Souvenirs de nos ancêtres par André Audap (1)

Dans l'enthousiasme du néophyte, j'ai, il y a quelques années, posté quelques lettres destinées à des Audap inconnus. Certaines de ces "bouteilles à la mer" lancées, non pas à des naufragés mais à des dispersés, me sont revenues, particulièrement celle d'André Audap de Toulouse avec qui j'ai tout de suite sympathisé. Depuis de nombreuses années, il avait effectué la plus grande partie des recherches généalogiques en Vallée d'Aspe et engrangé avec soin une abondante documentation sur nos ancêtres. Avec son aimable autorisation voici donc ses "Souvenirs de nos ancêtres".

Les personnes intéressées peuvent le contacter.

Ses coordonnées: Monsieur André Audap 1 impasse d'Alembert Quartier Lardenne 31000 Toulouse. audap@orange

 

« Se glorifier de ses Ancêtres, c’est chercher dans les racines des fruits qui devraient être dans les branches »                                                                                            

      

                    Au moment d’entreprendre une rédaction de l’Histoire de la famille à travers quelques éléments épars recueillis sur la vie de ceux qui nous ont précédés, on se demande naturellement pourquoi on ressent ce besoin de parler de ceux et celles que, pour la plupart,

nous n’avons pas connus ?

                    Parce qu’ils nous ont faits ce que nous sommes ;  les chromosomes se sont transmis, mélangés mais ils sont là et ont dessiné nos traits physiques et nos caractères, même

s’il y a indéniablement une évolution par les croisements et l’impact accru de  l’environnement.

                    C’est aussi un hommage à rendre à nos aïeux : Ils sont , nous sommes, un simple maillon d’une longue chaîne , une noria qu’il faut continuer à faire tourner, chaque génération ayant la charge d’un godet . S’il est logique et naturel de regarder vers l’aval, vers les enfants issus de nous,  à qui nous passons le flambeau, il importe tout autant de ne pas oublier ceux qui l’ont entretenu-voire ravivé-et nous l’ont transmis.

                    Ce besoin de s’intégrer dans une histoire sans fin, comme une recherche de survie, vient bien logiquement avec l’âge, au moment où l’on commence à penser au grand départ , à l’heure des question sans réponses , à l’heure des bilans.

                   On commence par rassembler les sources familiales : papiers de toutes sortes , livrets, photographies , archives…et les récits des Anciens . Ils sont très précieux parce qu’ils rapportent du vécu ! Mais hélas souvent ils n’intéressent pas les jeunes-et moins jeunes-attirés

par d’autres sources d’intérêt plus « actuelles ». Nous plaisantions en famille quand ma

grand’mère Cabessut nous parlait de « cet arbre colossal autour duquel elle jouait quand elle était enfant » et 60 ans plus tard, sur les lieux de sa jeunesse, j’ai découvert un cyprès millénaire au tronc énorme . Je me reprocherai toujours de ne pas l’avoir ramenée dans son pays,  qu’elle n’avait pas revu depuis si longtemps ! Et Papa…..Il va encore nous parler de Salonique… ! Comme j’aimerais aujourd’hui qu’il m’en parle !

 

                   On fouillera l’Etat Civil, on se réjouira de la découverte des actes, on poursuivra chez les notaires si riches en souvenirs et dans toutes les archives intéressantes : Justice,

Armée , Impôts –toujours bien tenus !- la presse , les livres…car, au delà d’un simple arbre généalogique , d’une banale succession de filiations, on cherchera à préciser les modes de vie, à nous placer dans la peau de cet aïeul que l’on finit par connaître un peu à mesure que nous rassemblons des échos de sa vie quotidienne ou des grands événements (Baptêmes , Mariages  Achats importants , Testaments..) qui l’ont ponctuée.

                    Toutes les informations, même les plus banales sont à noter et conserver ; Parfois elles sont significatives ; le plus souvent elles sont à interpréter avec prudence et à recouper.

                    Les actes de notaire sont toujours très intéressants car nos aïeux, le plus souvent illettrés dans les campagnes avaient recours au notaire à toute occasion faute de pouvoir écrire eux-mêmes : pour les mariages- toujours avec contrat-, les partages, les testaments, les inventaires, une mise en apprentissage,  mais aussi pour toute transaction commerciale même la plus petite ne serait ce que la vente de quelques moutons ! ….

                  Dans toutes les branches de la famille en remontant au XIXéme siècle nous ne trouvons pratiquement que des ruraux : des agriculteurs propriétaires d’un petit bien le plus souvent, y associant parfois un petit artisanat (tissage..) ou un petit commerce , mais aussi de simples laboureurs ou «  brassiers » qui louaient leurs bras.

                  Dans ces actes la vie du village est décrite au fil du temps: C’est une communauté pratiquant le troc de produits et de services , vendant et achetant à crédit . Le manque d’argent frais fait que l’arrivée inattendue d’une somme déclenche toute une série de règlements en cascade. On se bouscule chez le notaire et les mêmes écus passent de main en main.

