Aux Récart de Pédeberdoly

 

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Aux Récart de Pédeberdoly, les derniers métayers ..

Dédié à Luc dit Auguste Récart & Marguerite Audap, mes grands parents, Yvonne ma mère épouse Domecq, Marie épouse Sanglar, Alexis, Octavie épouse Baronnet, Raymonde la « petite sœur » mes oncle et tantes, Monique et Martine, mes « cousines préférées », Christiane et Bernadette, perdues de vue.. La ferme Pédeberdoly, devenue bien moche, veille toujours sur la Bidouze en contre bas.

Bardos en Labourd

Basques et Charnègues.

La province du Labourd ,partie occidentale du Pays Basque ne connaît pas, au moins depuis le Moyen Age, d’autres divisions administratives que sa quarantaine de paroisses devenues communes à l’époque moderne, à la différence de la Basse Navarre et de la Soule qui sont subdivisées en pays et vallées. Elle est délimitée au Nord par le fleuve Adour, mot qui viendrait du basque Aturri, apparent composé de Ithurri « source, cours d’eau », latinisé en Aturris. Délimitée à l’Ouest par l’Océan Atlantique (qui a longtemps appartenu aux Basques ?), à l’Ouest par la Basse Navarre, autre province du Pays Basque Nord. Ainsi, alors que quelques kilomètres seulement les séparent, Bardos est en Labourd, Bidache en Basse Navarre. Voilà ce que disent les érudits basques.

Pour les érudits gasconisants, Bidache, serait le centre du « pays charnegou » signifiant métis quand on est poli, bâtard pour être franc, mixte en tout cas. Comme le pâté d’alouette, un cheval (gascon), une alouette (basque). Grand petit pays au carrefour de la Gascogne (Sud des Landes), et du Pays Basque (Labourd et Basse Navarre). A quand les autocollants « je suis fier d’être charnegou » ? A quand l’indépendance tout simplement ? Haram tot peta !!

Toponymie du lieu : Bardos, Bardoze, Bardoztarr.

En premier, vous aurez reconnu le nom officiel en orthographe française, tel qu’il a été imposé par la République, Une et Indivisible, impérialiste et insensible aux cultures locales. Ensuite le nom usuel basque, enfin celui de l’habitant en orthographe basque. Bardos est déjà répertorié dans les documents d’archives en 1203, 1249, 1305. Ce toponyme de type nettement basco – aquitain n’a pas varié. La base est le terme très répandu en territoire gascon de « bard ou bart » donné à des terrains bas argileux et boueux et à la végétation correspondante. Comme la plupart des dérivés en –os de la toponymie gasconne et basque, celui-ci est donc sans doute à base géographique. Donc « lieu de terre argileuse ». Pourtant la paroisse de Bardos et son château étaient  situés essentiellement en hauteur et leur  nom serait d’origine gasconne ? Va comprendre Charles ! Sources: Toponymie basque. JB Orpustan. PU de Bordeaux.

Toponymie d’habitat : les noms de maisons à Bardos.

Comme partout en Pays Basque, la plus grande partie est de très ancienne tradition. . Le professeur JB Orpustan a recensé les noms des maisons médiévales au Pays Basque à partir de sources documentaires datant du début du 15° siècle ou plus tard. Sans reproduire la liste in extenso, voici quelques noms (domonymes) que l’on retrouvera liés directement ou non aux Récart de Bardos (Nom des maisons en graphie basque suivi de la date de la première mention connue) :

Maisons nobles : SALA (1203 domus de Bardos), abrite aujourd’hui la Mairie.

Autres maisons : ALBINORITZ(1594 : fait partie des noms transplantés d’Armendaritz après la guerre de Thibaud de Navarre de 1249. AMEZTOI (1594 Amestoy). AROTZETXE (1594 Arotcheche). ARROZPIDE (1594  Rospide). AZKARATE (1501 Escaratz de Bardos). AZTEGI (1594 Asteguy). BERRHOETA (1594 Berhouet). ERREKARTE (1557 Récart). ETXARTE (1594 Etchart). ETXEBEHEITI (1594 Etchebeheity). ETXEMENDI( Etchemendy). ETXESARRI (Etchessarry). HEGI (1594 Heguy). JANOTZ (1561 Ianotz). JELOS (1594 Gelous). KURUTXETA (1594 Crutchette). LARRE (1249 le Lana). LATSAGA (1594 Latzague). MACQUILLET (1528 nom roman). MENDI (1469 Mendy). PALOMARES (1502 nom roman). SANTUQUE de BAS (1594 nom roman). TRENTHOMAS (1594 nom roman). ZELHAI (1594 Celhay). ZUHASTI (1577 Suhast). ZUHIGARAY (1594 Suhigaray). Beaucoup subsistent de nos jours, cadastre et cartes IGN en témoignent

Les sources documentaires :

Les registres de l’Etat Civil :

Une manière plus complète de connaître les habitants de Bardos est de dépouiller les registres paroissiaux et à partir de 1792 ceux de l’état civil. Les registres de baptêmes sont tenus à partir de 1637 (avec quelques déficits), les sépultures à partir de 1646, les mariages seulement et malheureusement à partir de 1727. Comme dans beaucoup de communes des déficits (absence de registres) sont à déplorer mais ils n’ont pas été un obstacle majeur. Une bonne nouvelle pour les rats d’archives (équivalent généalogique des grenouilles de bénitiers) le tout a été numérisé, mis à disposition aux Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques et bientôt (2° semestre 2008) mis en ligne sur internet.

Autre mine de renseignements, les minutes notariales. Les générations de notaires se succèdent à partir de 1632 (notaire Antoine Casenave). Le notaire joue, à cette époque, un rôle central dans la communauté villageoise dont les usages familiaux, économiques, financiers, juridiques transparaissent dans les actes (cf plus loin).

« Bardos » aux Editions Ekaina :

Cet ouvrage collectif, fruit de nombreuses recherches d’archives a constitué un tremplin idéal pour l’étude plus approfondie d’un nom que le monde entier nous envie mais qui gratte il est vrai un peu la gorge : Récart, RRécart, RRRécart. Voilà vous vous sentez mieux ! Respirez.

ERREKART,GAXOA !! Un nom basque …au pays charnègue 

 

Récart, un Nom basque.

L’étymologie du nom :

Comme l’immense majorité des noms de famille (patronymes) basques Récart est d’abord un nom de lieu (toponyme).

ERREKA désigne un ruisseau, un ravin où coule un ruisseau.

ERREKARTE (erreka + arte) est un lieu situé entre les ruisseaux (les ravins). Dans un pays vallonné comme le Pays Basque, ils abondent. Aussi le nom est il très répandu, à partir de plusieurs lieux de développement, dont Bardos.

Les toponymes donnent leur nom aux maisons basques (domonymes). Il existe toujours d’ailleurs (du moins l’emplacement) une maison Récart à Bardos (D318 vers Orègue). Curieux hasard, mais le pays est petit, elle est habitée par la famille Arnaudin, apparentée aux Lissart de Bidache par le mariage le 24.11.1896 d’Armand Arnaudin & Jeanne Marie Lissart, fille de Jean & Suzanne Balirac. Il est probable que les Récart sortent de là. En 1517, un obiit (service funèbre) est célébré pour Joannon de Récart Sieur de la maison de Récart. Un document conservé au Musée Basque (Fonds Yturbide) daté des 14 et 15 mai 1619 mentionne les noms de Auger d’Arrecard et Jehan d’Arrecard parmi les habitants assemblés dans l’église. Pourtant, curieusement, quelque temps auparavant, le 3.2.1594, aucun Récart ne figure dans ce même type d’assemblée qui rythmait la vie, démocratique dirait on aujourd’hui, des paroisses basques et béarnaises. Délibérations et décisions toujours transcrites dans un acte notarié.

Son écriture :

L’étymologie explique mais l’usage impose la prononciation et la transcription écrite (actes paroissiaux, actes notariés).

Au 17° siècle on écrit Derrecart ou de Récart, voire Errecart. Fin 18° Récart s’impose à Bardos, mais en d’autres lieux, Errecart a subsisté. Concernant « de Récart », n’espérez rien, la préposition « de » n’est pas une particule nobiliaire, elle indique simplement et pour la très grande majorité des gens, l’appartenance à une maison - souche (Etche), une lignée. Les noms propres n’obéissant pas aux règles de l’orthographe, on peut rencontrer des Arrecard (cf plus haut), Réccart, de Récquart, résultant de la fantaisie ou de l’ignorance des scripteurs. Et encore ! Récart est un nom simple, d’autres noms basques transcrits phonétiquement donnent des résultats surprenants. L’avantage est que l’on a une idée plus précise du langage parlé. Cela concerne aussi les maisons. Inversion de syllabe : Galharrachoury devenu Halgarrachoury. Equivalence de lettres : de Vidart ou de Bidart, Albinoritz ou Arbinoritz. Transcription phonétique : tc = ch dans Iratchette , ss = ch dans Lichabe.. H initial écrit ou non dans (H)iribarnegaray. La palme revient incontestablement à Arnautenea (la maison d’Arnaud) abcholument machacrée : Dernautoua, Dernognon, Dernaugnoa, Dernognoa, Ernagno.. Scrognogno !! Kasu !! Gaxoa !! C’est pour cela que l’on chante à voix douce les berceuses. Pour ne pas effaroucher les nouveaux nés.

Sa transmission :

Qu’importe l’orthographe pourvu que le nom se transmette, mais comment ? Rappels de « fils de »  dans l’histoire. La coutume, consacrée par l’instauration de l’état civil à la Révolution, voudrait que cela soit de père en fils . Mais c’est sans compter avec le droit d’aînesse, fondement de la transmission du patrimoine, de la pérennité de la maison – souche. Rappelons les principes : l’héritier est l’aîné(e). Le mariage entre deux héritiers est donc impossible. Pour les cadets et cadettes, dans le meilleur des cas, il leur faut trouver un(e) héritier(e). Le mariage entre cadet et cadette se traduit en général par l’installation du couple dans une métairie, après un court séjour dans la maison familiale. Sinon c’est le célibat, au service de la famille ou d’un tiers (domestique, servante) ou bien l’entrée en religion, ou l’exil ! L’héritier mâle d’une maison transmet évidemment le nom à ses enfants. Avec sa femme ils deviennent Maître et Maîtresse jeunes et cohabitent avec la génération précédente des Maîtres vieux. Par contre, un cadet marié à une héritière devient Maître adventice (littéralement : qui vient de l’extérieur), gendre des Maîtres vieux. Selon l’usage, il sera surnommé du nom de la maison de son épouse. En Béarn, il arrive même souvent qu’il perde, lui et ses enfants, son nom d’origine. C’est moins fréquent au Pays Basque et il semble que cela n’ait pas concerné les cadets Récart.

Ce pays conserve encore une réputation patriarcale, et pourtant le nombre d’héritières, filles aînées, est très important, de sorte que la propriété d’une maison ne reste pas très longtemps, 2 ou 3 générations, parfois moins, aux mains d’une même lignée. C’est frappant pour les Récart. Les maisons, elles demeurent. Quatre siècles après, on peut le constater sur la carte IGN. A titre d’exemples :

La maison de Récart est tenue pendant un siècle et demi, de 1517 à 1670 environ, soit 5 à 6 générations. A cette date elle passe aux Paguessorhaye par le mariage de Marie de Récart, fille aînée et héritière avec François de Paguessorhaye.

A l’inverse, la maison d’Albinoritz, sitôt possédée par Pierre de Récart (cadet de Jeannes & Gracy d’Etchessarry) marié le 14.5.1686 avec Marie de Jeanots héritière de la dite maison, sitôt cédée à la génération suivante par le mariage de Gracy l’héritière avec un cadet Bernard d’Amestoy (frère du notaire).Très intéressant sur le plan  des stratégies matrimoniales et patrimoniales, évidemment liées : le même jour, 14.5.1686, Petry de Jeanots épouse Marie de Récart, aînée de Jeannes & Gracy d’Etchessarry et héritière d’Etchessarry. La société rurale est ainsi faite d’alliances, de noyaux privilégiés de familles et de maisons, souvent stables dans le temps.

