Petite histoire des LISSAR(T): suite et fin

Les Lissart sous l’uniforme

 

Bons pour le service !

Impossible de remonter aux légions romaines. Pas de traces d’un quelconque LISSARTIUS CRASSUS SACAPUS. Pour connaître ses exploits, relisez-donc la collection complète des ASTÉRIX !

Le philosophe et économiste Jean Bodin écrivait au XVIième siècle “il n’est de richesse que d’hommes ”, bonne aubaine. Le royaume vit dans un état de guerre permanent, l’armée est composée de volontaires mais on recourt souvent aux enrôlements forcés. Louvois, Ministre de Louis XIV décide en 1668 de lever des régiments de miliciens : un célibataire âgé de 16 à 40 ans par paroisse . Thomas, nôtre ancêtre, avait à cette époque près de 60 ans, exempté donc. Mais un vieux soldat Lissart a servi le Roi. Un acte de l’Hôtel des Invalides en date du 2/10/1711 est ainsi rédigé : «  Antoine Lissart âgé de 58 ans Natif de Golfesche diocèze d’Agen Mareschal des Logis de la Compagnie du Sieur de Tournesieux Régiment Commissaire général de Cavallerie ou il a servi 32 ans portez dans son Certificat et auparavant dit avoir servi 2 ans dans Dampierre ses blessures joint a ses incommoditez le mettent hors de service et est Catôlique ». Après les défaites de la Guerre de Sept ans (1756-1763) Louis XV ordonne une réforme de l’armée sur le modèle prussien. L’infanterie devient l’élément majeur du corps de bataille, corps à  corps cela va de soi !

A la veille de la Révolution, la France est la première puissance militaire d’Europe… au moins sur le papier ! Avec la République, l’armée du Roi devient celle de la Nation. Nuance. La Convention (1792-1795) ordonne la levée en masse pour défendre la toute jeune Patrie menacée par la coalition contre-révolutionnaire. Ce ne sera pas la dernière fois ! Le principe républicain du service militaire obligatoire est acquis (Loi Jourdan de 1798).

Napoléon Bonaparte, précurseur à sa manière de l’Europe élargie de la Pointe du Raz à Vladivostok, institue les fameux Conseils de Révision (au suivant !), le tirage au sort et le remplacement. Il réorganise l’armée en corps et régiments..et s’en va expérimenter tout cela sur le terrain. L’Armée Impériale a certes vu du pays. Un Lissart a-t-il lui aussi pataugé dans les eaux glacées de la Bérézina ? Après la chute du Premier Empire (Napoléon goûte aux délices de la poire Ste Hélène), la conscription est réorganisée (loi Gouvion-St Cyr 1818), avec de nombreuses exemptions et possibilités de remplacement. La durée du service est de 6 à 9 ans. Avec la prise d’Alger en 1830 débute la période des conquêtes coloniales. La Légion Étrangère, l’infanterie coloniale sont crées. L’occasion d’aller faire le zouave.

Le Second Empire s’achève par la défaite de Sedan, au tir aux obus comme dans tous les matches France-Allemagne. Encore une bonne blague d’historien : “avec les Empires, la situation empire”. Essayez, c’est marrant. La Troisième République (le français est gros consommateur de Républiques) instaure le service militaire universel et égalitaire (lois de 1872 et 1889). On prend les mêmes et on recommence ! L’ armée française, comme l’attestent les vignettes du chocolat Poulain, les petits soldats de plomb, est symbolisée par le fusil Lebel, le canon 75, les uniformes style épouvantail à moineaux, visibles à plus de vingt km même par des mal voyants. Constaté par huissier.

La durée de mobilisation est très longue (20 à 25 ans), décomposée successivement en : armée active, réserve de l’armée active, armée territoriale, réserve de l’armée territoriale. Le tirage au sort subsiste jusqu’en 1905. Le remplacement est supprimé mais les exemptions restent nombreuses. La limite de taille est revue à la baisse, 1m54, soit la hauteur de 20 cartouches environ. La durée du service actif proprement dit s’abaisse progressivement de 5 à 2 ans, puis remonte à 3 ans à la veille de la Grande Guerre (loi Barthou de 1913). Le massacre peut commencer.

Vous les trouverez dans la série R.

Les sources documentaires liées à la conscription présentent un réel intérêt pour la connaissance de la population masculine. Ces documents se trouvent dans la série R des Archives Départementales des Pyrénées-Atlantiques. Les conscrits sont recensés dans des listes alphabétiques de la Classe 1861 (individus nés en 1841) à 1931 (nés en 1911) actuellement. Connaissant le n° d’ordre et la classe, on peut consulter les registres militaires, chaque homme bénéficiant d’une grande page de renseignements : état civil, description, service militaire et même antécédents judiciaires ! Ils sont libres de consultation mais les renseignements à caractère médical et les faits judiciaires ne sont pas à divulguer. Pour des recherches plus détaillées on doit s’adresser aux Autorités Militaires. La Grande Muette vous répondra t’elle ? Dans la collecte effectuée, seuls les éléments autorisés ont été cités. Autre avantage, les domiciles successifs déclarés lors des conseils de révision et des périodes d’exercice obligatoires. On a pu retrouver ainsi la trace de Lissar(t) perdus de vue, jusqu’en Amérique. Ou bien les changements de lieu des parents. Indiscret certes, mais vraiment intéressant pour une généalogie bien intentionnée.

Qu’ont-ils fait de leurs vingt ans ?

Selon les circonstances. Le temps militaire n’est pas uniforme. Il faut se méfier de la PAIX, elle prépare toujours une GUERRE, toujours la dernière, évidemment. Bilan pour les Lissar(t) : quatre morts, quelques blessés, quelques campagnes exotiques, quelques décorés, quelques émigrés, la routine quoi.

         Ceux qui ont perdu la vie en 14-18 :

Lors de la Grande Guerre, les Lissar(t) comme tant d’autres, ont « payé l’impôt du sang ». Quatre d’entre eux figurent sur les Monuments aux Morts. Un honneur dont ils se seraient bien passés. Chaque année, le 11 Novembre, quelque soit le bulletin de Météo France, ils ont droit à une petite représentation républicaine, le sabre et le goupillon enfin réunis, les trois couleurs un peu fatiguées, le parterre un peu plus clairsemé. Les voici, par ordre de naissance, synonyme de malchance :

Jean François LISSAR né lé 1.12.1874 à Labastide Clairence, fils de Noël & Gracieuse Çaldichoury.