 

             C’est ainsi que j’ai cheminé et que je continuerai à le faire-- car il n’y a jamais de fin à ce travail de limier passionnant et méthodique – en me posant toujours la même question : ce texte et l’interprétation que j’en ai faite correspondent-ils à la vérité ? sans oublier que cette vérité doit être replacée dans son contexte pour être appréciée.

             Que mes ancêtres me pardonnent mes erreurs

 

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                  Une Famille se crée par la rencontre de deux  individus issus de deux chaînes qui le plus souvent n’ont jamais eu d’autre point commun. Ceci est vrai surtout pour le siècle passé qui vit s’accélérer la mobilité des hommes

                C’est tout à fait différent à  mesure que l’on remonte dans le passé : les modes de vie, le cadre de vie même sont souvent identiques, surtout dans le milieu rural . On reste dans son village ; on s’y marie, ou dans un village tout proche ; il faut des événements pour causer des déplacements : par exemple une visite au notaire. La conscription sous la Révolution et l’Empire sortira les garçons de leur campagne .Plus tard ce sera le service militaire qui sera l’occasion du premier voyage de mes grands-pères ! Mais les filles restaient au pays.

                 Les familles rurales se sont le plus souvent croisées à diverses reprises au fil du temps et la consanguinité existe, l’Eglise y fait la chasse ; il faut des dérogations de l’Evêché à partir du troisième degré ; des mariages sont annulés parfois après plusieurs années ou célébrés à nouveau  après obtention de la dispense.

(Ainsi remariage le 5 Octobre 1746  de Marguerite Audap, fille de David, déjà mariée à Mathieu de Lacasette le 22 Septembre 1746 , après annulation du premier sacrement et dispense de Monseigneur l’Evêque d’Oloron.).

               La sédentarité généralisée autorise des interprétations ; néanmoins je reste frappé des difficultés à dégager des traits généraux affirmés et suivis . Il apparaît toujours des exceptions : un individu qui sort du rang – en bien ou en mal – qui rompt la chaîne ou la divise .Il y eut sans doute aussi de fausses filiations s’ajoutant aux filiations inconnues et je répéterai avec Montaigne : « Tout Homme descend au moins d’un Roi et d’un Pendu ».             

 

      Mes enfants sont issus des AUDAP et des MOREAU. Les points communs ne peuvent être dus qu’au hasard entre ces deux familles qui n’avaient jamais rien partagé dans le passé.

 

                Pour la branche  AUDAP –celle que je pense connaître le mieux- je m’attacherai au tronc principal et à trois rameaux : CABESSUT, RAUFFIE , MELIX et ses composants BONIFAS,MOLAS,BLANC.

 

                « AUDAP »ce nom a toujours interpellé ceux qui l’entendent et, le plus souvent, veulent y ajouter un e ou un s  .On le croit d’origine étrangère (polonaise…) , juif (et je peux vous dire que c’était ennuyeux en 1943 !)- Il est très rare, on verra pourquoi, et je contribue , faute de fils , à sa disparition.

                C’est d’abord un toponyme (un nom de lieu). J’ai relevé dans le département des Pyrénées Atlantiques deux lieux-dits « Audap »sur la carte d’Etat-Major et je les ai visités

Ils sont tous les deux situés dans la Vallée d’Aspe et l’un fut longtemps habité par mes  aïeux           Tiré du vocable basque « ALDABE »il désigne un lieu à l’abri de la montagne, au pied d’une falaise. (le changement des dentales , fréquent, transforme b en p et al se vocalise en au )

 On trouve dans la même région AUDAP accolé au mot gascon CANDAU souvent rencontré pour designer un versant pierreux (de la racine préindoeuropéenne « kant » signifiant

 lieu pierreux) C’est la crase CANDAUDAP qui désigne des lieux ou des habitants de la région .Notons au passage que cette union du Basque et du Gascon  nous rappelle qu’ils sont tous deux issus des » Vasques »

 

LE BERCEAU FAMILIAL

 

                 La région c’est donc la Vallée d’Aspe en BEARN.et on se demande tout de suite comment il se fait que l’on rencontre un vocable basque en dehors des limites toujours strictes du Pays Basque ? D’autant qu’on ne rencontre pas d’autres mots de cette origine dans la vallée où les racines sont celtes (ur , os ) ou latines.

                Trois explications sont possibles :

                 -Les AUDAP étaient Basques, se sont déplacés et ont nommé le lieu dans leur langue . La présence d’AUDAP à ARETTE en pays basque vers 1650 pourrait faire penser à cette solution.