Les cadets moins chanceux vont voir ailleurs comme il a déjà été dit. Pierre Récart et Gracy Sallaberri mariés vers 1763 sont métayers d’abord à Berho, puis à la borde de Pagadoy à Orègue, enfin à Baile de nouveau à Bardos.

Déclin et disparition des Récart à Bardos :

Mais un nom n’est pas éternel. Toutes les branches familiales n’ont pas de descendance masculine. De ce fait, statistiquement, le nombre de noms portés dans un pays a tendance à diminuer. Phénomène compensé par l’arrivée des populations immigrées. Si vous cherchez dans l’annuaire vous trouverez des noms nouveaux à Bardos mais pas de Récart. Certains sont descendus, au sens propre, vers Bidache (Pierre de Récart & Marie Salleberrie mariés le 8.2.1777 à Bidache, maison Batchalette) puis sur les bords de l’Adour et le Sud des Landes.. Les autres branches se sont éteintes. Le dernier mariage (époux Récart) à Bardos remonte au 12.2.1825 (Pierre Récart & Marie Bichindaritz). La dernière naissance au 2.11.1836 (Marianne Récart fille de Pierre & Marie Bichindaritz). Le dernier décès au 1.5.1897 (Marie Récart veuve Bernard Curutchet). Déclin et disparition patronymique, démographique et bien sûr économique. Inutile de chercher des Récart propriétaires à Bardos dans les matrices cadastrales des 19° et 20° siècles ! C’est sans doute le destin aussi de très vieilles familles de cette commune, évidemment remplacées par d’autres.

 

 Restent les vieux papiers. Ratichons et ratounettes, rongeurs de tout poil, gare à la tapette, laissez nous s’il vous plait le plaisir de la redécouverte.

 Maisons et lignées.Héritiers, héritières. Cadets et cadettes.

Maisons et lignées 

 L’ETXE basque : un peu d’étymologie sans prétention. 

L’idée de maison est à l’origine de nombreux patronymes basques. Quatre termes peuvent les composer :

1-     Etxe, bien sûr, qui signifie maison, famille. Les sociologues la nomment Maison – souche (comme l’ostau béarnais). Exemple : Detcheverry, Etchessarry, Goïenetch, etc.

2-     (T)egi, suffixe des noms signifiant gîte, abri, maison (Egi est un suffixe local). Exemple : Asteguy.

3-     Enea, suffixe des noms de maison signifiant chez, la maison de .. Exemple : Arnautenea, la maison d’Arnaut.

4-     Sala, maison noble dans les emplois les plus anciens. Exemple : Sallaberry, de Salha. (Remarque : mot utilisé également en Béarn, dans Lassalle , un des patronymes les plus répandus. Viendrait (cf Dauzat) du germanique Saal « maison rurale avec une salle de réception » donc, par extension, grande maison, petit château).

D’autre part, la grande majorité des noms de maisons sont déterminés par leur lieu d’implantation. Voilà où les Récart de Bardos habitaient :

ALBINORITZ : obscur. Basque : albin+ (h) + itz : « lieu d’herbes jaunes, sèches »(tiré par les cheveux !!). Ibérique, latino-romain : dérivé de anthroponyme Albinus. Remarque : il y a dans l’Adour une île appelée Albinoritz ou Alminoritz et à St Pierre d’Irube le domonyme Albinoritz cité en 1366.

AMESTOY , Ame(t)z + toi : « bois de chênes tauzins »

ASCARAT, Aitz + garate : « passage en hauteur rocheux »

ASTEGUY, Ai(t)z +(t)egi : « lieu de rochers »

BATCHALETTE, Basa + lo(i) : bois boueux »

BERHO, Berro(a) : « taillis ou limite de terrain »

BIDART, Bide + arte : « entre les chemins »

BIDEGAIN, Bide + gain : « en haut du chemin »

CELHAY, Zelai : « plateau, plaine »

CHEDARRY, Etxe + arri : « maison de pierre »

CRUTCHETTE, Kurutx + eta : « endroit où se trouve une croix »

ETCHEBARNE, Etxe + bar(e)ne : « maison située à l’intérieur de .. »

ETCHEBASTER, Etxe + baster : « maison en bordure »

ETCHEBEHEITY, Etxe + beheiti : « maison située vers le bas »

ETCHESSARRY, Etxe + sarri : « maison située dans une végétation épaisse »

GALHARET, Galar + eta : « bois mort ou charbon de bois »

HABAINS, Abainz(a) : « lieu d’arbres, de fourrés »

HARGAIN, Ar(ri) + gain : « sommet pierreux »

HEGUY, (h)egi(a) : « bord, crête, extrêmité »

(H)IRIBARNEGARAY, Iri + barne + garay : « à l’intérieur du hameau, du village, en hauteur »

IRASSAR, Ira + zar : « la vieille maison »

JACMOT : dérivé du prénom Jacques (Jaime).

LAMBERT

LATZAGUE, LATXAGUE, La(t)s +  aga : « lieu de ruisseau »

(E)LISSONDE, El(e)iz(a) + ondo : « maison à côté de l’église »

MENDY, mendi : « la montagne »

PAGADOY, Paga + doi : « la hêtraie »

PITARRE. Basque pitar, « sorte de cidre ». Basque espagnol, pitarra « piquette ». Gascon pitarra « se gorger de boisson », pitarrer « vendeur de cidre ».

SABAROTS, Xaparr + otz : « emplacement de buissons »

URRUTY, urruti(a) : la maison éloignée, au-delà de ..

Comme vous le constatez, très peu de discothèques, de supermarchés, de péages autoroutiers. Le grand air.

 

Succession et droit d’aînesse :

La permanence de la maison-souche au Pays Basque, comme en Béarn d’ailleurs, a été assurée sous l’Ancien Régime, par l’application du droit d’aînesse, plongeant ses racines dans le Moyen Age, droit absolu en principe c'est-à-dire que l’héritier est le premier né quelque soit son sexe, contrairement à ce que pourrait  laisser supposer le caractère traditionnel de la société basque. En Labourd  et à Bardos en particulier, Jeannes et Gachucha sont ainsi traités à égalité, non pas au nom de la liberté individuelle mais au nom de la stabilité de la société rurale avec le concours actif du curé et du notaire. Héritiers et héritières avec leurs époux deviennent Maîtres et Maîtresses jeunes et cohabitent avec la génération précédente des Maîtres vieux. selon des règles coutumières rappelées souvent dans les contrats de mariage. Les maîtres vieux se réservant le plus souvent l’usufruit, l’administration effective de la maison pour le restant de leur vie. En cas de mésentente, les maîtres vieux conservent leurs droits à être entretenus et soignés mais rétrograde au rang de beau père et belle mère (en Béarn du moins).Les héritières très nombreuses à Bardos, transmettent leurs biens mais pas leur nom, les enfants portant celui de leur époux, un cadet nécessairement, devenant maître adventice de la maison de ses beaux parents. L’union entre deux héritiers est donc pratiquement impossible. Pourtant nous avons rencontré une exception avec celle de Pierre de Récart héritier d’Asteguy et de Catherine de Sarcou héritière de Lambert (CM du 16.2.1734) devenu maître d’Asteguy et de Lambert !

 

Le destin des cadets et cadettes :

Pour les (premiers) cadets et cadettes, de bonne maison s’entend, il leur faut trouver un(e) héritier(e). C’est ce qu’on fait les cadets de Récart, en premier lieu, Joannes, marié deux fois, d’abord à Latzague avec Marie de Larre (vers 1615) puis à Etchessarry avec Gracy d’Etchessarry (CM du 14.1.1663). Un cadet marié à une héritière devient comme on l’a vu, Maître adventice (littéralement : qui vient de l’extérieur), gendre des Maîtres vieux. Selon l’usage, il sera surnommé du nom de la maison de son épouse « Jeannes de Récart dit Sallenave ». En Béarn, il arrive même souvent qu’il perde, lui et ses enfants, son nom d’origine « Jean Domecq dit Maysonnave, devenu Maysonnave, ses enfants seront des Maysonnave ». C’est moins fréquent au Pays Basque et il semble que cela n’ait pas concerné les cadets Récart.

Les  cadettes Récart , valeurs sûres de la place de Bardos, ont intéressé les héritiers du lieu, tissant des liens entre les familles et les maisons : Maquillet, Hargain, Amestoy, Pitarre sont prises d’assaut dès le début du 17°, puis Durruty, Mendy, Jacmot, et autres succombent à leurs charmes, à leurs vertus, n’en jetez plus ! Vive les cadettes Récart !

Les derniers cadets :

Au grand banquet de la Nature, il n’est pas recommandé d’arriver en retard. Le mariage entre cadet et cadette de dernier rang se traduit en général par l’installation du couple dans une métairie : Pierre Récart et Gracy Sallaberri mariés vers 1763 sont métayers d’abord à Berho, puis à la borde de Pagadoy à Orègue, enfin de nouveau à Bardos, à Baile. Sinon c’est le célibat, au service de la famille, d’un tiers (valet, servante), de la religion, ou l’exil ! Cet exil peut se pratiquer en descendant vers Bidache par exemple où Pierre de Récart épouse le 8.2.1777 Marie Salleberrie de Batchalette. A la fin de leur vie, il n’est pas rare que, restés célibataires, ils lèguent par testament, touchant de simplicité, le peu de bien amassé, à leurs neveux souvent, à leurs maîtres parfois. A l’inverse, les testaments de maîtres prévoient le paiement des arriérés de gages, preuve s’il en était besoin qu’ils travaillaient pour rien. Là aussi, quelques exceptions, favorisées par les circonstances comme en témoigne l’irrésistible ascension d’Antoine Diratcette, cadet de Bideberry, valet de la maison de Lambert. Il épouse d’abord sa maîtresse ( ?) Marie de Récart veuve de Jean de Larre (CM du 6.7.1782) et devenu veuf à son tour et maître de Lambert, se remarie avec Jeanne Récart cadette de Chedarry (CM du 22.4.1822). Une exception aussi, celle de Bernard de Récart époux (~1707) Marie d’Asteguy, devenu maître d’Asteguy et auteur d’une abondante lignée dont sont issus les Récart de Bidache, notre branche. Merci Bernard !

 

Maisons et lignées, Récart et alliés :

Les Récart ! Les Récart ! Les Récart ! Oui, je sais, c’est un peu long ce baratin mais on y arrive. Qui étaient ces Récart et où habitaient ils ? Justement, les voilà. Au vu des documents d’archives disponibles, on peut penser que les Récart de Bardos sont issus de la maison du même nom, répertoriée dès le milieu du 16° siècle. Mais, la diffusion de ce patronyme sera l’œuvre des cadets de Récart à partir des maisons dont ils sont devenus maîtres.

 

RECART suivi de Sallenave et Sabarots :

Récart a été propriété des Récart pendant un siècle et demi, de 1517 à 1670 environ, soit 5 à 6 générations. Contre bien entendu une redevance au Seigneur du lieu (cf Terier de Bardos de 1659). C’est la plus longue occupation observée. Vers 1670 elle passe aux Paguessorhaye par le mariage, de Marie de Récart, fille aînée et héritière avec François de Paguessorhaye dont les descendants ne pourront la conserver. Cette maison deviendra une métairie vers le milieu du 17° siècle, au profit du curé et chanoine de Bidache, Pierre de Suhubiette, qui la revendra en 1773 à Larralde, négociant à Ciboure.