Jean François LISSART né le 24.6.1886 à Bayonne, fils de Bernard Lissart & Teresa Valentina Waldesca Sambeat.

Jean Joseph LISSART né le 12.6.1889 à Bidache, fils de Jean Baptiste Lissart & Marie Lavignasse.

Jules LISSAR né le 14.8.1890 à Labastide Clairence, fils de Noël Lissar & Gracieuse Çaldichoury.

 

         Une famille très éprouvée : Noël, originaire de Bardos, perdra deux de ses fils.

Jean François n’était pas destiné à la guerre. Personne, d’ailleurs. Au Conseil de Révision du canton de Labastide Clairence, il tire le numéro 59. Ses parents habitent Ayherre. Incorporé le 16.11.1895 sous le matricule 5985 au 123° Régiment d’Infanterie où il effectue son temps de manière anonyme. Après son service il part pour La Rochelle dès 1899. C’est là qu’il sera rappelé pour cause de Mobilisation Générale (Décret du 1.8.1914). Le Registre Militaire nous raconte la suite : Arrivé au corps le 1.8.1914. Renvoyé dans ses foyers le 29.8.1914 « mission terminée ».Si vous avez le cerveau en bon état, contrôle technique OK, vous lisez et pensez en même temps : c’est terminé. Non ! Une fiche militaire entretient votre mécanique cérébrale par de fréquents aller-retours entre vos petits neurones. Comme Jean François, sitôt libéré, il est rappelé sous quarante huit heures, le 1.9.1914 et versé au 4° Bataillon Indépendant des Travailleurs (ou l’inverse ?) le4.10.1915 . Passé au 259° Régiment Territorial d’Infanterie le 1.1.1916. Il est blessé à Bernécourt (Meuse) par engin de guerre dans la soirée du 8 avril à la cuisse droite et au bras gauche et décède le 11 à l’hôpital temporaire St Charles de Toul. Ce n’est pas tout : il est « libéré du service militaire le 1.10.1922 » !!!!!!!

Jules est l’avant dernier des huit enfants. Absent au Conseil de Révision de Labastide Clairence où ont déménagé ses parents, il est déclaré « bon pour le service ». Physiquement il ne ressemble pas à son frère très brun. Il est blond, plutôt grand pour un conscrit de l’époque (1m75) le nez rectiligne et le visage long. Déclaré domestique, il a acquis pourtant une instruction de base de niveau 3. Appelé le 1.10.1911 pour le 144° Régiment d’Infanterie à Royan, soldat de 2° classe. Pour voir du pays peut être et améliorer la solde sans doute, il passe sur sa demande au 1er Régiment de Zouaves le 7.7.1912 et fait campagne en Algérie en Juillet et Août puis au Maroc Occidental et retour en Algérie le 6.11.1913 pour être renvoyé dans ses foyers en l’occurrence La Rochelle, avenue La Trompette à côté du Moulin. Ville où réside Jean François son frère aîné. Rappelé comme lui dans les mêmes conditions. Un mois après il est déclaré disparu (tué dit la fiche) à la Ville aux Bois dans l’Aisne le 16.9.1914. « un secours de 150 francs est alloué à Monsieur Lissar père résidant à Labastide Clairence ». Officiellement donc, un Lissar vaut 150f base 1914 soit : 416,41 euros, somme très raisonnable. Le Lissar n’ayant jamais fait l’objet de spéculations effrénées.

 

         L’autre Jean François : un destin parallèle.

JFrançois fils de Bernard et de TV Waldesca Sambeat est un rappelé lui aussi. La guerre n’est pas le théâtre, être rappelé ne procure aucun plaisir. Conscrit au recrutement d’Agen, il n’est pas répertorié dans les Registres Militaires déposés aux Archives des Pyrénées Atlantiques. Mais son père, oui, permettant de reconstituer l’itinéraire familial. Dès la fin de son service militaire, en 1886, ses parents partent pour le Lot et Garonne, à Agen où il doit naître, contrairement à ce que mentionne sa fiche. Et lorsqu’il meurt des suites de ses blessures à l’hôpital militaire de St Dié (Vosges) sa famille est toujours domiciliée à Agen, 17 rue Maille.

Lissart est un nom connu dans le Lot et Garonne, souvenez-vous du vieux soldat Lissart natif de Golfesche. Il serait intéressant d’en savoir davantage.

         Enfin Jean Joseph,l’aîné de Jean Baptiste et Marie Lavignasse, né à Bidache le 12 juin 1889, avant que la famille quitte cette commune pour s’installer à Labets Biscay fonder une des branches Lissart, encore présente.(cf Les Lissar(t) du XXème siècle). Classe 1909, matricule 1578 au recrutement de Bayonne. Tué à l’ennemi le 18 Août 1916 à Verdun ou plus exactement à Ketebois, commune de Damloup (Meuse). C’est bref et sec comme la balle qui l’a abattu. La Patrie reconnaissante.

 

        Blessés, Décorés, Engagés, les Héros anonymes :

Bernard Lissart né le 4 janvier 1848 à Labastide Clairence (du moins a-t-il fourni un certificat le prétendant), aura-t-il vu les premiers Teutons de près. Il était à Sedan. Part le 15 juin 1869 pour le 96° de Ligne par devancement d’appel, il fait la guerre éclair de 1870 contre l’Allemagne. Il y en aura d’autres. Blessé le 1er setembre 1870, coup de bayonnette à la jambe droite, il reste en captivité jusqu’au 21 juin 1871. Il revient, se marie avec Marie Hourqueigt et exerce son métier de serrurier sur Bayonne et Biarritz.

Bertrand Lissart né le 28 décembre 1806 à Anglet est l’un des fils des Angloys François et Marie Banquet. Il s’engage dans l’Infanterie de Marine à 19 ans le 24 janvier 1885 sous le matricule 20862 et passe soldat de 1ere Classe quatre ans plus tard. La Marine, bonne fille, lui fait voir des pays qu’ils n’osait imaginer, planté sur les quais de Bayonne. La Cochinchine, en 1885, la Nouvelle Calédonie jusqu’en 1889, sur des navires aux noms exotiques/ésotériques, le Sagalien, le Hatal, l’Océanien. Tout cela lui vaut la « médaille commémorative du Tonkin ». Il se marie sur le tard  avec une veuve, Jeanne Bégards, en 1923 à Anglet et continue à aller rôder sur les quais. Au cas où.