                 -Les AUDAP étaient Béarnais comme tous leurs voisins mais ont pris le nom de ce lieu en s’y installant ou lorsqu’il a fallu des noms de famille

                 -On peut aussi penser à des AUDAP venus d’Espagne avec laquelle  les relations étaient faciles par le col du Somport d’accès aisé même l’hiver. Il y a d’ailleurs une deuxième implantation d’AUDAP plus près du col à Borce . Ce pourrait être dans ce cas des Basques venus d’Euzkadi par l’Aragon.

(en annexe on trouvera les cartes de la Vallée et des implantations)

                

Dominée par le pic d’Anie, la magnifique et secrète Vallée d’Aspe présente bien des particularités qui n’ont pas manqué d’influencer et marquer ses habitants. Son histoire, et plus particulièrement celle des protestants a été écrite par le Pasteur érudit Cadier au siècle dernier dans un livre très documenté , parfois un peu orienté.

                  Il y met en évidence les éléments de géographie physique : vallée aux parois abruptes, encaissée, très boisée, fermée comme par un  verrou par l’étranglement d’Escot à son entrée et par les pentes raides du col a l’autre extrémité. Et, malgré cela, passage facile à travers la chaîne pyrénéenne par ce col de hauteur moyenne : d’ailleurs Hannibal a laissé des traces de son passage avec ses éléphants dont la représentation est gravée dans la roche. L’armée musulmane d’Abd-El-Rhaman passa par là pour envahir la Gaule en 732 et treize siècles plus tard, après un tunnel ferroviaire international c’est un tunnel routier que l’on va mettre en service.

                  Passage facile à franchir mais aussi passage facile à surveiller ou même à interdire possibilité d’en faire un «  asile protégé « où des population ont su créer une communauté avec ses règles de vie sociale s’affranchissant des lois du voisinage—sans pour autant rompre et susciter l’hostilité—obtenant des chartes des Seigneurs ou Evêques (le »For » d’Aspe) en garantissant en contrepartie la garde des passages . Ainsi se sont créés et ont subsisté jusqu’à une époque très récente des usages et des coutumes solides et pérennes mais aussi des situations de rupture avec l’Autorité. Les Aspois échappèrent aux rigueurs de la féodalité et se gérèrent très vite eux-mêmes par une sorte de démocratie surveillée jouissant de nombreux privilèges.

                Mais cet amour de la Liberté les amena à accueillir des hérétiques : on y voit le refuge ultime des Cathares après le bûcher de Montségur et on explique ainsi la forte et rapide implantation du protestantisme trois cents ans  plus tard. .Certes l’influence de Marguerite de Navarre fut déterminante pour l’introduction de la religion réformée , notamment à Sarrance , mais il est troublant de constater que des communautés protestantes sont nées , se sont imposées , ont résisté aux nombreuses persécutions déclarées ou sournoises , traversé la Révolution pour exister et se développer encore de nos jours à Osse en Aspe principalement où l’on trouve toujours un Temple. On peut légitimement penser que la propagation rapide de la foi nouvelle doit beaucoup aux mentalités locales , aux brassages d’idées, notamment de tolérance et de liberté d’expression .

 ( Pour l’histoire et la vie de la vallée on se rapportera au livre déjà cité du Pasteur  Cadier : « Osse – Histoire de l’Eglise Réformée de la Vallée d’Aspe «  Paris 1892 Grassart Editeur) .

               L’auteur dépeint les ressources naturelles : ardoises, porphyre vert, albâtre, fer , marbre et le bois des nombreuses forêts pour la mâture des navires . Les riches prairies ont vocation à l’élevage et les moutons et caprins se satisfont des zones accidentées. On y a exploité des sources d’eaux minérales dès l’occupation romaine.

               Le fer exploité à la mine de Peyrenère (« pierre noire «) de longue date connût un essor industriel sous Mr Abel un wurtembourgeois qui fabriqua aux « Forges d’Abel » les munitions de l’armée française de 1830 à 1885 !

               Les arbres surtout ont intéressé Colbert lorsqu’il lança la reconstitution de la marine de guerre : les plus beaux fûts de notre pays se trouvent dans ces forêts escarpées et le ministre fit creuser dans la roche à flanc de montagne un chemin pour leur transport jusqu’au Gave à Lées-Athas port de départ du transport par flottage. C’est le « chemin de la Mâture »----voir les illustrations—qui dessine une plaie zébrant le rocher. Le Gave d’Aspe avait été régularisé pour avoir au moins 20 mètres de large et il recevait ainsi des radeaux de 30 mètres de long conduits par des «  radeleurs » jusqu’à Etsos au delà d’Oloron, métier dangereux et pénible : il faut maîtriser la vitesse et éviter les échouages . En 1767 on sortit ainsi de la forêt d’Issaux le plus gros sapin des Pyrénées : 35 mètres de haut, 1,80 mètre de diamètre. Ce trafic donnait lieu à une intense activité et apportait des ressources importantes à la vallée : un contrat de sous-traitant joint en annexe l’atteste.