      Sallenave : Très vieille maison aussi (Auger de Salenabe est cité en 1619), Jeannes de Récart, cadet de Récart, en devient maître par son mariage (vers 1640) avec Jeanne de St Esteben, héritière, dite Sallenave dans les registres paroissiaux. Bigamie patronymique avantageuse, avec la bénédiction du curé ! C’est lui, dit Jean d’Arrecard, qui en déclare les biens fonciers dans le terrier de Bardos en 1659. La maison sera transmise d’abord à l’aîné, Jean, époux (vers 1673) de Marie de Mendiboure cadette de Lartigue, Catherine, sœur cadette, épousera un Martin de Mendiboure, usage bien connu des mariages croisés renforçant les alliances. Une curiosité dans la fratrie, la petite dernière fut baptisée Silvie, prénom inusité dans la paysannerie mais donné par sa marraine, Demoiselle Silvie de Grammont de La Salle. Sans doute décédée, non retrouvée par la suite. Puis vient  Joannes, époux en premières noces (vers 1705) de Jeanne Lartigue, couple discret, presque inconnu des notaires, et de l’état civil ,il est vrai abîmé et déficitaire début 18°, remarié certainement (1728) avec Gracy de Larre de Munho. Il n’a sans doute pas eu de postérité vivante et, par testament légue Sallenave à Joannes de Rospide & Jeanne de Janots d’Ascarat, mariés en 1736.

      Sabarots : Une incidente pour cette maison occupée brièvement. Elle appartient aux  Bidart depuis 1643, acquise par Jean de Bidart, dont la fille Jeanne aînée et héritière épouse Joannes de Récart cadet de Récart ( de Jeannes & Jeanne de St Esteben). Couple bien connu malgré le déficit de leur contrat de mariage de 1672, parce que Joannes est artisan thuilier (comme son beau père) et reconnaissable comme tel dans les actes notariés. Jeanne leur fille aînée, maîtresse jeune de Sabarots par son mariage (en 1697) avec Jean de Lahargou (famille alliée déjà mentionnée) l’abandonne (à qui ?) après son veuvage prématuré et son remariage (vers 1709) avec François de Garat maître de Mendy. Leur fils, Pierre, héritier testamentaire, leur succèdera dans cette maison , marié à … Jeanne de Récart cadette d’Albinoritz. Tout est dans tout voyez vous, à une petite demi heure à pied, loin des encombrements et des recherches ruineuses et aléatoires. Le bon sens près de chez vous, simplement.

 

LATZAGUE suivie de Celhay

Première marche de l’incroyable destin de Joannes de Récart cadet de Récart En épousant vers 1615 Marie de Larre hèritière par sa mère Jeanne Detchemendy fille de Petry sieur de Latzague, il en devient le maître… jusqu’au mariage de sa fille héritière à son tour, avec Pierre de Sorhouet (CM du 9.2.1637), nouveau maître jeune. La maison passe aussitôt aux de Sorhouet. Un maître chasse l’autre, comme chez les éléphants. Cet épisode du « Livre de la Jungle a été tourné sur place. Mais le demi-vieux maître n’a pas dit son dernier mot !(Cf Etchessarry)

      Celhay : comme St Martin partageant son manteau, Marie du même nom accueille (CM 30.5.1651) Petry fils de l’éléphant sus nommé et donc maître adventice de Celhay. Bingo ! Cette maison restera Récart durant quatre générations. Le look « so celhay » de leur fils Jean plaît à Jean de Suhigaray, écuyer, de la maison noble de Casenave, qui lui donne Marie, une de ses cadettes. Où vont-ils s’arrêter ? Deux générations après. Le 11.3.1736, Arnaud de Berhouet qui vient d’épouser l’héritière de Celhay, Marie, est pris de malaise. Non pas à cause des volailles grasses du banquet, mais en raison du défilé des créanciers de cette honorable maison criblée de dettes ! Il veut partir, un compromis est signé devant notaire. Rendors toi Arnaut, c’était un mauvais rêve.

 ETCHESSARRY suivie d’Albinoritz et d’Asteguy :

      Etchessarry :Latzague perdu, Etchessarry conquis grâce à son remariage avec Gracy d’Etchessarry veuve de Pierre d’Uhart et héritière. Son gendre, bien content, contracte pour lui (CM du 14.1.1663). Mais une seule génération de Récart là aussi , Ah ! les filles ! C’est l’aînée, Marie, qui en hérite par sa mère, ouvrant son cœur, peut être, et sa porte, certainement, à Petry de Janots (CM du 14.5.1686). Mais la leçon est comprise, la stratégie matrimoniale n’a souvent rien à envier à la stratégie militaire : les cadets Pierre et Bernard feront de même à Albinoritz et à d’Asteguy.

 ALBINORITZ suivie de  Hiribarnegaray et Bidegain.

      Albinoritz : Pierre se marie (CM du 14.5.1686) avec Marie de Jeanots héritière d’Albinoritz, maison, sitôt cédée à la génération suivante par le mariage de Gracy l’héritière avec un cadet Bernard d’Amestoy (frère du notaire). Le même jour, 14.5.1686, Petry de Jeanots épouse Marie de Récart, aînée de Jeannes & Gracy d’Etchessarry et héritière d’Etchessarry. La société rurale, comme déjà vu, est ainsi faite d’alliances, de noyaux privilégiés de familles et de maisons, souvent stables dans le temps. Albinoritz passe donc aux Damestoy, famille importante et influente à Bardos. Il n’empêche que le dit Bernard est un fameux goujat ! Dans son testament de 1776, il ne cite même pas sa femme, énumère « ses » enfants établis en mariage et lègue à Antoine, aîné et héritier « la cane, ses cullotes de pau, une paire de bautines », entre autres . Antoine, on dit merci à son papa .. et aussi à sa maman !

      Hiribarnegaray : Bernard de Récart, cadet d’Albinoritz, après un mariage curieux en 3 épisodes (! )(2 CM et le M lui-même en 1729) avec Marie de Suhast St Martin n’aura pas goûté longtemps aux charmes supposés d’Hiribarnegaray. Décédé prématurément en 1733, il laisse 2 enfants, Marie héritière qui apportera la maison dans sa corbeille de mariage à Pierre Dussaut de Courtessolle à Labastide Clairence (toujours ces liens avec la bastide voisine).

      Bidegain : Pierre, cadet, marié (1758) à Gracy Darotcheche héritière de Bidegain, disparait à 29 ans sans postérité masculine, leurs trois enfants décèdent en bas âge. Sa veuve se remarie avec Jean Larran du moulin neuf de Suhigaray.

Fin rapide donc de la lignée d’Albinoritz.

Tous les espoirs se reportent sur Bernard, dernier cadet (cf § suivant). Personne n’aurait misé un seul ardit sur le petit dernier d’un vieil homme deux fois marié. Arrivé sur la pointe des sabots, puis nominé, on peut lui décerner sans hésitation aucune le « Bernard du Labourt » pour sa nombreuse et remarquable descendance à laquelle, bien sûr, nous appartenons. Merci oncle Bernard !

 ASTEGUY et LAMBERT suivies de Durruty, Chedarry et Batchalette :

      Asteguy : Bernard, cadet d’Etchessarry, frère de Marie héritière d’Etchessarry et de Pierre maître adventice d’Albinoritz  s’installe à Asteguy en épousant après le décès de ses vieux parents, Marie d’Asteguy héritière de cette maison (CM 19.1.1707). N’étant que le tout dernier cadet, ce mariage est certainement une preuve de la notoriété d’Etchessarry, notoriété renforcée par l’union de cette maison avec celle de Lambert.

      Lambert : Voilà un cas peu banal, celui du mariage entre deux héritiers, pour des raisons non élucidées. Pierre de Récart héritier d’Asteguy épouse (CM 16.2.1734) Catherine de Sarcou, héritière de Lambert. Leurs nombreux enfants, pratiquement tous mariés, dont quatre garçons, essaimeront à Bardos et environs. Leur fille aînée, Marie, est un exemple rare d’indépendance méritant d’être raconté. Ses parents, surtout sa mère s’opposent à son mariage avec Jean Larre, malgré l’accord du curé Latsalde. Après un « acte respectueux » de sa part et un jugement favorable du Parlement de Bordeaux, le mariage peut avoir lieu le 5.6.1765 assorti d’un contrat du 6.2.1766. Après partage de la double propriété, elle habitera Lambert et ses parents d’Asteguy. Prématurément veuve, elle se remarie avec son valet de ferme ! Antoine Diracette, qui à sa mort, deviendra à son tour maître d’Asteguy et de Lambert !

Le curieux destin de ces deux maisons eu une seule propriété se terminera en eau de boudin avec leurs inventaires et partage au milieu du 19° siècle .. Mais il y a belle lurette que les Récart y ont disparu.

      Durruty : Pierre de Récart, avant dernier cadet d’Asteguy en devient maître adventice en épousant (1752) héritière du lieu. Soixante dix ans plus tôt, une Marie de Récart cadette avait épousé un Jean d’Urruty héritier. En core un exemple de maisons alliées. Mais le sort s’acharne, le couple n’a pas de postérité masculine, Gracy l’aînée, mariée à Jean Sarry, décède des suites de couches. Catherine, sa cadette, prend sa place, mariée à Jean de Semicourbe, mais ils n’auront pas d’enfants. Dans son testament de 1803, Catherine institue héritier universel Pierre Damestoy son neveu, veuf Hapette, remarié Esquerre.

      Chedarry : Jean de Récart, 3° cadet de Pierre & Catherine de Sarcou, entre dans les mêmes conditions à Chedarry ( 1783). Maison sitôt reperdue, avec le mariage de Marie aînée (Pierre , leur premier enfant est sans doute décédé) avec Jacques Dor (1811). Leur CM est intéressant, représentatif de léadaptation aux nouvelles lois républicaines et napoléoniennes : Marie reçoit le quart de la maison de Chedarry, par préciput et hors part. Sa mère se démet des trois quart restant en contrepartie de son entretien sa vie durant. Les frères et sœur se dispersent et migrent dans les environs, notamment Bernard, marié à Isturits, ses enfants seront nommés Errecart !

      Ernautenea : maison difficile à suivre, autant qu’à prononcer ! Appelons là Gnogno pour faire couleur locale. Fin 18° c’est une métairie occupée Marie de Rcart cadette d’Asteguy et son mari Jean Diratcette dit pourtant héritier de Crutchague ! Vers 1820, Arnaud de Récart (cadet d’Asteguy et de Lambert) dit Gozentene, d’abord métayer à Lissabe, et Marie Darotchetche en sont dits propriétaires. Bizarre ! D’autant que les enfants se dispersent, les deux derniers sont perdus de vue. Pas clair tout ça, scrognogno !

      Batchalette : Pierre de Récart & Catherine de Sarcou sont peut être les précurseurs des centres aérés. Ils aiment bien leurs dix enfants, même si Marie l’aînée n’en fait qu’à sa tête (cf plus haut), mais ils les préfèrent au grand air du large. Pierre ne supporte pas l’altitude, les hauteurs de Bardos lui donnent le vertige, Bidache est plus rassurante, les gabarres sur la  Bidouze mettent  Bayonne à portée de toutes les bourses. Ce sera donc Bidache. Ce sera Batchalette et Marie Salleberrie, bien sûr, tout compris. La famille, vient de temps en temps (cf parrains et marraines aux baptêmes des enfants). Une grande chance, pour nous, le premier est le bon et assure la descendance. La mortalité infantile frappe fort. Deuxième génération (Pierre Récart & 1807 Marie Dothart) idem, un seul garçon. La baraka ! Puis vient Jean Récart (&1844) Marie Mastoumecq, autre Jean Récart (& 1880) Marie Duclau, et enfin Luc dit Auguste Récart (& 1915) Marguerite Audap. C’est ici que commence l’histoire familiale, et, paradoxe, moins bien connue que celles des ancêtres. Appel à toutes les bonnes volontés ! Cela fera l’objet d’ un recueil à part, avec beaucoup plus de documents visuels espérons le.