Étienne Lissart (souvenez vous, le transformiste !), né le 27 juillet 1866 à Lahonce, a fait campagne lui aussi mais à pied. Parti le 12 novembre 1887 pour le 27° Bataillon de Chasseurs à pied (sans s), matricule 144, clairon (c’est moins lourd que le barda). Il « fait » la Tunisie, comme l’on dirait aujourd’hui, de 1887 à 1888. Mais, on le chante bien, c’est la mer qui prend l’homme ». A partir de 1893 il est inscrit maritime au Quartier de Bayonne, matricule 1236, en qualité de matelot et profite d’une fenêtre météo, à terre pour se marier en 1896 à Urcuit avec Laurence Lafargue.

Jean Lissar, parlementaire et maire d’Hasparren (cf Jean Lissar, père et fils, un destin exceptionnel), en sa qualité de médecin, a assuré, durant la guerre 14-18, l’organisation et la direction d’un hôpital militaire installé pour la circonstance dans sa ville.

Jean Baptiste François Joseph Lissart, né à Bidache mais dont les parents, Bertrand et Jeanne Marie Rosières en sont partis pour les environs de St Palais, a été rappelé en 1914. Blessé « par schrapnelle ? » le 29 décembre 1914, il bénéficiera d’une pension de retraite de 636 francs (1705,60 euros). Décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre avec Palmes.

Bernard Lissar d’Hasparren est d’abord dispensé de service en tant que fils aîné de veuve. Né le 8 septembre 1877, bardostan d’origine par son père, Bernard, époux de Marie Dachary. Rappelé en 1914, il est détaché fin 1915 à la Compagnie Française des Métaux à Deville lès Rouan, puis, en mai 1818 à Castelsarrazin. Démobilisé en 1919. Il était marié depuis 1908 à Bayonne avec Gracieuse Derguy.

Arnaud Lissart est un frère cadet de Jean Baptiste F.J. vu ci-dessus. Affecté par le Conseil de Révision de St Palais aux Services Auxiliaires, c’est dans ce cadre qu’il est rappelé en 1914. Il est affecté à la Poudrerie de St Médard en 1916 et à l’usine Gros et Bouchardy en 1918. Il était marié depuis 1912 à Lantabat avec Marie Charlot.

Baptiste Lissar, aîné d’une famille de huit enfants, est d’abord dispensé puis effectue son service à partir de 1899. Rappelé lui aussi en 14, il fait la guerre et sera démobilisé en février 1919. Né à Hasparren, comme ses frères et sœurs, le 3 novembre 1874, il résidait à Ayherre au moment du Conseil de Révision, où avait déménagé ses parents, Jean et Marie Soubelet. Décédé à Itxassou en 1959 comme sa sœur Jeanne mariée là avec Teillerie St Martin.

François Lissart, classe 1899, autre fils de Bertrand et Jne Marie Rosières, est parti en Argentine, à Ponte Vedra et à Tres Arroyos, Province de Buenos Aires en 1908.

Paul Lissart également. Fis de Bernard (cf guerre de 1870) et de Marie Hourqueigt, il est signalé à Santiago du Chili en 1899 au moment de son incorporation le 16 novembre 1900.

Dominique Lissar, autre fils de jean et Marie Soubelet (° 4.7.1879) est incorporé au 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique et fait campagne en Algérie de 1900 à 1903. Lui aussi part à Buenos Ayres (orthographe de l’Armée), avant 1910 semble t’il.

Antoine Lissar, frère au précédent, est d’abord dispensé par le Conseil de Révision, son de 1900 (Art.21 frère sous les drapeaux) Remarque : on ne peut être sur les drapeaux à cause de la hampe, ça pique le derrière. Puis il fait son service à partir de 1901 mais, rappelé en 1914, il fait la guerre dans son entier. Décédé prématurément en 1926 à Bayonne.

Gracien Lissar, fils de Noël et Gracieuse Çaldichoury est affecté aux services auxiliaires par le Conseil de Révision de Labastide Clairence en 1901.  Il émigre à Buenos Aires en 1907 et se trouve donc hors d’Europe lorsque éclate la guerre.

Joanès Lissar, autre fils de Jean et Marie Soubelet (° 13.9.1883) d’Ayherre est incorporé au 7° Bataillon de Chasseurs à pied (toujours sans s) le 16 novembre 1904 et part pour Buenos Aires en 1910. Hors d’Europe également.

Jean Pierre Lissar, le dernier des fils de Bernard, décédé, et de Marie Dachary d’Hasparren, a, comme d’autres, doublé son temps militaire. Après une campagne en Algérie de 1905 à 1907, affecté au 11° Bataillon d’artillerie à pied (avec s ?), Rappelé en 1914, il fait campagne d’abord sur le front de 1914 à 1917 puis en Orient de 1917 à 1919. Cela lui vaut décorations : Médaille de la Victoire, Médaille commémorative d’Orient avec agrafe « Orient »( ??), Médaille commémorative Serbe.

Jean Lissar est le dernier fils de Antoine et Marie Labrouche, né le 14 janvier 1885. Classe 1905 il n’a peut être pas tiré au sort (suppression le 21 mars 1905). Mais le résultat est le même que les copains : double carrière militaire ! D’abord à partir de 1906 au 8° Régiment de Cuirassiers, matricule 3054. Ensuite rappelé, il fait la guerre jusqu’au 11 novembre 1918. Marié à Marianne Jaureguiberri (St Martin d’Arberoue, 1929).

Jean Baptiste Lissart, un bastidot, fils de Guillaume et Marie Pinaquy. Même ration, double. Service militaire sans histoire au 49° Régiment d’Infanterie, soldat de 2° classe, à partir de 1906 . Rappelé en 1914, il est gravement blessé à Craonne de sinistre mémoire le 19 septembre 1914 : « plaie pénétrante de l’articulation du genou gauche par éclat d’obus ». Décoré de la Médaille Militaire, Croix de Guerre avec Palme. Citation : «soldat courageux qui a donné maintes preuves de dévouement et de bravoure. Très grièvement blessé le 12 mai 1916 au cours d’un bombardement. Amputé de la cuisse gauche ». Pension de retraite de 750 francs.

