ils vous le rendrons silencieusement. Ces chérubins bibliques sont nos ascendants, prénommés ainsi par la volonté de Jeanne la Huguenote. « Catholiques et Français toujours », un peu de patience ! Les Pierre, Jean et Marie reviendrons en force !

Dans cette fratrie, Marthe est l’aînée, mariée vers 1625 à Jean de La Cabe (prononcer La Cabé) que l’on retrouvera parrain d’une nièce, Susanne, « enfant de David du Domec et Marthe de Laguisquet pñté par Jean de La Cabe » le 2.5.1638. Elle n’apparaît pas comme héritière d’une maison et pourtant elle figure peut être en marge du testament de Goalhardet du Domecq (21.5.1587) à propos duquel elle dépose une requête. Si tel est le cas, une filiation serait établie. Sans garantie du constructeur.

Ses deux frères, David époux de Marie de Laguisquet et Isräel, époux de Marie de Sarrabère, « receurent la benediction nuptiale » la même année 1634. Actes laconiques mais précieux. Les preuves de parenté seront apportées à la génération suivante des neveux. Le nom des parrains et marraines de leurs enfants ne nous sont pas inconnus, comme Dondatz, de Lembeye.. confirmant ainsi leur réseau de sociabilité.

De l’ensemble cousins-cousines issus de notre fraternel trio se dégagent deux figures (ou trois ?) qui donneront matière à développement, sans quoi ce recueil ne serait qu’une arnaque de librairie de plus ! Mesdames et messieurs, vous pouvez applaudir dans l’ordre de leur entrée sur scène : Samuel de Domecq dit Hauguey (°1635), Pierre de Domecq Rectou (°1640), autre ( ?) Pierre de Domecq Rectou (°~1650).

Qu’il serait beau l’arbre généalogique des Domecq de Salies, bien charpenté, équilibré, élégamment ramifié, comme on peut les admirer sur les tableaux des maîtres de l’époque ! Seulement voilà, la génétique est capricieuse, la vie pleine de mauvaises surprises. Résultat : une forêt de Hauguey verts et branchus, quelques bosquets de Rectou qui n’ont pas résisté aux rigueurs du temps.

 

En résumé et pour viatique, voici un post it à coller sur votre réfrigérateur, votre compagnon-mémoire :

 

 

DOMECQ de SALIES = DOMECQ Hauguey + DOMECQ Rectou

 

Avec DOMECQ Hauguey > DOMECQ Rectou

 

 

 

 

 

 

 

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