 Héritiers, héritières, cadets, cadettes, qu’importent, les maisons, elles, demeurent. Quatre siècles après, on peut le constater sur la carte IGN. Mais, comme nous l’avons vu, les Récart ont « dichparrou »comme dirait Garcimore. « Dichparrou » je vous dis !

Des Récart dans les arbres: Personnages et destins

Des Récart dans les arbres

 Pas de moquerie déplacée ! Nos vénérés ancêtres n’ont pas vécu perchés dans les feuillages, se chamaillant et se grattant les puces ! Quoique. Mais du point de vue qui nous concerne, si l’on veut mieux les étudier comme font les scientifiques, il faut bien lever les yeux et explorer les arbres généalogiques. Sautons allègrement de branches en branches.

 

Des arbres livrés en kit :

Vous aimez passionnément vos ancêtres ? Vous avez une tapisserie en mauvais état ? Nous avons La Solution ! Composez une magnifique fresque grâce à Auger de Récart, l’ancêtre bouche trous et sa nombreuse descendance. Soit une hauteur de 0,63m, une longueur de 4,76m, pour une superficie de 3 m2 environ. Vous utiliserez 51 feuilles format A4 décorées à votre goût. En plus des aspects pratiques et esthétiques évoqués plus haut, intégrez ce tableau à votre vie quotidienne, à contempler les jours de spleen, à réfléchir (philo-logis), à se défouler au jeu de fléchettes les jours de rogne contre ces dégénérés qui vous ont refilé quelques cases en moins ! Bref, vous l’aurez compris, il est IMPOSSIBLE de faire UN SEUL arbre généalogique. D’où la présentation en kit annoncée. Merci IKEA ! La livraison comprend les arbres suivants, numérotés de 1 à 13. Aïe ! Malheur sur nous jusqu’à la 178° génération !

Remarque : le tableau Maisons et Lignées déjà vu est reproduit ici pour un meilleur suivi.

 

N°1 :Auger de Rcart, premier ancêtre identifié, dont Jeannes, l’aîné hérite de Récart et le cadet Joannes assure la pérennité des Récart durant deux siècles.

N°2 : Jeannes, héritier de Récart, époux de Catherine de Colombots, laisse la maison à Jean Galant et marie son cadet Jeannes à Salenave.

N°3 : Vue d’ensemble des Récart de la maison Récart (excepté Auger l’ancêtre) jusqu’à l’extinction du nom.

N°4 : Début de la très nombreuse descendance de l’incroyable Joannes de Récart, cadet de Récart, et maître adventice de Latzague puis d’Etchessarry. A suivre : ses trois cadets (Pierre N°5, Pierre N°6 et Bernard N°7).

N°5 :Pierre de Récart maître adventice de Celhay et ses successeurs jusqu’à l’extinction du nom.

N°6 : Pierre de Récart maître adventice d’Albinoritz et ses successeurs à Hiribarnegaray et Bidegain. Perte du nom à Albinoritz (Gracy de Récart & ~1711 Bernard Damestoy), à Hiribarnegaray (Marie de Récart & 1757 Pierre Dussaut) et à Bidegain (sans postérité).

N°7 : Bernard de Récart maître adventice d’Asteguy, début de sa nombreuse descendance dont Pierre fils aîné (N°8)

N°8 : Pierre de Récart et Catherine de Sarcou, tous deux héritiers, maîtres d’Asteguy et de Lambert et le début de leur nombreuse descendance, en partie migrante. Extinction du nom à Lambert (Mariages de Marie, héritière, avec Jean Larre  puis Antoine Diratcette).

N°9 : Pierre Récart, cadet d’Asteguy, métayer, et sa descendance, en partie migrante.

N°10 : Arnaud Récart, cadet d’Asteguy, métayer puis propriétaire d’Arnautenea, et sa descendance, en partie migrante.

N°11 : Pierre Récart cadet d’Asteguy, maître adventice de Batchalette à Bidache et sa descendance, dont les Récart « de Pédeberdoly ».

N°12 : Jean Récart, cadet d’Asteguy, maître adventice de Chedarry et sa descendance : perte rapide du nom et émigration à Isturits.

N°13 : Pierre Récart, cadet d’Asteguy, métayer et sa descendance, en partie à Ustaritz.

Ajout chiffres, perdus de vue…

(Gratuit, le Quarté du patron : l’As, le 4, le 8 et le 11!)

 

 

Personnages et destins 

On a du mal à s’imaginer combien pouvait être réglée, encadrée, la vie de tous les jours dans les sociétés rurales d’Ancien Régime, en Labourd comme ailleurs. Pourtant ces « gens de labeur » comme il est écrit dans les actes notariés, pouvaient avoir des destins sortant de l’ordinaire, ou bien se disperser, pas bien loin, certes, mais suffisamment pour que les relations  se perdent rapidement car la mémoire familiale ne dépasse guère deux à trois générations. Pas de personnages ni de destins hors du commun chez les Récart de Bardos mais quelques portraits d’individus ou de branches ne seront pas sans intérêt. Ancêtres, prêts pour la photo ? Ne bougeons plus ! Ouistiti ! Encore une fois ! Ouistiti ! Merci.

 

 Auger de Récart, ancêtre répertorié de la maison de Récart:

 

(Auger de Récart premier ancêtre répertorié à Bardos, époux vers 1585 de Jeanne de Janots)

Le nom d’Auger de Récart apparaît pour la première fois en 1619 (source Ekaina) dans une assemblée des habitants de Bardos accompagné d’un Jehan (cf plus haut). Hormis Auger, ancien prénom médiéval qui tombera en désuétude, les Récart de la première moitié du 17° siècle s’appelleront tous Jean, sous les variantes locales de Joannon (le plus ancien répertorié  décédé en 1517), Jeannes, Joannes, Joannet.. ce qui, joint à la négligence de l’écriture, n’a pas facilité les choses. Excepté le remarqué Jean Galant (cf ci-dessous).

 Les actes notariés ont permis de reconstituer le couple (marié vers 1585)  Auger de Récart & Jeanne de Janots, d’une très ancienne famille de Bardos également ( Déclaration des héritiers Dibarrart contre Jeannes leur fils le 10.12.1647).

Comme indiqué dans le tableau des « Maisons et lignées » ses deux fils Jeannes (de Récart) et Joannes (de Latzague puis d’Etchessarry cf plus bas) sont à l’origine des Récart de Bardos. Et les filles ? Catherine, Marie et Jeanne se marient sur place avec les héritiers de Maquillet, Hargain et Pitarre.

 

 Jeannes de Récart aîné, allié aux de Colombots de Labastide Clairence:

 

(Jeannes de Récart, aîné d’Auger & Jne de Janots, héritier de Récart, époux vers 1605 de Catherine de Colombots)

Les filles devront encore patienter une génération, pas d’héritières mais des cadettes Marie et autre Marie  bien mariées avec Gracian de Beherobie d’Amestoy dit d’Amestoy et Pierre de Crutchette de Habaings. Trop tard pour être invité à la noce mais vous pouvez lire le contrat de mariage des seconds, assez mal écrit mais premier acte de ce genre, ça s’arrose !

L’aîné, Jeannes, marié avec Catherine de Colombots vers 1605, son fils Jean Galant marié avec Marie de Lambert vers 1625 et son petit fils Jean avec Jeanne de Lahargou vers 1646 attestent des forts liens de la maison de Récart avec des familles issues de La Bastide Clairence, bastide érigée au XIIIème siècle et peuplée de manière externe, par des gascons essentiellement. De Colombots  étant  par ailleurs une famille d’origine noble. Cette parenté est souvent citée dans les contrats, Pierre de Colombots, beau frère, négociant par exemple. Cela donne une idée de la notoriété de la maison de Récart, mais il n’a pas été possible d’expliquer l’origine de ces liens.

 

 Marie de Lambert maîtresse femme:

 

(Jean Galant de Récart, aîné de Jeannes de Récart & Catherine de Colombots, héritier de Récart, marié vers 1625 avec Marie de Lambert. Décédé vers 1642)

Notre Jean Galant ne l’est, malheureusement pas pour lui, resté très longtemps. Galant et instruit, il est le seul Récart à nous avoir laissé sa signature ! (Marie, maîtresse d’école ?) Il décède prématurément vers 1642 laissant sa veuve « administreresse des enfants et biens ». Dans cette lignée très présente dans les minutes notariales, Marie de Lambert va effectivement se comporter en maîtresse femme, flanquée d’abord de son beau-père, puis seule à partir de 1646. Les actes ont, bien entendu pour objet l’argent, dettes, créances, héritages.. mais ils ont permis de reconstituer les filiations, du moins pour les individus vivants. De plus ils mettent en valeur un exemple d’indépendance féminine rare à l’époque, confortées par les aptitudes acquises dans cette famille de Lambert de Labastide Clairence en matière de gestion ainsi que par ses conseils et soutiens.

 

 Le début de la fin:

 

(Jean de Récart, fils de Jean Galant & Marie de Lambert, héritier de Récart, marié vers 1646 avec Jeanne de Lahargou. Décédé en 1672)

L’absence totale de documents ne permet pas de connaître la descendance de Jean Galant & Marie de Lambert excepté, heureusement, Jean, marié vers 1646, avec Jeanne de Lahargou (dont le nom est également issu de Labastide Clairence), comme déjà dit qui assure la continuité de la maison de Récart pour une génération encore. C’est en effet la fille aînée Marie ° 1651 qui héritera de Récart. Beaucoup de mortalité dans la fratrie, des célibats, du métayage pour Jeanne la cadette remariée avec Nantua de Luberriet. Son frère cadet, Jeannes dit Martin, décèdera le 14.11.1733 à 80 ans environ, célibataire, au moulin d’Ibarre. Mais une opportunité pour les de Paguessorhaye, en la personne de François, pour devenir maître de Récart. Les recherches n’ont pas été poursuivies mais il est certain qu’ils perdront la propriété de cette maison vers le milieu du 17° siècle. Le déclin de Récart est bien perceptible.


 Triste fin de vie pour Marie de Récart dernière héritière de Récart :

 

(Marie de Récart, 1651-1722, fille aînée de Jean de Récart & Jeanne de Lahargou, héritière de Récart, mariée vers 1670 avec François de Paguessorhaye)

Révélée par son 2° et dernier testament de 1722, un rien pathétique. Malade et infirme depuis de nombreuses années, elle déclare avoir été contrainte de quitter la (mauvaise) compagnie de son fils aîné, Joannes de Paguessorhaye, héritier de Récart et s’être réfugiée dans la maison d’Hobincette chez son gendre François Diratcette où elle est soignée par Jeanne sa fille cadette qu’elle a appelée à son chevet. Cadette sacrifiée pour la somme de 96 livres léguées par sa mère dans le testament cité. Laquelle Jeanne lèguera en 1738 ses maigres avoirs à ses frères et sœurs, 100 livres (à valoir sur ses droits de légitime) à son cadet Petit Jean, 5 sols (400 fois moins) seulement à l’horrible J P. et le reste à sa sœur aînée chez qui elle vit. Une vie gâchée, malgré la consolation de la religion, incarnée par le curé de Bardos qui recueille ses dernières volontés avant de les transmettre au notaire pour leur validité. A part cela, le pays basque est assez verdoyant.

 

Jeannes de Récart polygame patronymique ?

 

Jeannes de Récart cadet de Jeannes & Catherine de Colombots de Récart, époux vers 1640 de Jeanne de St Esteben, maître adventice de Salenave, décédé en 1681 non muni des sacrements !)