Pierre Lissar, né le 26 mai 1886 à Hasparren, de Jean et Marie Soubelet habitant Ayherre  en 1906 au moment du Conseil de Révision de leur petit dernier. Il est incorporé le 7 octobre 1907 au 6° Régiment d’Infanterie, soldat de 2° classe, tambour. Quelques roulements plus tard, le voilà en Juin 1911 à Buenos Aires puis, après un bref retour à Irissarry, maison Sabalette, nouvelle traversée pour, cette fois, Fresno en Californie (décembre 1912). Définitive ? Hors de France lorsque éclate la Grande Guerre.

Jean Baptiste Lissar, encore un fils de Noël et Gracieuse Çaldichoury, s’engage dans la Marine. Inscrit maritime au Quartier de Bayonne le 11 juillet 1907 (n°795) il arrive au 4° dépôt de Rochefort le 14, matelot de 3° puis de 2° classe infirmier. Il quitte la Grande Bleue en 1913 pour être classé dans l’affectation spéciale des Chemins de Fer du Midi puis dans différents régiments.

Jean Joseph Lissart de Labastide Clairence, 2° fils de Guillaume et Marie Pinaquy, appartient, lui aussi, à cette génération sacrifiée. Service militaire anonyme au 133° Régiment d’Infanterie à partir du 8 octobre 1908. Rappelé, il fait la guerre en deux temps. Blessé au bras droit le 27 mai 1916 devant Verdun, il est affecté à l’intérieur mais revient au front le 28 juillet. Sa bravoure lui vaut cette citation : « excellent brancardier toujours disposé à partir pour aller effectuer la relève des blessés dès qu’ils sont signalés, s’est particulièrement distingué pendant les combats du 8 au 12 juin 1918 en allant relever les blessés de différents régiments dans des conditions très difficiles ». Croix de Guerre étoile de bronze. Marié en 1922 à Labastide Clairence avec Suzanne Mongabure.

Jean Pierre Lissar, dernier né, c’est promis, de Noël et Gracieuse. « c’est pas l’homme qui prend la mer »…Si. Incorporé le 28 novembre 1913 au 3° dépôt des équipages de la Flotte, matricule 57945. Apprenti-marin (« avant d’être capitaine, il faut être matelot » reprenez en chœur !), quartier-maître de manœuvre en 1918. Inscrit définitivement à la matricule des gens de mer le 28 janvier 1920 au Quartier de Bayonne, n°1096.

Joseph Lissart, dernier né, c’est promis, de Guillaume et Marie, de Labastide Clairence. Incorporé directement, en pleine guerre, le 8 janvier 1916, il n’aura pas connu l’épisode tragi-comique du départ « la fleur au fusil ». Soldat de 2° classe, d’abord blessé le 31 juillet 1917 en Belgique. Disparu à Noyon le 25 mars 1918, prisonnier (de mai à novembre 1918), rapatrié et démobilisé le 29 septembre 1919. Marié à Labastide Clairence avec Louise Heuga en 1924.

Jean Baptiste Lissart : il n’aura jamais eu 20 ans. Ce troisième enfant et premier fils de Bernard et Marie Etcheverry est mort en bas âge, à un an. Au regard des Autorités Militaires et Administratives il a cependant été déclaré « bon pour le service » au Conseil de Révision de Labastide Clairence de 1918, n° 48, profession cultivateur, noté ABSENT.

Vous pouvez en rire ou en pleurer, selon votre humeur.

Ici s’arrête la saga de nos valeureux troufions. Leurs successeurs eux aussi seront rappelés le 1er septembre 1939 pour la der des der, juré. Après la « drôle de guerre » leur campagne fut de très courte durée. En deux mois, mai et juin 40, l’affaire a été réglée, sans recours aux prolongations cette fois. Ensuite, la France a été occupée, très très Occupée. Mais ceci est une autre Histoire.

 

 

  Petit Lexique de la Guerre à l’usage des pacifiques (que ça)

 

L’obus : « L’eau bue éclate » le calembour qui a fait mourir de rire (pour de vrai) des générations de troufions. Et encore aujourd’hui.

L’uniforme : trop égalitaire, doit être orné ou non de barrettes et d’étoiles pour savoir qui risquera sa peau en premier.

Képi : sa visière devait permettre en principe d’avoir une vue générale des opérations. Inutile dans les tranchées.

Casque : aujourd’hui on le porte pour prévenir les accidents mortels. En temps de guerre on le porte pour provoquer les accidents mortels. Logique.

Fusil Lebel : avec son copain l’uniforme il donnait de la prestance au soldat. D’où l’expression : le bel uniforme que voilà ! C’était en 1913.

Canon de 75 : rien à voir avec la Grosse Bertha. Une chopine comparée à un trois-quarts de Bordeaux.

Tranchée : s’applique maintenant à la Poilâne aux 5 céréales, élément indispensable de la diététique contemporaine. Si le Poilu l’avait connue ! Mais avec des si, on pourrait refaire les guerres.

Bleu Horizon : contrairement aux récits d’épouvante de nos livres d’Histoire, il faisait beau quelquefois en 14-18. Le beau temps rend tout de même la guerre plus agréable !

La Madelon : qu’est devenue la Madelon ? Sert-elle toujours à boire ? La consommation de vin a dramatiquement chuté en France depuis la Grande Guerre.

Ligne Maginot : égérie d’André (Maginot) elle affichait sans complexe sa forte taille et ses rondeurs. Les Allemands ont dû la contourner en 1940 pour nous rendre visite. C’est malin !

La “drôle de guerre” : qu’est-ce qu’on a ri ! Un video-gag plus vrai que nature ! Avec ses cascadeurs, ses pétards, sa castagne… Une très bonne soirée sur écran plasma, sanguin évidemment !

Chemin des Dames : on l’imagine bordé de camélias. Mais cette variété fragile n’a pas supporté les gaz. Les pissenlits, oui, que l’on mangeait de préférence par la racine .

Croix Rouge : une bonne idée, le rouge est moins salissant à la guerre qu’une couleur pastel qui nécessiterait 36000 lessives.

Baïonnette : l’équivalent pour le soldat de l’aiguille de la couturière. La guerre en dentelles a ses adeptes.