              L’élevage des moutons constitue l’essentiel de l’activité pastorale pour la viande la laine et le lait. Pendant la saison froide, quand la neige recouvre les pentes , il fallait conduire les troupeaux dans des région plus clémentes . Des accords très anciens confirmés par le Parlement de Béarn ouvrirent régulièrement aux Aspois les pâturages de la Chalosse dans la boucle de l’Adour, autour de Salies de Béarn. Des bergers y firent souche , attirés par des beautés locales ; nous allons les retrouver.

 

              Le pays est rude ; la vie est difficile mais l’Aspois est solide et tenace .J’ai relevé une mortalité infantile nettement inférieure à ce que j’ai rencontré dans les autres régions où j’ai mené des recherches. Je n’ai pas trouvé d’allusions à des disettes, même aux périodes difficiles des dragonnades . Est-ce une explication ? Je pense aussi à l’isolement de la vallée à l’écart des grandes épidémies transportées par les routiers.

 

              Les institutions ont été constituées d’abord de 10 communautés, réparties en deux « VIC » dont la limite passait entre Lescun et Accous . Le nom de ces communautés (vic)  atteste de leur existence antérieure au Christianisme. Elles élisaient leurs représentants à l’Assemblée générale « Le TILHABE » qui , à l’origine , disposait des terres et pâturages répartis selon les besoins des groupes d’habitants appelés « LOC »  Les représentants sont appelés « JURAT »  --Ils administrent la justice ,  la vie locale, aidés de magistrats plus spécialement chargés de la police , et de gardes ou « collecteurs »qui lèvent la taille.

 Jurats et leurs aides sont élus pour un an. Chaque Vic abrite aussi un « BAYLE » représentant du Seigneur et un Notaire-Archiviste dit « Garde-notes ».

               Chaque communauté doit alimenter un fond destiné à venir en aide aux faibles et déshérités, sous le nom de « dîme ou prémice » .Il servait aussi à payer le Maître d’école et à entretenir le temple .En général il était calculé au trentième : « ..payer de trente fromages un fromage, de trente agneaux un agneau… » Ces communautés sont devenues Paroisses puis le plus souvent Communes à la Révolution.

                                   Comme dans toute vallée montagnarde, et encore plus dans cette vallée 

refermée sur elle-même les habitants ont des traits physiques communs. Cette règle vaut encore plus pour les protestants qui se sont toujours mariés entre eux. On les disait forts , de haute stature , imposants sous leur pelisse de brebis , serviables-(qualité commune à toutes les régions rudes où la solidarité est nécessité ), hospitaliers, attachés à leur indépendance et acharnés à défendre leurs droits.- Tous, petits propriétaires, ni riches, ni pauvres ils ont pour valeur essentielle le travail qui leur garantit la vie et la liberté.

               Les mouvements de population, la révolution économique et sociale ont atténué ces caractéristiques mais les coutumes profondément ancrées persistent jusqu’à nos jours .

              Je parlerai surtout des toponymes et patronymes, de la famille , de la maison..

                                 Les noms de lieux sont très anciens avec des racines celtes à Urdos ,Osse où l’on pense que « os » signifie « village » puis latines au Somport (summum Pyreneum) ,Oloron (iluro) ,Canfranc (campus franci).                                  

                                   Les Hommes portent le plus souvent un double nom : celui de leur père et celui de la maison qu’ils habitent, maison qui conservera ce nom tout au long des siècles. 

Il y a toujours une maison « Audap « à Osse même si elle est habitée par des Eygun.

 Pour désigner le fils le nom du père est couramment précédé de la particule « de ». Il faut écarter tout sens de noblesse !  « David d’Audap né le … » était seulement David fils de Audap. Et si fils cadet il se marie et va habiter la maison Lasserre il deviendra « David Audap-Lasserre ».

              Dans les cas de remariage il arrive aussi que l’on accole le nom de la mère : Audap

Pierre eut un fils d’un premier lit Audap Bernard et un autre fils « Pierre Audap - Araban » de son deuxième mariage avec Madeleine Araban

              Au fil du temps on trouve même des inversions qui font disparaître la filiation : un

Audap-Eygun devient Eygun-Audap ! Il est toujours difficile de retrouver les liens à partir de registres souvent succincts…quand ils existent !

              On ne doit pas oublier que dans cette vallée comme dans tout le monde rural on a une population stable, groupée en familles de même patronyme qui se connaissent bien. Mais ce patronyme ne suffit pas précisément à les différencier : il faut ajouter ici le nom de la maison, là le nom de la mère, ailleurs un sobriquet (qui deviendra peut-être le nom de famille !) d’autant que les prénoms sont souvent les mêmes ! Ainsi Marie Audap de Borce mariée à

 Jean de Capdequi eut de 1667 à1685 six filles appelées Marie ! par bonheur il y eut aussi Jean en 1668.