Une maison de perdue, une de trouvée, durablement. Jeannes, cadet de Jeannes & Catherine de Colombots devient maître de Salenave par son mariage (vers 1640) avec Jeanne de Saint Esteben ou d’Etchebeheity ou de Salenave. Jeannes est le précurseur de la polygamie patronymique. Retenons celui de St Esteben, le plus fréquemment utilisé par le notaire, le curé préférant Salenave. Le double nom est il un facteur de fécondité ? Testé pour vous. Réponse : oui, neuf exactement. Avec quelques curiosités. Au milieu des années 1650, le curé, saisi de folie antique « alienatio antiquae » rédige les actes de baptêmes en latin ! La petite avant dernière est prénommée « Silvie », le dit curé n’ayant pas étudié le grec, prénom de la marraine Dame Silvie de Grammont de la Salle. Diable ! on ne se mouche pas à la manche chez les Récart de Salenave, sauf dans la dentelle ! Les enfants grandissent, les parents leur cherchent un destin bien tracé, sauf Nanard, le petit coquinard.

 

  Bernard de Récart, cadet, même pas pacsé !

 

(Bernard de Récart, cadet de Jeannes de Récart & Jeanne de St Esteben de Sallenave, en ménage vers 1688)

(Bernard ° 1654 ?) qui fait deux enfants sans « faire solemniser l’union face Ste mère l’esglise catholique appostolique romayne » comme l’écrit le notaire. Nanard déteste le latin. Sa compagne, dirait on aujourd’hui, se nomme Marie Sorhaburu ou encore Chingorrine, délicat patronyme aujourd’hui malheureusement disparu (de Xingar, lard ou Xingor, graisserons). La civilisation basque ne connaît pas l’anorexie. Et si c’était lui encore ? En 1703, un Bernard de Récart surnommé « naigne » (équivalent de gnagne en béarnais ?), garde des bois et prairies, mais oui, proteste vigoureusement contre les jurats qui l’ont remplacé injustement par un dénommé Champaigne. Quoiqu’il en soit, le dit Champaigne n’aura pas connu les clôtures électriques, la fée blanche n’étant apparue à Bardos que vers 1960, à des années lumières de New York.

 

 Joannes, dernier cadet, finit au ruisseau :

 

(Jeannes de Récart, cadet de Jean de Récart & Marie de Mendiboure de Salenave, célibataire, 1690-1743)

Le désespoir aux champs (suite). Joannes, dernier cadet se suicide sans doute, discrètement, tout comme l’acte de décès : « trouvé noyé dans un ruisseau qui est au dessous de la borde de Pajot ». Laconisme bien éloigné des rassurants passeports pour l’éternité « après avoir reçu les Saints Sacrements … ». Une dizaine d’années auparavant, il s’était pourvu devant le Sénéchal de Grammont, pour obtenir de son frère aîné, héritier de Sallenave, le paiement de sa légitime (part d’héritage). Un compromis fut passé devant notaire, vu le peu d’importance de ses droits. L’aîné promet 40 livres lorsqu’il se mariera et une rente annuelle de 12 livres en attendant. Soit quelques pintes de pitarré (mauvais cidre) à l’auberge. Peut être est ce sur le chemin du retour 

 Jeannes, héritier sans postérité :

 

(Jeannes de Récart, aîné de Jean & Marie de Mendiboure, héritier de Salenave, marié vers 1705 avec Jeanne de Lartigue, remarié en 1728 avec Gracy de Larre, décédé en 1748 sans postérité)

L’aîné reprend bien entendu Salenave, marié à Jeanne de Lartigue. Ce couple très discret n’encombre pas l’étude du notaire, ce n’est pas bon signe. La lignée Salenave s’éteint comme avant elle les pharaons. La pyramide, au lieu de s’élargir se rétrécit irrémédiablement, faute de postérité. Jeannes de Récart et  Gracy de Larre de Munho sa seconde épouse (CM du 1.3.1728) laissent la place (Testament de 1744) à Joannes Rospide & Jeanne de Janots d’Ascarat leurs héritiers (neveu ?)

 

 Joannes de Récart, de Sabarots, « thuilier » :

 

(Joannes de Récart, cadet de Jeannes & Jeanne de St Esteben de Salenave, marié vers 1672 avec Jeanne de Bidart de Sabarots, maître adventice de Sabarots)

Revenons à Jeannes de Récart époux St Esteben, sieur de Salenave. Son aîné héritier de Salenave, le fils cadet Joannes s’installe à Sabarots en épousant Jeanne de Bidart héritière du lieu. Le toit ne risque pas de lui tomber sur la tête, son beau père est tuilier, il le sera aussi. Il nous est connu surtout par les actes notariés où il intervient en tant qu’artisan ou pour des affaires familiales (obligation entre les deux frères du 14.3.1692). La succession est laissée à l’héritière, Jeanne, mariée à Jean de Lahargou (le monde est petit) vers 1695. Remariée avec François de Garat (CM du 11.1.1709) elle le suit à Mendy. Ah , les filles ! Pas de nouvelle des cadets.

 

Avec la perte des maisons de Récart, de Sallenave  et de Sabarots disparait le nom de Récart issu directement de la maison de Récart. Heureusement, le cadet Joannes, au service de sa propre personne, conquiert deux cœurs et deux maisons et sauve tout à la fois l’honneur, le nom et le roman feuilleton! Un cadet basque plus fort qu’un cadet de Gascogne, c’est très fort !

 

 Joannes de Récart, « double Récart » :

 

(Jeannes de Récart, fils cadet d’Auger & Jeanne de Janots, marié vers 1616 avec Marie de Larre, remarié en 1663 avec Gracy d’Etchessarry, maître adventice de Latzague puis d’Etchessarry, décédé en 1696)

Un « double Récart » sinon rien ! C’est à peine croyable mais les documents notariés concordent malgré les lacunes de l’état civil et les résistances cartésiennes.. Joannes de Récart, fils cadet d’Auger & Jeanne de Janots, les fondateurs, aurait eu deux vies en une, très longue évidemment, achevée le 4 juillet 1696, dit sieur d’Etchessarry, sans précision d’âge malheureusement. Mais reprenons.

Tout commence par le contrat de mariage de Jeanne de Récart & Pierre de Sorhouet le 9.2.1637 où les liens familiaux sont parfaitement décrits comme il convient dans un acte qui unit et oblige l’ensemble du groupe. Jeannes le père y est dit sieur de Latzague de par son mariage avec Marie de Larre, fille de Jean & Jeanne Detchemendy, elle-même héritière de Latzague. Beau père (Jean de Larre) et gendre (Jeannes de Récart) contracte donc ensemble et dotent leur fille et petite fille future épouse, dite héritière universelle. Pierre de Sorhouet, futur époux, ravi, devient sieur jeune de cette maison. La vie continue, Jeannes qui a déjà un fils cadet Pierre (futur maître de Celhay, cf plus bas), a la joie d’avoir un petit dernier, autre Pierre, en 1640. En calculant au plus juste, cela le fait naître fin 16° siècle vers 1596. La vie continue, Pierre de Sorhouette revient chez le notaire. Ce n’est pas pour lui, ni même pour son chat, mais pour son beau père, absent, afin de contracter mariage avec une veuve, Gracy d’Etchessarry, héritière de la maison du même nom. On entrevoit une fin de vie paisible,  talo ta xingar au casse croûte, une bonne soupe, un bon feu. Pas du tout ! Pire que les feux de l’amour ! Trois autres enfants viennent égayer notre vieillard, tous biens dotés et mariés. Notre incrédulité ne résiste plus devant son testament de 1696, parfaitement clair, sauf qu’il ne cite pas son premier mariage (possible et fréquent). Il est vrai que, viré de Latzague, cela ne le concernait plus. Alors, qu’en dites vous ? Vrai ou faux,  il est beaucoup plus drôle en tous cas de descendre de ce phénomène que d’un rejeton quelconque de bâtard royal ! Pour vous donner sa dimension, cette bête généalogique serait à l’origine des deux tiers des Récart et plus encore des maisons occupées. Actuellement, avec un mini lot de deux enfants, on se sent bien peu de chose.

 

« Il est des films où, à moment donné, une scène fantastique accompagnée d’une musique à dessouder les osselets nous rive au siège, diminue d’intensité puis touche à sa fin. Les gens se lèvent pour partir mais l’histoire continue. Ici également, rasseyez vous »

(police Broadway BT)

 

 Jeannes de Récart et son écuyère :

 

(Jeannes de Récart 1655-1735 aîné de Pierre & Marie de St Martin, héritier de Celhay, époux vers 1683 de Marie de Suhigaray,)

Alors là, Jean, total respect ! Un signe prémonitoire ? Son acte de baptême est rédigé en latin, le curé épate la sacristie, espère accumuler des smiles pour le paradis. Et le conte de fée se poursuit par  son mariage avec, tenez vous bien en selle, Marie de Suhigaray, cadette de la maison noble de Casenave, fille de Jean de Suhigaray, écuyer et de Marie de Detchebeheity. Les armes de cette famille seront celles de la paroisse de Bardos : « Ecartelé, aux 1 et 4 d’azur à trois pilier

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s d’or ; aux 2 et 3 de gueules au chêne d’argent et un ours d’or passant au pied de l’arbre ». En couleur, c’est encore plus joli. La mariée apporte une dot de 900 francs en espèces en plus de celle en nature habituelle. Les Récart, père et fils n’ont pas signé, tant leurs mains tremblaient.

 

 Petry de Récart précurseur du speed dating :

 

(Petry de Récart, 1685-1740, fils unique de Jeannes & Marie de Suhigaray, héritier de Celhay, marié vers 1710 avec Jeanne de Paguessorhaye, vers 1711 avec Suzanne Dachary, en 1715 avec Marie de Halgarachoury, sans postérité masculine)

Se marier à Bardos relevait plus de la stratégie que du coup de cœur, mais les règles du jeu étant connues de tous, les affaires ne traînaient pas en longueur. Sauf pour Petry, fils unique et héritier, malchanceux ? capricieux ? Trois prétendantes, Jeanne de Paguessorhaye (tôt décédée ?), Suzanne Dachary de Bidache, Marie de Halgarachoury enfin, trois contrats de mariage, dont le 2° annulé, c’est un record. Au 3° contrat il est dit émancipé par son père, il a 25 ans et l’âge de raison. La troisième épouse est la bonne mais il demeurera sans postérité masculine. L’annulation d’un contrat de mariage était chose rare et grave, l’affaire fut portée devant le Sénéchal de Grammont en « procès criminel ». Petry ma tuer. Rien de moins.

 

 Où l’on retrouve les de Janots :

 

(Pierre de Récart cadet de Joannes & Gracy d’Etchessarry, marié vers 1686 avec Marie de Janots, maître adventice d’Albinoritz)

(Marie de Récart 1663-1702, aînée de Joannes & Gracy d’Etchessarry, héritière d’Etchessarry, mariée vers 1686 avec Petry de Janots cadet d’Albinoritz)

De Janots est un nom très ancien, provenant du prénom Jean, devenu patronyme au Moyen Age. Cette variante régionaliste est plutôt gasconne. On a, au tout début, fait connaissance avec Jeanne de Janots, épouse d’Auger, notre ancêtre vénér. Trois générations et quelques décennies plus tard, voici Marie et Petry contactant un mariage croisé, le must en matière de stratégie matrimoniale. Marie apporte Albinoritz, Petry entre à Etchessarry.

 

 Bernard Damestoy, fils de bonne famille et goujat en dernier lieu :

 

(Gracy de Récart 1690-1750, aînée de Pierre & Marie de Janots héritière d’Albinoritz, mariée vers 1711 avec Bernard Damestoy)

Lorsqu’en 1711 Gracy de Récart, héritière par sa mère d’Albinoritz, contracte mariage avec Bernard Damestoy, cadet de la famille de notaires royaux bien connue à Bardos, c’est une bonne affaire pour les deux parties. Du beau linge aux baptêmes des petits. La vie suit son cours, Bernard, veuf vieillit bien et vieux, et au terme de sa vie,  teste en 1776. Ses enfants sont énumérés, dotés et mariés, Gracy, l’aînée hérite de la maison. A Anthoine (prénom fétiche des Grammont), il lègue « sa canne, sa culotte de peau, une paire de bottines ». Beau testament, bien rédigé, qui fleure bon le hobereau campagnard. Une seule absence qui nous chagrine, celle de Gracy sa femme. Goujat ! 
   