Taxis de la Marne : pour une fois, le populo a pu se rendre à l’Hôtel de Verdun en taxi, avec chauffeur s’il vous plaît ! On dit merci !

Boche : avec moche et caboche, font partie du vocabulaire courant sans que l’on ne sache très bien pourquoi.

“En joue“ ! on pense d’abord à la bise sur la joue des petits mutins de 14-18. Pas du tout. Adossés à un mur, les yeux bandés, ils auraient voulu se pincer la joue comme pour sortir du cauchemar. Mais, les mains liées derrière le dos, ils n’ont pas pu. Ensuite, tout s’est passé très vite.

“Garde-à-vous” : d’abord, on ne comprend pas. Garder quoi ? Le corps ? La boue ? La barrière ? Les fous ? Les malades ? Les meubles ? Les prés fleuris comme les gardes-champêtres ? Quand enfin on comprend, le squelette se redresse, le bras cassé dirige la main raidie vers le képi. On est prêt pour la Guerre.

Germain : prénom de très mauvais goût à l’époque. A éviter pour les garçons. Germaine passe mieux chez les filles. Les femmes ne comprennent rien à la guerre.

Patrie : en danger en permanence. Lequel danger peut être fort éloigné, dans la brousse congolaise ou les rizières du Tonkin par exemple.

Le clairon : contrairement à son nom, il ne semble pas apporter plus de clarté à la stratégie militaire.

……à la prochaine………


 

Rappelez moi votre nom ?

 

Tout le monde a un nom. Nom d’une pipe ! Nom d’un chien ! Nom de Dieu ! Même les noms. Nom de noms ! Les oiseaux aussi. D’ailleurs, ces gracieux volatiles seraient bien peinés d’apprendre que, traiter de noms d’oiseaux son voisin, ce n’est pas bien. Bien ou mal porté, tout le monde a un nom. Les Lissart n’ont pas à se plaindre, ils se fondent dans le paysage. Basques chez les basques, gascons en Gascogne, corréziens en Corrèze, tangos en Argentine et autres en autres lieux. Les Lissar, raccourcis malgré eux, ont relevé la tête, ce que n’a su faire Louis le XVIème.

 

Courte Histoire du nom de famille :

Nos ancêtres se sont longtemps contentés d’un seul nom, pratique imposée par la généralisation du christianisme d’abord puis par les Francs ( les invasions germaniques, déjà !). Mais l’expansion démographique des XI et XIIème siècles oblige à distinguer parmi les nombreux Arnaud, Raymond, Pierre et Martin. Quand celui-ci perdait son âne, on ne savait à qui le ramener ! Aucun texte ne l’a jamais ordonné mais les gens ont été dotés par l’usage de surnoms : nom du père, du lieu habité, de leur métier, de leur caractères physiques ou moraux.. Personnels à l’origine, ces noms se sont transmis de façon héréditaire à partir du XIIIème siècle. Pas de Wilma Lissart chez les Cro-Magnon, seulement un grognement et la soupe était servie. De part leur très grande diversité originelle, les noms de personnes sont, plus que les prénoms subissant les effets de mode,le reflet de notre civilisation, de nos particularismes. L’anthroponymie est devenue une science, encore jeune, mais qui nécessite une certaine rigueur. Un patronyme (nom de famille en français, surname en anglais..) doit être localisé, ses formes anciennes étudiées. Nés du langage parlé, ils ont été orthographiés au gré des rédacteurs (notaires, prêtres, officiers de l’Etat Civil) avant que le Livret de Famille en France en 1877 ne les fixent définitivement souvent arbitrairement. Les Lissar(t) en sont une preuve.

 

Les catégories de patronymes :

Essayons de les classer par catégories, illustrées de noms de familles alliées aux Lissar(t).

         Noms de baptême ou de saints :

Basques : Petrissans

Gascons : Arnaudin,(diminutif)

         Noms personnels :

Basques : Arosteguy

Gascons : Balirac, Bouzout, Caubet, Dubarbier, Lafargue, Lajournade.

         Noms d’animaux :

Basques : Dachary, Çaldichoury.

Gascons : Sanglar.

         Noms de maisons (domonymes) :

Basques : Detchart, Etcheverry, Laco, Martirena.

Gascons : Casaux, Casenave.

         Noms de lieux (toponymes) :

Basques : Aguerreberri, Angulu, Biscay, Derguy, Eliçabelar, Heguy, Lassabe, Laxalde, Lissonde, Lorda, Mogabure, Monthen,Sabalette.

Gascons : Ambielle, Bellocq, Caumont, Carrère, Darrigues, Darrioumerlou, Dupouy, Lavielle.

         Noms de végétations, de cultures..

Basques : Amestoy, Cambossarry, Garisoain, Harispe, Larralde, Larre, Pinaquy, Sarrhy, Sorhaburu, Soubelet ; Suhas(t).

Gascons : Ducamp, Hourqueigt, Labrouche, Lartigue, Lavignasse, Noguès, Rosières, Vivier.

Patronymes basques et béarnais :  

Notre échantillon confirme la règle : au Pays Basque et en Béarn, les patronymes proviennent essentiellement des noms de lieux (toponymes) lesquels ont déterminé le plus souvent les noms de maisons (domonymes). La maison-souche, ETXE ou CASE, détermine l’individu, soit l’héritier(e) qui le perpétue, soit les cadets renommés après un mariage avec une héritière, surtout en Béarn. Très peu, donc de patronymes personnels, au contraire des autres provinces françaises.

 

  Lissar(t), un nom Basque ?

 

La question peut paraître saugrenue puisque les spécialistes ont tranché : ce nom sous ses deux formes figurent en bonne place dans les dictionnaires de patronymes, notamment dans le plus complet d’entre eux (le Dictionnaire des Patronymes Basques de Philippe Oyhamburu). Il dériverait des mots basques LIZA (le frêne) ou LEIZA (gouffre, grotte). Pourquoi pas ? Cependant, au cours de mes recherches, les doutes se sont accumulés au point d’être maintenant persuadé que ce n’est pas le cas.