              En général les prénoms se transmettent de père en fils ou petit-fils : David, Pierre Jean, Joseph, Daniel sont les plus fréquents puis viennent François, Antoine, Michel.

Pour les filles : Marie le plus souvent,et Catherine, Jeanne, Suzanne, Anne, Marguerite et

Engrâce ou Grâce qui fait penser au Basque–(il y a un St Engrâce dans la vallée voisine d’Arette qui appartient à la Soule).

              On en reparlera en évoquant les persécutions religieuses.

 

 

                                     On a vu l’importance du nom des maisons et nous avons évoqué  l’origine du nom AUDAP qui tient à une particularité géographique; de la même façon on trouvera des Darrelatour (derrière la tour), des Hautecase (maison haute), des Lagun (près de la lande), des Soussens (sub sanctis=sous l’église),  des Minvielle (au milieu de la ville)..

D’autres emplacements près d’un arbre aboutiront à Tilhé (tilleul),Castagné (chataîgner)

Nouqué (noyer) ,et ainsi des Lavigne ,des Pratot (pré) , des Trouil (pressoir)….

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              La maison abrite la famille et les enfants. Le fils aîné héritera du nom et de la maison; les autres fils et les filles devront se marier et s’installer dans une autre maison, ou s’engager ou entrer dans les ordres. Tant qu’ils sont célibataires les cadets et les filles sont logés dans la maison et apportent en retour le gain de leur travail. S’ils ou elles se marient sans quitter la maison ils sont logés dans un local attenant dont le nom prend alors un diminutif : Larose donne Larouset ; Araban donne Arabanet . Une donation leur est constituée et une part de troupeau attribuée.

 

LES AUDAP

 

              Imaginons maintenant que nous sommes des AUDAP  Basques fuyant l’Espagne, les Navarrais ou les Aragonais, passant par Canfranc (« le camp des Francs ») pour rejoindre la France par le col du Somport. Certains vont s’arrêter à Borce , village accroché à la montagne surplombant la vallée, à l’écart et mieux abrité, le pays de l’ours .(aujourd’hui il y vit en captivité ). Ce fut un arrêt sur la route de St Jacques de Compostelle qui a conservé de  vieilles constructions et en particulier un ancien hôpital décoré de fresques
.         Ces Audap y font souche : Jean en 1651 est sans doute un notable puisqu’il marie sa fille Catherine Audap  à Pierre de Candau « chirurgien », homme important tenant au rebouteux au guérisseur et à l’accoucheur peut-être même médecin ? –Dans le contrat, on dit le « pacte de mariage », signé le 29 Octobre 1651 on annonce le prochain mariage à l’Eglise catholique .

Le protestantisme a t’il disparu ? Est ce une famille catholique ? on peut le penser car l’oncle de la mariée Bertrand de Casabonne est abbé de Borce ; il ajoute de son chef 100 « francs bordelais » aux 700 francs de la dot donnée par le frère aîné de la mariée Jean d’Audap.

              Deux ans plus tard une sœur de Catherine, Marie, épousera Jean de Barengou Pouvilhon à l’église catholique et se contentera de 600 Francs de dot . C’est une autre sœur Marie épouse de Jean de Capdequi dont j’ai déjà évoqué les 6 filles nommées Marie !

              Revenons à Jean le « notable » supposé ; il a un fils appelé aussi Jean marié en 1657 qui a son tour a un fils Jean Audap (1658/1725) marié en 1684 à Anne-Marie Beigbeder 

Un fils Bernard Audap voit le jour en 1690 à Borce et c’est à Clisson en Loire Atlantique que nous allons le retrouver ! Il va fonder une importante lignée qui se développera  jusqu’à nos jours.     

François Audap , un frère de Bernard, épousera en 1713 Marguerite de Montengou après un pacte de mariage de 1711 délai qui laisse supposer des obstacles religieux. Ils auront 8 enfants qui demeureront à Borce fondant la plupart une famille.

.                 L’un d’eux Jean Audap-Terras est voiturier, profession importante pour assurer les transports dans ces chemins escarpés. Dans son testament déposé en 1776 chez Maître D’Atournou , il laisse ses biens à son fils aîné : c’est depuis toujours le droit local . Néanmoins il laisse 1000 francs « bordelais » à sa fille et autant à son épouse, se souciant aussi de leur sort quotidien en leur réservant la jouissance d’un appentis et d’une partie du jardin . J’aurai l’occasion de revenir sur le triste sort des veuves et des filles non mariées.

                  Jean avait une situation aisée : il peut donner ainsi 150 francs pour les messes à son intention et 150 Francs pour les pauvres de la paroisse. On relève qu’il ne fait pas mention de la Vierge dans ses invocations dernières.