Pierre de Récart & Catherine de Sarcou, un couple d’héritiers :

 

(Pierre de Récart 1710-1792, aîné de Bernard & Marie d’Asteguy, héritier d’Asteguy et maître adventice de Lambert par son mariage en 1736 avec Catherine de Sarcou héritière de cette maison)

 

Chose rare mais pas impossible, la preuve, ce mariage réunit deux maisons sous une même propriété. Peut être, Catherine est elle devenue héritière par le décès de son aîné(e)? Quoiqu’il en soit, ce couple va donner une nombreuse descendance essaimée en partie dans les environs, particulièrement à Bidache (cf plus bas). Pierre, dernier cadet nous donne une bonne leçon de stratégie matrimoniale très inspirée de l’art militaire, en reprenant la maison Celhay (mariage en 1788 avec Jeanne Berhouet héritière), perdue en 1735 (mariage de Marie de Récart héritière avec Arnaud de Berhouet). La même stratégie sera appliquée pendant la Première Guerre Mondiale du côté de Verdun de manière, il est vrai, assez catastrophique. La guerre des jupons est quand même plus sympathique. Dans cette nombreuse fratrie, une figure toutefois se détache, celle de Marie l’aînée, dotée, semble t’il d’un caractère bien trempé.

     

 Marie de Récart de Lambert, héritière et indépendante :

 

(Marie de Récart 1737-1820, aînée de Pierre & Catherine de Sarcou, héritière d’Asteguy et de Lambert, mariée en 1765 avec Jean Larre et remariée en 1782 avec Antoine Diratcette)

Pour des raisons que l’on ignore, ses parents, surtout sa mère, Catherine le Grand, s’oppose à son mariage avec Jean Larre qui n’a pas l’air pourtant d’un mauvais chrétien puisque le Curé de Bardos lui-même est favorable à cette union. Marie va au clash. Fait, devant notaire, un « acte respectueux », en fait un ultimatum, l’affaire est portée en justice et le Parlement de Bordeaux lui donne raison. Muni de ce jugement, le Curé peut donner la bénédiction nuptiale. Au repas de noces est servie une soupe de circonstance, la « soupe à la grimace », suivie d’une entrée, le « mus de porc », mais ensuite tout le monde danse, sauf Catherine, la mère,  qui se plaint de maux de tête. Las, le petit mari adoré n’est pas très gaillard. Déjà malade lors de la signature du contrat de mariage, il décède treize ans après sans postérité. En 1782, Marie refait sa vie avec Antoine Diratcette, son valet à Lambert où elle réside, séparément de ses parents demeurés à d’Asteguy, selon un partage à l’amiable. Dans le contrat de mariage elle lui apporte en dot 300 francs, équivalant à ses gages courant sur plusieurs années. Mariage surprenant, passible d’un charivari ? Explicable sans doute : son fils unique, Pierre Larre a seulement 5 ans, héritier en puissance mais elle ne peut attendre. Le remariage des veuves héritières n’est pas chose aisée. Son valet de mari n’est cependant pas un inconnu, les Diratcette sont une famille appartenant au cercle des alliances Récart, sa mère est une Halgarachoury,  Maître adventice d’Asteguy et de Lambert après le décès prématuré de Pierre Larre et devenu veuf, il se remarie en 1822 avec Jeanne … de Récart, bien sûr, cadette de Jean  & Marie Detchegray de Chedarry. Bardos est un Las Vegas rural, si l’on est un bon parti s’entend. Dans son contrat de (re)mariage, il stipule qu’il se réserve la somme de 4000 francs, les époux étant associés aux acquêts suivant la nouvelle législation issue du Code Civil.

 

 Les  « batchaletotes »:

 

(Pierre de Récart 1743-1820, cadet de Pierre & Catherine de Sarcou, maître adventice de Batchalette à Bidache par son mariage en 1777 avec Marie Salleberrie héritière de cette maison)

« Alors, les batchaletotes ? » c’est ainsi que l’épicier de Came accueillait les filles de Pédeberdoly, métairie travaillée par leurs parents Luc Récart & Marguerite Audap, appartenant aux Castagnet. Maison située à Bidache, juste à la limite de Came, les deux communes n’étant séparées que par la Bidouze. Bel exemple de transmission orale d’un surnom lié à la maison d’origine, remontant à cinq générations plus haut ! En effet, même si ses parents sont maîtres de deux propriétés, Pierre, cinqième enfant d’une fratrie de dix doit partir ou plutôt descendre à Batchalette, à Bidache quartier Bourdettes. Cette maison sera conservée pendant deux générations seulement, jusqu’en 1830 date à laquelle Marie Récart aînée de Pierre & Marie Dothart, maîtresse et propriétaire, se marie avec Gratien Petrissans. On voit bien que, malgré la suppression du droit d’aînesse à la Révolution, la coutume reste ancrée, les gens continuant à favoriser l’aîné(e) en utilisant toutes les ressources des lois nouvelles avec le concours du notaire. Quand, dans son testament de 1857, Marie Récart lègue ses biens à son conjoint, les Récart disent adieu à Batchalette … mais bonjour aux batchaletotes ! Ses frères et sœurs se dispersent, tous locataires ou métayers, ainsi que leurs descendants. « La Propriété, c’est le Vol ! » proclamait l’anarchiste Proudhon. On ne peut pas dire aujourd’hui que les Récart de Bidache aient volé grand-chose ! Plus près de nous et de notre mémoire personnelle, Luc Récart mari en 1915 avec Marguerite Audap, se fixeront pour plusieurs décennies à Pédeberdoly, citée plus haut, après être passés par (à compléter). Marie, l’aînée, et son mari Pierre Sanglar, continueront le métayage, jusqu’à leur retraite dans les années 1980.

 

 Perdus de vue et anonymes :

Même si vous n’avez pas défrayé la chronique, rassurez vous, nous avons une petite pensée pour vous. Si vous voulez figurer sur le mémorial du Récart inconnu, faites nous signe. Sous couvert d’anonymat évidemment.

 

NOTARI* ( terme emprunté au gascon)

 Unique signature des Récart de Bardos ! (non reptoduite ici).Celle de Jean Galant de Récart (~1605-~1642) de la maison Récart,  fils de Jeannes de Récart & Catherine de Colombots, époux (~1625) de Marie de Lambert.

 

 Un peu d’histoire

 

Depuis l’Antiquité les Hommes ont eu besoin de professionnels de l’écriture pour mettre en forme les actes officiels. Les notarii romains (littéralement « qui notent rapidement ») étaient des scribes employés par un prince ou un personnage important. La colonisation introduisit l’institution en Gaule et les « notaires gaulois » rédigeaient des actes administratifs mais cela disparaît avec les invasions barbares pour réapparaître au 9° siècle en vertu d’un capitulaire de Charlemagne. C’est au 12°-13° siècle que l’institution notariale se met en place dans le royaume de France avec la redécouverte du Droit romain, le développement des villes et des échanges. Saint Louis, peu avant sa dernière croisade en 1270 et Philippe le Bel en 1302 contribuèrent à développer le rôle du notaire. On doit au premier la nomination au Châtelet de 60 notaires, instrumentant au nom du prévôt. On doit au second l’extension de la fonction notariale à l’ensemble des domaines placés sous l’autorité du Souverain.

Au XVIème siècle la France est devenue une nation. En 1539 par l’Ordonnance de Villers Cotterêts, François 1er préfigure ce que sera l’organisation de la profession, les actes devront être rédigés en français, la conservation devra en être assurée, leur existence consignée dans un répertoire. En 1597 Henri IV fait du notaire un détenteur du sceau de l’Etat. Le notaire authentifie pleinement les actes non par l’apposition d’un sceau de cire mais par un seing manuel, ancêtre de la signature, souvent complexe et terminées par une « ruche » pour éviter les contrefaçons.

L’acte notarié est également authentifié par son insertion dans le minutier (registre ou liasse) conservé indéfiniment, avec pour conséquence, une évolution vers la vénalité, la patrimonialité et l’hérédité de l’office notarial, d’abord de fait puis de droit (1597). La distinction originelle entre notaire retenant les minutes (originaux conservés) et tabellions délivrant les grosses (copies expédiéés aux contractants) disparaît fin 16° siècle lorsque Henri IV crée les « notaires royaux ». En fait, il existait sous l’Ancien Régime, plusieurs sortes de notaires selon leur origine : notaires royaux dont on parle ici, notaires seigneuriaux (par exemple les notaires de la principauté de Bidache appartenant à la famille de Gramont) et notaires apostoliques (clercs instrumentant pour les actes relatifs aux matières ecclésiastiques et bénéficiales). La Révolution n’a pas remis en cause l’institution notariale mais a changé leur dénomination en « notaires publics ». Dans la dernière phase du Consulat, Bonaparte donne au notariat, par la loi du 25 Ventôse an XI, un statut dont les fondements n’ont pas été pour l’essentiel modifiés depuis.

 

 Les notaires de Bardos

 

Les premières minutes conservées dans la sous-série IIIE datent de 1632 (notaire Antoine Casenave). Très bien écrites et conservées, munies de répertoires qui facilitent les recherches. Comme ailleurs, on observe une certaine hérédité notariale, les Casenave, Lissabe et surtout Damestoy. Certains sortent du commun comme Etienne Detcheverry déchu de ses fonctions début 19° et surtout Etienne Lissabe, milieu 18°, capitaine de corsaires (cf SSLA Bayonne n° 140 année 1984). Les minutes se présentent sous la forme de liasses d’actes, faciles à dépouiller mais aussi à chaparder ! Des actes manquent. Dommage ! La langue écrite est le français, avec, certes aux 17° et 18° des tournures anciennes mais compréhensibles. Les termes juridiques employés sont encore en usage de nos jours pour l’essentiel. Quant à la forme, orthographe,  ponctuation, liaisons, elle suit l’absence de règles en vigueur à l’époque. Le notaire en rajoute souvent, voulant justifier ses études classiques. Quelques termes de latin et grec « de cuisine », d’ancien français,  assaisonnent les textes  et les rendent plus appétissants. Le parler gascon  s’y mêle (satanés charnegous !), les références à la religion sont nombreuses (Dieu soit loué !), surtout dans les contrats de mariage et les testaments. Très peu de bardoztarr signent, à l’instar des Récart, à l’exception notable de Jean Galant de Récart (première moitié 17°). Mais ils ont le sens des affaires, les subtilités des dettes, créances, dots, ventes et échanges sont parfaitement comprises. Du point de vue seul des recherches généalogiques, on pourrait penser que les actes familiaux sont les plus importants, en fait ils le sont tous. Un dépouillement exhaustif permet souvent de découvrir des individus, reconstituer des lignées lorsque les registres paroissiaux font défaut.

Il existe plusieurs façons de classer les actes suivant leur nature juridique mais dans la perspective généalogique présente et concernant la période de l’Ancien Régime, on pourrait en distinguer deux sortes, inspirées des relations sociales entretenues. Dans cette société rurale assez fermée sur elle-même, les individus ont d’abord des relations privilégiées avec leur famille au sens large de parentèle, et dans le même temps avec la communauté  paroissiale.

 

Les actes concernant la famille :

 

Les familles ont trois soucis majeurs, marier les enfants, transmettre leurs biens et les gérer. Le notaire est toujours là pour rédiger les contrats, et, contrairement à ce que l’on pense aujourd’hui, tout le monde fait appel à lui aux 17° et 18° siècles, même les gens les plus modestes.