Les critiques découlant des recherches généalogiques :

Ces recherches ont consisté en un dépouillement exhaustif des registres paroissiaux et d’État Civil de toutes les communes du Pays Basque (à partir du dix-septième siècle pour les plus anciennes).Une objection majeure :

Lissart et Lissar sont expliqués dans l’ouvrage de référence de Ph.Oyhamburu indépendamment l’un de l’autre, en deux endroits différents du lexique et de deux manières différentes : LISSAR (gouffre, grotte), LISSART (entre les frênes). Cette présentation donne à penser que ces patronymes se sont développés dans la région, à partir de toponymes (noms de lieux), évolution caractéristique du Pays Basque il est vrai. Or il n’en est rien : les recherches généalogiques prouvent de manière formelle que LISSAR est une variante orthographique de LISSART à l’occasion des migrations, à partir de Bidache, l’épicentre, vers Bardos d’abord, Hasparren un peu plus tard. Méconnaissant la réalité de leur évolution, l’auteur a simplement appliqué à ces noms les règles communément admises en la matière. Ce qui ôte toute crédibilité au résultat.

LISSAR n’existe pas au Pays Basque (français) en tant que tel. Ou réduit à un cas unique qui pose plus de questions qu’il n’en résoud : le 8 septembre  1693 naît à Bayonne Pierre Lissar fils de Pierre Lissar ,marinier, et de Jeanne de (illisible). Père et fils, venus de nulle part disparaissent des registres.

Que penser maintenant de LISSART ? Si l’étymologie est lizar+(ar)te (entre les frênaies) ou leiza+(ar)te (au milieu des gouffres), la forme originelle du nom, LIZARTE ou LISSARTE aurait dû préexister puis coexister comme, par exemple,(ER)RECARTE avec (ER)RECART. Il n’en est rien : LIZARTE et LISSARTE n’existent pas au Pays Basque (français). On peut penser, en outre, que si les Lissart ont perdu leur T final lors de leurs migrations au début du Dix‑neuvième siècle,c’est que la consonne ne s’entendait pas, ne se prononçait pas n’avait donc pas cette origine.

Les variations orthographiques du nom LISSART : cela n’enlève rien à la démonstration mais il est vrai que le nom a subi de nombreuses variantes que l’on peut qualifier d’erronées et d’accidentelles parce que concernant des actes, des individus isolés. Exemples : Liçart, Élisart, Lisart, Leyssarrague, Éllissalt, Dellissalt,Lissald…Le rattachement de ces variantes au nom générique LISSART a pu être effectué grâce aux méthodes habituelles : filiation, parrainages des enfants, témoins et surtout maison,lieu incontournable de la vie des familles. La cacographie (mauvaise orthographe) concerne surtout les paroisses et plus tard les communes où les Lissart se sont aventurés (Macaye, Mendionde ,Amorots-Succos…),leur nom étant moins connu. En revanche, à Bidache, paroisse d’origine, l’orthographe est remarquablement stable.

La fausse dispersion des noms de LISSART et LISSAR : l’auteur, Ph. Oyamburu, cite les communes où on peut les rencontrer. Cet effort de renseignement louable est d’un intérêt limité pour la généalogie s’il n’est pas accompagné de dates précises. En outre, il donne la fausse impression (voulue ?) que le nom est basque puisque disséminé dans cette région ou aux abords immédiats (Sud des Landes). En fait, la dispersion de ces deux noms obéit uniquement aux migrations familiales et non pas comme cela pourrait se comprendre, à des foyers de développement, historiques et distincts.

L’origine des LISSAR(T) : leur ancêtre commun est Thomas de Lissart (de n’est pas une particule noble mais le signe d’appartenance à un nom), décédé à Bidache en 1710 à l’âge d’environ quatre‑vingt ans. Vivait également avec lui son frère Jean (ou ses deux frères Jean). Ces Lissart semblent venus d’ailleurs. Thomas est surnommé dans l’acte de décès « capuchon », un surnom personnel, comparable au chaffre gascon, très inhabituel au Pays Basque, surtout dans les actes d’état civil. Thomas et Jean (et autre Jean ?) ne sont pas nés à Bidache. Aucune trace non plus du décès de leurs parents, oncles et tantes,autres frères et sœurs. Par contre, leurs épouses portent des noms connus à Bidache (de Noguès, Dupoy, Sabalette). Un fait troublant : Thomas avait trente‑six ans lors de la naissance de sa fille Marguerite, l’aînée de ses enfants. Âge élevé pour un homme à cette époque. Une hypothèse invérifiable, certes : leur venue pourrait être liée aux Seigneurs de Grammont (domesticité, soldat…) ou bien au fameux droit d’asile généreusement accordé dans cette souveraineté à tel point que l’on disait : «Qu’an toucat lou martet de Bidache »

Les critiques tenant à la toponymie et à la domonymie :

LISSAR(T) : nom de lieu et nom de maison inconnu au Pays Basque .

On sait qu’au Pays Basque l’immense majorité des patronymes sont liés à des noms de lieux (toponymes) ou à des noms de maisons (domonymes). Rien de tout cela dans les Pyrénées-Atlantiques (cf les ouvrages de l’archiviste P.Raymond et du Professeur J.B Orpustan). Pourtant, le frêne ou les cavités de toutes sortes sont répandus au Pays Basque. Très ennuyeux pour un nom réputé d’origine ancienne. Soit dit en passant, les noms de LISSAR et de LISSART sont totalement absents des tables onomastiques récapitulant dans l’ordre alphabétique tous les documents d’archives d’Ancien Régime des Pyrénées-Atlantiques, travail considérable réalisé, fin dix-neuvième par P.Raymond déjà cité.

Les toponymes LISSART existent….mais ailleurs !