 

                  Petit à petit les branches locales s’éteignent en même temps que le village décline ;

En 2000 il n’y a plus d’Audap à Borce mais ils furent présents tout au long des XVIIème,

XVIIIème,XIXème,etXXème siècles. Le village très enclav, à l’écart de la route n’offrait pas beaucoup de travail et pour vivre normalement les jeunes durent partir. Le tourisme donne un regain d’activité favorisé par la mise en valeur des maisons anciennes pittoresques, du site et des ours .

(se rapporter aux photographies et cartes) 

                Bernard Audap qui en 1721 épouse à Clisson Marie Magdeleine Gouraud est lui aussi « Chirurgien ». Né en 1690 à Borce il mourra dans l’Ouest en 1757 sans que l’on trouve trace dans cette période de la venue à Clisson d’autres Aspois  .On aimerait connaître la raison de ce long déplacement. On peut penser à des problèmes de religion au moment de la révocation de l’Edit de Nantes mais ce n’est qu’une hypothèse peu motivée.

                L’implantation dans le milieu bourgeois se confirme : le petit-fils Bernard Audap qui porte le prénom de son grand-père est né en 1756  il décédera en1812 ; Il est notaire à Nantes où il a épousé Marie Anne Fruchard ; Son petit-fils Alfred Audap fait l’acquisition de « La Chaussée » maison de Maître avec propriété rurale à St Gervais. Il est marié à Mélanie Louise Bréchard qui compte parmi ses ancêtres un Procureur au Chapitre de la Cathédrale de Luçon, Mère Saint-Benoît fondatrice en 1802 des Ursulines de Chatagnes en Vendée et Mathurin Bréchard ,Sénéchal de Talmont , Avocat au Parlement..

                 Un frère d’Alfred ,Edmond Audap-(1834-1917)-ouvrira une branche représentée de nos jours par les Jacquart à Nantes.

                 D’Alfred Audap et Louise Bréchard  descendront :

                              Mélanie Audap-(1901-1996-) qui épouse François Roquebert à Paris

                               Georges Audap(1903-1960) demeuré dans l’Ouest a engendré

                                          Dominique Audap  agent immobilier à Nantes.

                              Hélène Audap-(1908-1982)-a donné 6 enfants et 20 petits-enfants à Henri

                                           Le Bout de Chateauthierry de Beaumanoir son mari à Nantes et

                                           dans la région parisienne.

 

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                Il reste beaucoup à faire pour recenser les Audap qui sont restés à Borce, vivant le déclin du village…Françoise Roquebert 156 Rue de Courcelles à Paris avec laquelle je suis en relation s’y emploie aussi .Mais suivons plutôt ces Audap qui descendent du Somport puisque c’est le scénario que nous avons retenu : nous rencontrons une implantation à Lescun haut village pittoresque au sommet d’une vallée adjacente .

(On se rapportera à la carte et aux photographies ou cartes postales)

                Idyllique village d’adret, Lescun est entouré d’un magnifique cirque au pied du pic d’Anie . Il est connu pour avoir abrité des « cagots » lépreux ou descendants de lépreux ; on y trouve de belles maisons des XVème et XVIème siècles qui disent bien sa richesse passée.

 

             Dans la montagne un lieu-dit porte le nom Audap et des actes font mention de Audap-Soubie . A Urdos il existe une maison Audap : Elle m’a été signalée par un descendant des

Audap-Soubie dont le grand-père Jean Audap né en 1866 à Urdos partit en Argentine en 1886 . Exploitant agricole jusqu’en 1900 il ouvrit ensuite une boulangerie à Cordoba,  la Panaderia

Francesa ; un de ses fils Pedro devint médecin et Professeur d’Université à Buenos-Ayres.

  Il eut lui-même un fils Pedro Audap-Soubie né en 1945 à Cordoba,  Professeur de Pédiatrie dans cette ville, marié à Elvira Gavier de La Torre descendante d’un Conquistador du Chili .

 Par sa grand’mère Pedro a hérité d’une maison à Accous , la maison Larraux .

                    Nous avons entamé des relations épistolaires et échangé quelques photos en espérant une rencontre car il est tenté par un voyage en France.  On est frappé de l’attachement à notre pays et à notre langue –ou plutôt à la vallée d’Aspe- de ces  cousins argentins depuis deux générations ! D’ailleurs le père de Pedro animait le comité gaulliste à Cordoba pendant la guerre.                        

 

                          Photo : La famille de Pédro Audap-Soubie à Cordoba-vers 1997

 

                   C’est le moment de parler de l’émigration : Au XVIIIème Siècle ce sont les problèmes religieux qui étaient à l’origine de départs à l’étranger principalement en Angleterre . Des Aspois exaspérés par des troubles continuels, bien décidés à ne pas céder sur la question de la foi s’expatrièrent .La vie était difficile mais la population augmentait peu ; la répression en était la cause en grande partie en contraignant les filles « mal pensantes » au célibat des couvents et en recrutant de force leurs frères. Après la Révolution les choses changent mais le pays ne peut plus nourrir ses enfants : De quoi dispose une famille pour vivre ?