 

1) Marier les enfants : le contrat de mariage.

 

Comme tous les actes notariés, il existe un formulaire type dont le rédacteur ne s’éloigne guère avec des évolutions sur le long terme cependant. Soi dit en passant, cela facilite le décryptage des anciens actes, des écritures peu soignées. Un contrat de mariage comporte, sous l’Ancien Régime  qui sera privilégié ici, les parties suivantes reproduites à partir d’un acte type du milieu du 17° et commentées grâce aux nombreux autres contrats répertoriés :

(les actes évoqués le seront de manière succinte, cf annexes pour plus ample connaissance).

Le préambule : pas aussi anodin qu’il n’y parait. L’acte est public, authentique, opposable aux tiers : « que tous sachent.. », sans souci de l’orthographe, parfois même comique « Sappiens tots.. » (rencontré en Béarn). Les témoins « bas nommés » sont étrangers au contrat, appelés par le notaire. « Par paroles de futur » : l’engagement est solennel, le dédit très exceptionnel (cf annulation du CM de Pierre de Récart & Suzanne Dachary  28.3.1712). L’entourage, mis au courant , peut réagir, soit en mettant en garde (Déclaration de Jean d’Albinoritz et Jeanne de Latzague, époux du 25.7.1634), soit approuver l’union (Ratification de Jeannes et Jean de Récart du 2.2.1640).

Les parties en présence :

Essentiellement les parents des futurs, ascendants directs, tuteurs, collatéraux, frères aînés, toujours dans l’ordre de la masculinité et de l’ancienneté. Les femmes sont absentes, exceptée la mère et encore. Les futurs ensuite, mais la future est aussi souvent absente. Ces parents contractent pour ceux ci, « promettant de faire ratifier les présentes »  aux absent(e)s,  preuve que l’union dont il s’agit est avant tout celle de deux familles. Union d’autant plus solide que les mariages sont croisés (14.5.1686 de Récart & de Janots). Viennent ensuite les assistants, membres de la famille, directement intéressés par le contenu du contrat (cf dot) : oncles, frères, beaux frères.. La famille est là, on comprend alors mieux pourquoi ces actes sont bénis des généalogistes !

La promesse de mariage :

Outre les promesses solennelles ci-dessus, les actes comportent, sous l’Ancien Régime, des obligations religieuses, « promettent faire solenniser ». En Béarn, au 17°, l’appartenance à la Religion Prétendument Réformée (protestantisme) est souvent mentionnée. En principe, le CM précède la bénédiction nuptiale, qui a valeur d’acte d’Etat Civil. Mais, parfois, il peut être conclu après, pour régulariser les transactions et promesses matérielles. Le mariage est alors dit « consommé » (cf Jeannes de Récart & Jeanne de Bidart 28.8.1697).

La dot :

On entre là dans l’objet même du CM. La dot en Béarn et au Pays Basque offre des caractéristiques originales. Les hommes sont dotés, particulièrement les cadets épousant une héritière, laquelle apporte sa maison et biens (cf CM Pierre de Sorhouette & Jeanne de Récart héritière de Latzague par sa mère 9.2.1637). De même un cadet épousant une cadette. (cf CM Detcheverry & Jeanne de Récart 23.2.1715). Les constituteurs de dot sont, en principe les parents, les grands parents par testament souvent, à défaut les oncles ou bien le frère ou la sœur aîné(e) sur lesquels pèse cette lourde charge. La composition de la dot est quasi invariable et son montant proportionnel à la condition sociale des familles. Voici trois exemples, situés à la même époque, vers 1735 1740, dans trois couples de bas en haut de l’échelle sociale :

11.1.1756 : Joannes Dartigos, fils de métayer est doté de 210 livres, sa future, Marie de Récart cadette d’Asteguy, 245 livres.

18.12.1735 : Arnaud de Berhouet, cadet de Mendiboure apporte 150 livres (somme anormalement faible il est vrai) à Marie de Récart héritière de Celhay.

31.5.1740 : noble Henri de Dantin apporte les biens de ses parents estimés à 14000 livres à Demoiselle Elisabeth de Salha dotée pour sa part de 23000 livres.

La dot comprend aussi, dans cette société rurale de très petite propriété, des éléments matériels indispensable à la vie domestique et au travail agricole. Les futurs sont d’abord vêtus « honnêtement », la future apporte le trousseau, l’ameublement. Les futurs se vient dotés de bétail, d’animaux d’élevage, de plants de pommiers (pour le  cidre ) etc.. (cf actes). Au risque de heurter les susceptibilités basquisantes, cette « liste de mariage » est exprimée en gascon ou ancien français au charme désuet : « une vache plaine ou avecq son fruict une bime .. dix huit jeunes brebis ou anesques une truye plaine ou avecq ses petits une marsolle ou jeune truye cent pommiers pour plants une arche platte de tenence de vingt a vingt quatre conques fermee a clefs .. » etc.

Une fois promis, il faut payer. Là on touche du doigt le manque d’argent liquide, des paysans bien sûr mais également des nobles. Seuls les bourgeois, marchands ou noblesse de robe (magistrats ..) semblent en disposer. En général la dot est payée à moitié en nature (en « emploite », achats utiles) et à tempérament. Seule une fraction est livrée le jour ou la veille des noces. Le calendrier des paiements est calqué sur les fêtes religieuses, Noël surtout, pour des raisons économiques aussi (vente des récoltes). La dot peut avoir une destination précise si nécessaire. (cf 12.8.1784 la dot de 600 livres de Marie Récart cadette d’Asteguy, sera consacrée à la réparation de la maison de St Paubehere de son époux Pierre Dufau de Bidart). Une grande partie des dots ne sont en fait que des droits, à valoir sur la succession des biens familiaux (avitins et papoaux, termes gascons également). Cf l’exemple ci-dessus de noble Henri de Dantin lui-même ! Les parents se réservent, en principe, l’administration et la jouissance (usufruit) des biens familiaux, ou de certains d’entre eux. Souvent, la cohabitation (« vivre à même pot et feu ») et obligations réciproques sont prévues, ainsi que les cas de mésentente ou graves difficultés (dissolution de la « société »). Cf 11.3.1736 : Arnaud de Berhouet, vient d’épouser Marie de Récart héritière de Celhay. Une foule de créanciers s’est manifestée aussitôt, effrayé, il songe à quitter la compagnie de ses beaux parents. Un comppromis est trouvé devant notaire, la société prévue au CM est dissoute, les biens des Récart sont séparés, Pierre de Récart, beau père, trop âgé pour travailler, se démet de l’administration de la maison et la confie aux maîtres jeunes en « colonage et faisandure ».

La dot, en argent et en nature, fait l’objet de sérieuses garanties. Elle est inaliénable (ne peut être vendue, cédée) et imprescriptible. Elle est livrée, non pas au futur conjoint mais à sa famille et peut être restituée . C’est là qu’intervient la clause de tournedot.

Le tournedot :

C’est une clause qui oblige le conjoint veuf ou sans postérité à restituer la dot perçue lors de son mariage ( quittance de dot) à sa belle famille, aux constituteurs.  (Cf 17.6.1655 reversion de la dot de feue Marie de Récart épouse Pierre de Crutchette). Pour la sûreté de ce retour, la dot est donc « colloquée » c'est-à-dire gagée sur ses biens (maisons, terres). Les quittances de dot, appelées (à tort ?) tournedot par les notaires béarnais, sont également des actes très intéressants, surtout si le CM est déficitaire. (cf 28.4.1647 reconstitution de la filiation de la maison de Récart. L’ancêtre défunt, Auger de Récart, est cité comme ayant lui aussi constitué la dot, peut être par testament ).

 

Le risque de poursuites judiciaires :

Conséquence logique d’un acte aussi sérieux, les parties en présence acceptent les éventuelles « rigueurs de justice » en cas de non observation des différentes clauses . Le tout en présence des témoins et du notaire. Signe qui peut !

 

2) Transmettre les biens : le testament. les donations.

 

Le Testament : complément indispensable au CM, il est très usité également aux 17°-18° siècles (premier Tt répertorié :1672). Il s’agit, avant de partir, de mettre de l’ordre dans ses affaires spirituelles et temporelles. La plupart des testaments sont de type authentique, c'est-à-dire rédigé par un notaire devant deux témoins appelés, non parents du testateur. Parfois, dans l’urgence, les dernières volontés sont transmises à des connaissances sûres, à un jurat ou un prêtre, qui les rapportent au notaire. (cf Tt posthume de Jean de Récart époux Lahargou le 8.10.1672. Tt de Jeanne de Paguessorhaye, cadette de Récart devant le curé de Bardos le 18.3.1738). Il obéit lui aussi à un formulaire qui permet d’en distinguer les différents éléments.

- Le Préambule indique précisément, la maison, parfois même la pièce, où se trouve le testateur et dans quel état, « en santé » ou « malade de son corps ». Sa pleine capacité d’entendement est soulignée, assortie d’une brève de comptoir sur la certitude de la mort. Il est important pour un individu non marié, a fortiori héritier et propriétaire de ne pas décéder intestat (sans testament).

- Les dispositions religieuses et funéraires : incontournables ! Hommes et femmes recommandent leur âme, demandent pardon pour leurs péchés, indiquent où leur corps doit être inhumé (on retrouve cette distinction de l’âme et du corps dans la rédaction des actes de sépulture des registres paroissiaux (BMS). La possession d’un emplacement au cimetière fait partie des biens familiaux, il peut paraître étonnant qu’ils puissent être vendus et c’est portant ce qui a été fait par Jeannes de Récart par deux fois 8.8.1655 et 24.4.1655. Bizarre ! Pour « recevoir sa dite âme au Roieaume celeste de son saint paradis au nombre de ses elus, rien de tel que des dons aux fabriques (organe de gestion des affaires paroissiales), des messes à son intention etc .. Le record en la matière est certainement détenu par Pierre de Récart sieur d’Asteguy, en parfaite santé au demeurant, qui lègue 50 livres pour dire des messes et 5 sols seulement à ses nombreux enfants, tous déjà dotés il est vrai ! (Cf 11.2.1787) Ces dons sont évidemment à prendre sur la succession.

- Les dispositions familiales :

souvent, le testateur rappelle son ou ses mariages, énumère ses enfants vivants, au sein duquel il faut distinguer l’aîné(e), héritier universel et les cadets dont on fixe la légitime (droits successoraux) payables uniquement s’ils « trouvent parti de mariage » et quittent la maison. Tous les testateurs ne rappellent pas leurs époux et mariage(s) : Jeannes de Récart (« double Récart ») ne dit mot de Marie de Larre. Il est vrai que, viré de Latzague, il n’y a plus aucun intérêt. (cf 15.7.1696)

Les cadets et ascendants collatéraux testent aussi, moins souvent toutefois. Malgré leur peu de biens ils tiennent à les transmettre, à leurs frères et sœurs ou à leurs neveux. (cf 6.12.1748 Pierre de Sarcou, thuilier). Les couples maîtres de maison, sans postérité, prennent soin de la  transmettre. (cf 7.6.1744 Joannes de Récart & Gracy de Larre lèguent Salenave à Joannes de Rospide et Jeanne de Janots).

- L’état et le montant de la succession :

Le testateur énumère les créances à recouvrer, ainsi que les dettes, parfois anciennes, passant d’une génération à l’autre. Envers la famille, les voisins, les notables du lieu, les domestiques et servantes à qui l’on doit des gages.