Tout un chacun peut s’en convaincre, non sans étonnements. Il suffit de surfer,pas sur les vagues de la Côte Basque, mais sur Internet : tapez « LISSART » ou sa variante « LISSARD » et vous verrez que ces lieux sont présents dans le Sud de la France, quelquefois dans le Nord. Exemples : Domaine Lissart de Miège,La Bastide de Fau 15140 Le Fau ; Camping Lissart 8117O Marnaves ; Moulin de Lissart à Lédergues (Aveyron) ; Camping Lissart à Marssac sur Tarn ; Lycée d’Enseignement Agricole Clair Foyer Lissart à Caussade ; Lieu-dit Lissart de Fagot à Monclar de Quercy 82230 ; Lieu-dit Lissart paroisse de Lagarde (Aveyron) ; Chemin Lissard à Montpitol (Haute-Garonne) ; Lieu-dit Lissard à Lewarde près Douai ; Lavoir de Pré Lissard à Effiat,Aigueperse etc…

Étonnement encore plus grand, le nom lui-même est répandu,relativement s’entend, et ancien. L’acte des Invalides cité plus haut nous montre l’existence de ce nom dans le Lot et Garonne. Il n’est pas raisonnable de penser que dès le dix‑septième siècle, des Lissart basques auraient quitté leur région et fondé famille ailleurs. Les noms de Lissart et Lissard se sont développés dans le Lot et Garonne,Tarn et Garonne,Centre de la France entre autres (cf la carte de France des noms) L’étonnement n’est pas terminé : Lissart et Lissard existent aussi dans les pays anglo-saxons,l’Irlande et les Etats-Unis . Un exemple pittoresque : un acteur nommé Lissart joue le rôle d’un Lieutenant de vaisseau pirate dans un opéra comique «The Pirates of Penzance, présentée en Nouvelle Zélande en 1881 ! »La terre tourne et notre tête avec ! Rappelez-vous, nous sommes partis de Bidache et repartis d’ailleurs, puisqu’il n’y reste plus personne.

 

En guise de conclusion

Pourquoi se priver d’une explication vraisemblable à défaut d’être vérifiable ? Compte tenu des éléments ci-dessus, je pencherai pour l’étymologie proposée par J ASTOR dans son Dictionnaire des Noms de Famille et des Noms de Lieux du Midi de la France. Lissart et Lissard proviendraient de « essart », signifiant « terre défrichée », toponyme et patronyme répandus, assortis de nombreuses variantes. Une autre piste non citée pourrait mener vers les métiers de la tapisserie(cf la Haute‑Lisse et la Basse‑lisse), sous toute réserve évidemment.

Rien ne permet d’affirmer que les Lissar(t) soient Basques. Doit on le regretter ? Espérons toutefois que le Jour de l’Indépendance venu, ils échapperont à l’épuration ethnique à laquelle ce petit recueil semblent les destiner !


 

Étymologie des noms basques des familles alliées 

 

AGUERREBERRI : de Ager +Berri

       Ager : endroit découvert, en vue, exposé

         Berri : nouveau, récent

AMESTOY : de Ametz, le chêne-tauzin

ANGULU : de Angelu, toponyme basque emprunté au latin Angellu(m), diminutif de Angulu(m) signifiant : terrain bas, enfoncement.

AROSTEGUY : de Arostegi, la forge. Arotz est le forgeron. Le double R est une mauvaise transcription (cacographie). Equivalent gascon : Hargou et Hau et leurs dérivés.

AROTÇARENA : la maison du forgeron

BISCAY : de Bizkai, Bizkar, élévation de terrain, faîte, sommet..

ÇALDICHOURY : le cheval blanc. De :

         Zaldi : le cheval

         Xuri : blanc, clair

NB : la lettre C n’existe pas dans la langue basque.

CAMBOSSARRY : origine incertaine, mêmes difficultés que pour la commune de Cambo.

         Cambo : mot gaulois signifiant « courbe de rivière », gamo ou gamou équivalent du roman camou, latin campu(m)

         Sarri : fourré, brousailles.

NB. La lettre C n’existe pas en basque.

ELIÇABELAR : devant l’église.

         Eleiza, Eliza, l’église vient du latin ecclesia.

         NB. La lettre E n’est jamais accentuée en basque.

DACHARY : de Axeri, le renard.

DERGUY : incertain. De Ergi, bouvillon ? emplacement de village ?

DETCHART : la maison du milieu, intermédiaire. De :

         Etche : la maison

         Arte : entre, au milieu de.

ETCHEVERRY : la maison neuve (etche+berri). Un des patronymes les plus répandus au Pays Basque, 89 grahies différentes recensées. Dans la langue basque comme ailleurs, plus un nom est courant, plus il subit d’altérations. Parfois le ET initial tombe.

GARISOAIN : lieu de champs de blé. De Gari : blé.

HARISPE : sous les chênes. De Aretz, le chêne.

HEGUY : de Hegi, le bord, la berge, le coin, la proximité..

IMBILIA : non répertorié. Peut être une déformation orale et écrite de AMILIBIA

         La rivière qui dévale, la fosse de la rivière, du gué. De Amil+Ibi.

LARCADÉ : non trouvé.

LARRALDE : lieu à proximité des landes. De :

         Larre : lande, terrain inculte. L équivalent gascon est Lanne.

         Alde : à côté de.

         NB. Apparaît dès 1245 à Anglet, Macaye, Urrugne.

LARRE : lande, terre inculte, pacage.

LASSABE : en bas du ruisseau. De Lats, ruisseau, cours d’eau.

LAXALDE : à côté du ruisseau. De Lats, ruisseau et Alde, à côté.

LISSONDE : à côté de l’abîme. De :

         Leize : abîme, gouffre, précipice..

         Ondo : à proximité, parages..

LORDA : Lieu de charriage, de transport de bois. De Lor + Di.

LACO : Le pressoir, la cuve. De Lako. Equivalent gascon : Trouilh.

MARTIRENA : la maison de Martin.

MOGABURE : à l’extrémité de la borne frontière. De :

         Muga : pierre dressée, borne frontière. Equivalent gascon : Hita (Hitte, Fitte et leurs composés).

         Buru : la tête, l’extrémité.

         NB. Variantes : Mogaburu, Mongabure, Mongaburu..

  MONTHEN : orthographié également Montein.

         Sous toute réserve : Monthoin, Montoin, monceau, tas (cf montón en espagnol).

PETRISSANS : Pierre-Sanche. Association des deux prénoms, Petri,Petri (Pierre) et Sanz, Santx. En Euskadi Nord, ils personnalisent la misère.

PINAQUY : Pinède. De Pino, Pinu, le pin.

SABALETTE : vaste étendue, large espace. De Zabal : idem.

SARRHY : fourré, broussailles. De Sarri : idem.

         NB ; nombreuses variantes orthographiques.

SORHABURU : extrémité du champ cultivé. De :

         Soro : champ cultivé.

         Buru : tête, extrémité.

SOUBELET : bois de chênes kermès De Zubel+eta.

SUHAS(T) : arbre. De Zuhaitz, l’arbre.

 

Étymologie des noms gascons des familles alliées

 

ADYUDÉ : non répertorié. Hypothèses :

         Ajude, Ayude : aide, secours.