Quelque terrain autour de la maison travaillé par la femme, un enclos pour volailles et cochons  des pâturages réduits dans la vallée, des terrains à moutons, pauvres, sur les hauteurs.

                   C’est pour survivre que l’on part au hasard pour l’Amérique, le plus souvent pour continuer à élever des moutons et les cousins rejoindront les premiers émigrants. Il serait intéressant de dépouiller les passeports du port de Bordeaux, ville où les Aspois venaient vendre leurs moutons et d’où beaucoup partirent pour les Etats-Unis, l’Argentine ou l’Uruguay --  Ces hommes, parfois ces couples, courageux, qui partent à l’aventure ont pour la plupart réussi

                  D’autres AUDAP-SOUBIE ont quitté leur région mais sont restés dans le sud-ouest vers Montpellier et Toulouse –(Rameaux en extinction).                           

                    Mais la vallée s’élargit en un bassin fertile au centre duquel se trouve Bedous . A l’est et sur la hauteur Accous  le Chef-lieu de canton actuel et à l’ouest un peu caché le bourg d’OSSE en Aspe—(Le nom d’origine celte « os » signifie lui-même « village »)-

Après un nouvel étranglement nous sommes à Ponsuzon –ou Ponsuzou - là où le Gave reçoit le torrent d’Espelungue descendu d’Ichère . Une route monte le long du torrent et dés le premier lacet on aperçoit quelques maisons anciennes au pied de la montagne, proches les unes des autres,  sans toutefois constituer un hameau . Elles ont nom : Audap; Loustau; Coudoures ; Lacroix . C’est le berceau familial . Nous allons retrouver tous ces noms au long des siècles .

Et les vieilles bâtisses-certaines rénovées--appartiennent le plus souvent à des Audap

notamment des cousins d’Amérique.       

               Ponsuzon fit partie de la paroisse de Sarrance pendant longtemps . Ce village, dans un site plein de mystères abrita un célèbre pèlerinage à la Vierge ; il fut brûlé par les protestants en1569 ; on dit que Marguerite de Navarre bienveillante pour les Huguenots y composa l’Héptaméron-

Puis pendant un temps très court Ponsuzon dépendit de Bedous , à l’époque révolutionnaire avant d’être rattachée à Osse.

Avant de faire connaissance avec ces lointains ancêtres de Ponsuzon il faut évoquer les problèmes religieux qui vont peser sur leur histoire jusqu’au siècle dernier .

  Si nous admettons que les Audap étaient Basques il est tout à fait probable qu’ils étaient catholiques . Quelle était la situation dans la vallée à leur arrivée ? On ne peut répondre  faute de connaître la date .Mais compte tenu des relevés d’actes, des fonctions de notoriété confiées à certains on peut seulement affirmer que c’est au plus tard au XVème siècle, avant les conflits religieux ou au tout début . Le curé d’Accous prétend même avoir trouvé des Audap sur le recensement de Gaston Phébus en 1385.

 

Le Problème  religieux en Vallée d’Aspe – XVIème,XVIIème, XVIIIème siècles

 

            Dans le domaine religieux, après les cultes païens voués plus spécialement à l‘eau et aux sommets, la vallée fut évangélisée assez tard ; Comme tous les peuples montagnards l’Aspois était attiré par l’idée de pureté, d’idéal –héritage des symboles eau et sommets – et certains historiens affirment qu’il accueillit généreusement quelques survivants cathares du bûcher de Monségur –« les Purs «-à l’abri dans ce retranchement pyrénéen.

            Peut-être ont-ils contribué –si cela est vrai- à maintenir cet esprit de recherche de la vrai foi , en dehors de toute hérésie.

         -[On trouvera en annexe un rappel du mouvement de la Réforme en France.].

 

            La vallée d’Aspe est catholique, sans réserves, lorsque, en 1534, Marguerite de Navarre Suzeraine des Aspois  et sœur de François 1er arrive en Béarn. C’est une femme exceptionnelle  très cultivée, énergique, à l’esprit ouvert au bouillonnement des idées qui caractérise l’époque . Elle est accompagnée de l’Evêque Roussel tout imprégné des idées de « Réformation » . L’invention de Gutemberg en permettant la diffusion de la Bible dans tout l’Occident a lancé un mouvement de retour aux sources du catholicisme à un moment où le clergé en place donne de tristes spectacles : « En ce pays la plupart des recteurs demeurent hors de leur paroisse , s’yvrognent , sont indoctes et ignorants au point de ne scavoir ni lire ni écrire…..donnent un mauvais exemple , entretenant dans leur maison publiquement et impudemment des femmes perdues , tant veuves que mariées . Ils hantent des lieux publics avec les gens qui blasphèment…et ils sont abandonnés à toutes les débauches…. »[Requête des Etats de Béarn au Prince Régent et au Cardinal –1558-]

           Marguerite de Navarre « la plus savante des belles et la plus belle des savantes » introduit dans ce pays âpre les arts et les sciences, crée un nouveau « for » inspiré par la justice et le bon sens, ouvre à Orthez un collège qui deviendra Université. Si l’on ajoute que comme tous les beaux esprits de l ‘époque elle s’intéressait beaucoup à la théologie, on comprend que tout était réuni pour que s’ouvre un grand  « débat » -( On ne peut s’empêcher de rapprocher de Mai 1968 !)