- L’institution de l’héritier universel :

Désigné par le testateur, il hérite, non pas de tous les biens mais de l’ensemble auquel sont soustraits les legs (legats en gascon) particuliers. Le régime du droit d’aînesse intégral s’applique bien évidemment. En fait, le testateur n’a pas le choix, la coutume lui dicte les dispositions à prendre. (cf 12.9.1722 Marie de Récart maîtresse ancienne de Récart, bien qu’ayant dû quitter la mauvaise compagnie de Joannes de Paguessorhaye son fils aîné, maître jeune de la maison, le confirme comme son héritier universel qui devient l’exécuteur testamentaire. Toutes les successions ne sont pas des cadeaux ! Il arrive, rarement certes,  qu’elle soit répudiée. (cf 5.11.1674 Anthoine de Janots). A lui la charge d’assumer le passif, de doter ses cadets lorsqu’ils se marieront, cela peut dépasser les capacités d’une petite exploitation familiale (environ 25 ha de terres labourables et incultes pour les plus importantes comme Récart ou Salenave, soumises à imposition par le duché de Grammont. Source ; terrier de Bardos 1659). Récart sera vendue, milieu 18° sans doute par les Paguessorhaye. (cf revente de cette maison par le chanoine de Bidache à un négociant de Ciboure). Plus tard, au 19° siècle, le droit d’aînesse ayant été abrogé par les lois révolutionnaires et le Code Civil, les enfants non intéressés par la maison familiale pratiqueront la vente de leurs droits successoraux conte une somme forfaitaire en faveur de « l’héritier » restant. Enfin, en l’absence d’héritiers directs, le bien familial pourra faire l’objet d’un partage après inventaire.(cf 29.9.1831 Inventaire de la amison d’Asteguy par Jeanne Récart veuve Diratcette). Cette pratique, dénoncée par les traditionalistes, comme conséquence des lois scélérates prônant l’égalité entre les enfants, existait déjà sous l’Ancien Régime. Un petit aperçu de ces plumes antirévolutionnaires, non dénuées de vérités, évidemment, mais trempées dans une solution d’eau bénite vitriolée en sacristie et réservée à cet usage : (l’auteur parle de la loi du 17 ventôse an II édictée par la Convention) « c’est qu’en insinuant dans des âmes, jusque là respectueuses de l’autorité et de la tradition ancestrales, les notions capiteuses de droit et d’égalité, elle y a déchaîné les fièvres mauvaises. Le cadet apprend qu’il est l’égal de l’héritier : aux yeux de la loi, le père, en désignant le jeune maître, n’a produit qu’une formule morte : et pourquoi pas moi ? se dira t’il. Il songera au jour où il voudra exiger sa part .. Quelle tentation§ Quelle incitation continuelle à la division !... Donc qu’on divise le vieux patrimoine en autant de morceaux qu’il y a d’enfants, et chacun, emportant sa pièce, ira la dévorer de son côté par le grand monde » etc.. (Autour du foyer basque. Pierre Lhande, prêtre, auteur par ailleurs d’un remarquable dictionnaire, merci mon père !).

Sans doute, les lois nouvelles (Révolution  et Code Civil) introduisent elles plus de liberté donc plus d’incertitude. Un exemple frappant des tensions familiales au moment de transmettre est donné par les 3 testaments de Marie de Récart, dernière héritière d’Asteguy et de Lambert dont la vie peu commune a déjà été évoquée. Dans son premier (20.1.1818) elle lègue l’usufruit à son mari, Antoine Diratcette et institue héritière universelle Gracy Bidart, sa belle fille, veuve de son unique fils, Pierre de Larre, issu de son premier mariage. Logique. Dans son deuxième (5.6.1819) se héritiers deviennent ses proches, tous des Récart, « par égales portions selon la loi ». D’un point de vue généalogique, cet acte offre une bonne vision du groupe familial. Dans le troisième (24.2.1820), exit les Récart ! Verts de rage, ils apprennent l’institution comme héritier universel d’Antoine Diratcette, ancien valet et 2° époux. Fin des turbulences. Marie de Récart décède le 22 avril suivant, à 82 ans. Nombreuse assistance ?

Comme vu plus haut, l’héritier universel peut être (uniquement en l’absence d’enfants légitimes), un frère, une sœur, un neveu ou nièce un maître (mais oui !) héritant d’un domestique en échange de son entretien et logement jusqu’à la fin de sa vie.

 

Les donations entre vifs :

Plus rares mais intéressantes, elles s’apparentent dans leurs effets à des testaments. (cf 17.5.1716 donation de Martin de Récart célibataire en faveur de sa nièce Jeanne de Paguessorhaye à prendre sur ses droits sur la maison de Récart. Cf 3.6.1726 donation de Bernard de Pagadoy pasteur de brebis à Albinoritz en faveur de ses maîtres, Pierre de Récart et Bernard Damestoy beau père et gendre. Remarque : le 16 juin suivant, cette donation est révoquée, mais l’acte est déficitaire. Dommage ! on aurait bien aimé savoir pourquoi.). Les donations entre époux sans postérité se pratiquent également, surtout après les bouleversements juridiques évoqués ci-dessus. (cf 26.9.1799 Donation réciproque entre Joannes de Semicourbe et Catherine de Récart d’Urruty).

 

3)Gérer les biens.

 

Les biens familiaux sont principalement de deux sortes :

- les biens ancestraux appelés selon une terminologie gasconne « avitins et papoagers », termes pratiquement synonymes. Ils sont destinés à être transmis, et sauf accord entre leurs propriétaires (on pourrait dire dépositaires ), et les héritiers potentiels, ils ne peuvent être aliénés, vendus. La dot, lorsqu’elle n’a pas été restituée (cf plus haut) en fait partie.

- les biens acquis, personnellement ou par un couple, peuvent être aliénés.

Lorsqu’un changement de situation l’exige, comme un veuvage par exemple, il faut procéder à un inventaire des biens, avant signature de tout nouvel acte. Cf 24.11.1738 inventaire des biens de  feue Marie de Récart épouse Pierre Lacoste de Lissonde,, décédée sans testament, laissant un enfant mineur, à la demande de son mari qui se remariera peu après. Cf 22.6.1782 inventaire demandé par Marie de Récart, héritière d’Asteguy et de Lambert, veuve de Jean de Larre, avant son remariage avec Antoine Diratcette.

Les transactions se font souvent au sein de la parentèle. Prêts d’argent, vente, échange ou engagement de pièces de terre. Famille, belle famille, oncles, neveux et cousins sont ainsi plus soudés que jamais même si cela ne se fait pas sans conflits ! cf 23.12.1660 Jeannes de Récart engage une pièce de terre en faveur de Bernard de Lahargou son beau frère. Cf 5.3.1674 Jeannes de Récart sieur jeune de Salenave reconnaît devoir une somme d’argent à son frère Bernard, somme employée à la réparation de la dite maison. Cf 31.3.1681 Liquidation de dettes réciproques entre Anthoine de Janotz d’Albinoritz et Jean et Jeannes de Récart de Salanave, père et fils. Cf 20 10.1705 contrat de vente entre Jeannes d’Urrury et Pierre de Récart sieur de Celhay, beaux frères. Etc ..

 

Les actes concernant la communauté.

 

Ils reflètent bien les modes de vie de cette société rurale. Comme dit plus haut, le notaire est toujours là pour faciliter la mutation des biens, la garantie des prêts, les accords. (Remarque : contrairement à ce qui a pu être écrit, le notaire n’exerce pas de fonctions bancaires. S’il voit « passer de l’argent », il ne fait que sécuriser par ses actes authentiques et publics les mouvements de fonds entre particuliers)

Les transactions portent surtout sur les biens fonciers : achat, vente, engagement, échange, de « pièces de terre » ainsi nommées, sans précision de surface. Cf 20.9.1642 Pierre de Sorhouet, sieur jeune de Latzague, faisnt pour Jean de Larre et Jeannes de Récart son beau père, vend une pièce de terre à Petry Duhart dit Detchart. Cf 21.1.1645 Echange de terre entre Jeannes de Récart et Jean Deslous de Guiche. Etc .. Parfois seulement sur des biens immobiliers, la « maison » n’est pas destinée à être vendue, et pourtant, cela arrivait, tant les charges pesant sur les héritiers étaient lourdes. Il suffisait de quelques mauvaises saisons  agricoles (cf maison de Récart).

Les métairies sont données en fermage (en colonage) par leurs propriétaires, nobles, négociants, militaires de carrière (Monsieur de Larre Sergent..)Le bétail peut faire l’objet d’un bail à cheptel. Cf 9.11.1657 entre Jean de Récart de Salenave et la Dame de Grammont. Les paysans propriétaires contractent eux aussi avec des ouvriers agricoles (terme contemporain), pasteurs, vignerons .. Cf 28.10.1651 Jean de Récart maître jeune de Récart et Marie de Lambert sa mère, baillent à fazandure (travail à façon) à Jean de Latzague vigneron, le travail de leur vigne, en le logeant dans une chambre des dépendances de Récart y compris les moyens de subsistance (jardin, poules ..).

Ces classes dominantes, disposant de liquidités qui semblent faire cruellement défaut aux paysans y compris les propriétaires remplissent les fonctions de prêteur. Cf 6.1.1654 Jeanne de Récart épouse d’Arnault de Sabalette doit une somme d’argent à Madame de Lassalle. Cf 13.12.1709 Jeannes de Récart de Celhay reconnaît devoir une somme d’argent au sieur Pierre Detcheverry premier lieutenant des Cent Suisses de Monsieur le Duc d’Orléans habitant à Paris.

 Le recours à l’action en justice est fréquent, mais le notaire est encore là lorsque les parties veulent en terminer par un accord, transaction ou compromis, moins ruineux que les tribunaux. Cf 18.1.1681 compromis entre Arnault sieur d’Urruty et Jeannes de Récart de Salleave . Cf 5.11.1702 Accord entre Petry de Janots sieur d’Etchessarry et Jeannes de Récart sieur de Celhay, sur un engagement de terre contracté par leurs parents respectifs une trentaine d’années auparavant ! Etc..

D’autre part, en Labourd comme en Béarn, la démocratie locale n’est pas absente, dans la limite des fors et coutumes évidemment. Les habitants peuvent s’opposer aux pouvoirs locaux. Cf 8.4.1680 Dénonciation des sieurs d’Albinoritz, de Récart et consorts contre les Jurats de Bardos. Comme peut protester un individu pensant être victime d’une injustice. Cf 9.2.1703 Protestation de Bernard de Récart dépossédé de sa fonction de garde (déjà vu).

Ainsi le notaire est le témoin privilégié de son temps et l’allié précieux des petits curieux, avec le délai légal de discrétion de 100 ans évidemment ! Au dix neuvième siècle, les visites chez le notaire se font plus rares. Des enquêtes ont montré dans les Pyrénées Atlantiques, une diminution du nombre d’études, donc un certain regroupement. Pourtant, en certains endroits (le Barétous, Oloron ou autres, le CM redevient très fréquent vers le milieu du 19° évoqué plus haut.

Quoiqu’il en soit, encore une fois, cher Maître, grand merci !

 

 Epilogue

 

Il était inutile et déplacé d’entretenir un suspens  insoutenable  s’agissant de la mémoire de nos vénérables ancêtres. Vous savez depuis le début qu’ils ont disparu de Bardos mais peut être que des rejetons survivent ça et là. Mais où ?

A quoi peut bien ressembler un Récart au 21° siècle ?

WANTED ! A ramener, mort ou vif ! La récompense sera de toute façon purement sentimentale. Inversement, avis aux petits malins, descendant d’un « perdu de vue », échappé dès le 17° par la fenêtre de la chambre de derrière donnant sur la cour du bétail ! Qu’ils ne se fassent point d’illusion. Il n’y a rien à gratter. Tout a été vendu, revendu. Les vaches ne sont plus de la première jeunesse.

Si le cœur vous en dit, après avoir terminé votre Sudoku, le tableau ci-joint récapitule quelques pistes. Prenez votre manteau à carreaux, votre casquette, votre loupe et bonne chance !

De toutes façons, cela vous fera une sortie.

 

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