         Diu bous ayde : Dieu vous aide, bonjour, salut. Diusaide est un nom salisien, celui d’une domengeadures répertoriées dans

AMBIELLE : dans la ville. Du latin apud (dans, sur) et villa  (propriété agricole, village, ville). En gascon : Vièla ou Bièla.

ARNAUDIN : de Arnaud, origine germanique (Arin, l’aigle et Wal-dan, gouverner). Un des noms individuels les plus portés en Béarn depuis le Moyen Âge.

BALIRAC : très rare. Du latin Valerius et –acum (domaine de Valerius).

         Cf Baliracq Maumusson dans les Pyrénées Atlantiques.

BANQUET : diminutif de banc (en français ou en gascon).

BELLOCQ : beau lieu. De Beth(beau) et Loc(lieu).

De BESTAN : non répertorié. Hypothèses :

         Du gascon Bastaa (enclos).

         Du gascon Bestiaa (bétail).

         Du navarrais, cf la vallée du Bastan, route de Dantcharia à Pampelune.

BOUZOU(t)S : du latin Bonus Homo, personne noble.

CARRÈRE : rue de village, chemin charretier. S’applique à la maison située au bord de cette voie. Équivalent basque : karika.

CASAU(X) : maison rurale roturière avec ses terres autour. Plus récemment, ce mot désigne le jardin seulement. Anciennement casal du latin casa et suffixe –alem.

CASENAVE : maison neuve. De casa (maison d’habitation). C’est l’un des multiples noms dérivés de Case, comme Etche en basque (équivalent : Etcheverry)

CAUBET : homme chauve. Du latin calvus et suffixe –ittum. Nom individuel très ancien en Gascogne.

CAUMONT : des villages de Gascogne portent ce nom. Soit calvus mons (mont chauve), soit une réinterprétation du pré-indo-européen, Kal.

DARRIGUES : du gascon Arric, ravin, torrent. Équivalent basque ; erreka.

DARRIOUMERLOU : ruisseau boueux, marneux. De Arriu et Merle, Merlò, la marne.

DUBARBIER : nom de métier. De barbèr, le barbier.

DUCAMP : de Camp, le champ.

DUPOY, DUPOUY : Hauteur, monticule. Du gascon Poey (latin podium).

DUTHEN : deux hypothèses :

         De Then (tenure, pièce de terre), nom donné à un tenancier, exploitant agricole non propriétaire.

         De Ten, aphérèse (chute des premiers éléments sonores d’ un mot) de Arnaut.

HOURQUEIGT : bois, terrain boisé. Du gascon Horc (latin furca). On ne peut exclure, dans certains cas, le sens de fourche, de jonction de chemins.

LABROUCHE : deux hypothèses :

         Du gascon Broisha, la sorcière.

         Mais plutôt, de broc, épine, de brossa, la broussaille.

LAFARGUE : la forge. Du gascon,Hau, Faur, le forgeron. Très nombreuses variantes et dérivés.

LAJOURNADE : mesure agraire ancienne valent à peu près un arpent. Du gascon Jordana. S’appliquerait à des champs ou à des journaliers.

LARTIGUE : terrain défriché. En gascon Artiga. Origine pré-indo-européenne.

         NB. En français Essart. Dans le Midi de la France, a donné le patronyme Lissart, Lissartier et plusieurs variantes (cf Lissart, un nom basque ?).

LAVIELLE : du gascon Vièla (latin villa, propriété agricole, village, ville).

LAVIGNASSE : grande vigne. Du gascon Vinha et suffixe augmentatif –asse.

MONNET : De Raymond, nom individuel très répandu au Moyen Âge. En gascon, Ramon et son diminutif affectueux, Ramonet.

De NOGUÈS : du gascon Nougué (latin nucarium), le noyer.

ROSIÈRES : du gascon Ròsa (latin rosa), la rose. Très nombreux dérivés à partir de cette racine.

SANGLAR : du gascon Sangla(r), le sanglier.

VIVIER : du gascon Viver(Bibèr), le vivier. Latin,vivarium.

 

WALDESCA SAMBEAT : Santa Waldesca est une Sainte espagnole. Une petite chapelle (una ermita) lui est consacrée dans les montagnes du Haut Aragon.

Sambeat peut être originaire de St Béat en Haute Garonne. Du latin sanctus beatus.

 

 

  Épilogue

 

Comme le temps passe ! On blague, on blague et nous voilà au tout début du XXIième siècle ! Le Réveillon de l’An 2000 est déjà loin. Contrairement aux prédictions les plus pessimistes, la Terre de nos ancêtres n’a pas explosé dans le gigantesque feu d’artifice promis, à côté duquel celui de Biarritz n’est qu’un vulgaire paquet d’allumettes de l’ancienne Seita. Tout ne va pas pour le mieux cependant mais les Lissar(t) sont toujours là. Du moins ceux que l’on connaît, chacun dans propre famille. À partir de 1903 comme il a été dit, le généalogiste public doit céder sa place au détective privé. Que sommes nous devenus ?

Après 1945 les mutations économiques et sociales s’accélèrent. La mobilité géographique et professionnelle, les transformations de la famille, rendent plus difficile le suivi des individus. En revanche les documents abondent . Papiers, photographies, meubles et objets, maisons témoignent d’un passé récent. La généalogie, plus complexe, devient aussi plus vivante, entretenant la mémoire du généalogiste, toujours menacé d’amnésie antérograde, se souvenant parfaitement de Thomas l’ancêtre mais oubliant le prénom du dernier petit neveu !

Même si les Lissar(t) appartiennent incontestablement au Patrimoine Mondial de l’Humanité, il ne faudrait pas qu’ils deviennent des Chefs d’œuvre en Péril ! Alors, à vos PC,CD.ROM, DVD, WEBCAM, PHOTONUMÉRIQUE, PALMPILOT, SMS,TEXTO, que sais-je encore, j’ai de la peine à suivre…Actualisez la Généalogie de votre branche familiale et, pourquoi pas, communiquez‑la aux autres. Plus on est de Lissar(t), plus on rit !

Bonnes recherches et…longue vie aux Lissar(t) !!!!!!

 

NB : un grand merci à tous, connus et inconnus qui ont facilité les recherches, aux rats affamés qui se sont privés pour nous laisser quelques traces de notre histoire.

 

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