            La Reine s’engage à fond sans rien renier du catholicisme et le succès est foudroyant dans l’Evêché d’Oloron grâce à Mgr Roussel qui voulait « nettoyer la maison de Dieu sans la détruire ». – La liturgie est modifiée : communion générale des assistants ; communion sous les deux  espèces ; plus de commémoration de la Vierge et des Saints ; un seul grand pain rompu ; plus de célibat pour les prêtres…

            Parallèlement extension de l’instruction des jeunes , élection des pasteurs par le peuple mais tolérance pour le culte traditionnel.

           La Réforme est complètement implantée en Béarn . L’Edit de Janvier 1562 garantissait aux huguenots la liberté religieuse. Mais en 1567 Charles IX Roi de France envoie une armée qui massacre, pille, détruit. Jeanne d’Albret qui a succédé à Marguerite de Navarre  fait partir de La Rochelle une armée de secours qui délivre Navarrenx assiégée, s’empare d’Orthez avec hélas de nouveaux excès du côté protestant cette fois !

           La situation rétablie, les Etats de Béarn prirent les Ordonnances de 1571 qui allaient régler la vie de la vallée pendant 50 ans :

                   -  Pasteurs élus soumis à un examen scrupuleux de doctrine et de mœurs

                   -  Les biens d’Eglise gérés par un Conseil serviront aux fonds d’aumône et à

                      l’entretien des Ministres du culte et des écoles.

                    - La première instruction est obligatoire et le cas échéant l’Etat  prend en charge     

 l’instruction supérieure à Orthez de ceux qui en sont capables                                                                                                

                    -Tout Béarnais doit se marier et vivre en famille . libertinage et ivresse sont

                      sévèrement punis.

                    -Le luxe est tout ce qui a un caractère lascif sont interdits.

                    -Le deuil est interdit et toutes les tombes sont identiques.

                      Les parents doivent donner un métier à leurs enfants

              C’est ce qu’ont connu les Audap vraisemblablement , devenus-comme tous -catholiques réformés ,  mais tolérants envers l’ancien culte. Période de paix confirmée par l’Edit de Nantes de 1598.

            Malheureusement, en 1620 , Louis XIII décide de rétablir en Béarn la religion catholique romaine : une armée occupe le pays, démolit, violente  massacre et…obtient à ce prix beaucoup de conversions . On écarte les Réformés des postes de direction et on restreint leurs droits à chaque occasion . « Privés des libertés nécessaires , limités dans leur action religieuse , dépouillés de tout moyen d’instruire la jeunesse , écrasés par les charges et amendes , exclus des emplois publics et impuissants à obtenir justice , les protestants voient tous les jours fondre leurs ressources particulières »  [Cadier page 221]   

             L’Eglise dOsse groupe en 1665  75 familles qui « résistent » et parmi eux les Audap et alliés. Pierre Audap est » diacre » cette année-là de la Communauté dOsse. (C’est un homme chargé des aumônes ) A côté des Diacres on trouve les « Anciens » qui veillent sur les mœurs  et sont responsables des familles de leur quartier et les Ministres qui président au culte public

             L’ensemble de ces pères de famille forme le consistoire qui dirige l’église de la communauté et les réunions de tous les chefs de famille sont fréquentes ; chaque église a son école et un synode annuel réunit les représentants de toutes les églises du Béarn.

          1685 : Révocation de l’Edit de Nantes !  Louis XIV haïssait les protestants. Le temple d’Osse est démoli ; le culte interdit ; les biens des Réformés confisqués . Violences et tortures entraînent la conversion de la quasi totalité des habitants .

            Les Réformés n’ont plus d’Etat-civil ; leur mariage est nul ; les enfants sont déclarés sur les registres « bâtards, né de concubinaïres »

            Les nouveaux convertis étaient tenus en suspicion même s’ils avaient – théoriquement -recouvré leurs droits ; mais la majorité conservait ses idées religieuses ; un puissant sentiment local unit les familles d’un même village : on supporte les brimades. Les couples ne passent pas à l ‘église et transmettent leurs croyances : dans la clandestinité l’Eglise se reconstitue 

.Nous y reviendrons car Osse sera le pilier  de cette sourde protestation.

 

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